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Revue de presse française

À la Une: une grève qui n'en finit plus...

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Des manifestations continuent à Paris, le 28 décembre 2019, contre la réforme de retraites.
Des manifestations continuent à Paris, le 28 décembre 2019, contre la réforme de retraites. REUTERS/Benoit Tessier

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« Il est à craindre que janvier 2020 ressemble furieusement à décembre 2019, soupire Sud-Ouest, vivant au rythme du plus long conflit social que la France ait connu depuis cinquante ans. La crise s’est exacerbée chaque jour davantage au point aujourd’hui d’avoir changé de nature. D’une réforme autour des retraites afin de conserver notre système par répartition, nous sommes arrivés à un affrontement qui s’avère déterminant entre le gouvernement et la CGT ».

Pour La Voix du Nord, les dés étaient pipés dès le départ : « discuter deux ans avec les syndicats de salariés de la réforme des retraites pour déboucher sur une grève reconductible, bête et méchante, c’est assez dire que le choix de la méthode n’était pas le bon. Erreur d’approche du gouvernement et conservatisme de la plupart des confédérations nous ont mis dans la panade, déplore le quotidien nordiste. La méprise de l’exécutif est d’avoir cru que l’avenir des retraites devait se concevoir, dans la plus grande discrétion, entre représentants des salariés, des entrepreneurs, et lui, alors que le sujet est l’un des plus politiques qui soient. Pour le coup, c’est d’un vrai grand débat dont on aurait eu besoin. Ce sont les Français qui auraient dû se prononcer sur ce qui sera leur lot dans la dernière partie de leur vie ».

Pourrissement

Résultat, la partie de bras de fer se poursuit entre le gouvernement et la CGT… Et « faute de trêve pour les fêtes, le mouvement social lancé le 5 décembre s’étire dans une actualité somnolente », relève La Charente Libre. « Quelques manifestations de témoignages, samedi, ont entretenu une flamme en mode veille du côté de la SNCF, où on comptait moins de 10 % de grévistes. (…) La CGT accuse le gouvernement de laisser pourrir une situation qu’elle entretient elle-même en rejetant en bloc la réforme annoncée tout en renvoyant la prochaine journée d’action au jeudi 9 janvier. Chacun prend ses marques pour un mois de janvier qui devrait inscrire le mouvement dans l’histoire syndicale ».

« Ce n’est plus la trêve des confiseurs, ce sont de grandes vacances ! ,renchérit La Nouvelle République. Un silence gouvernemental assourdissant, alors que, jour après jour, la longévité de la grève à la SNCF bat des records. (…) Pas forcément un gage de réussite pour les grévistes, eu égard à des situations et des thématiques différentes. Mais l’enlisement est d’autant plus inquiétant que l’exécutif ne semble pas prêt à revenir autour de la table avant le 7 janvier ».

Ceux qui ne font pas grève…

Le Parisien, pour sa part, s’intéresse à « ces agents (de la SNCF ou de la RATP) qui ne font pas grève ». Le Parisien, qui note qu’ « ils sont de plus en plus nombreux à reprendre le travail. Pourquoi ne font-ils pas ou plus la grève ? Comment résistent-ils à la pression de leurs collègues grévistes ? ».

Le journal a recueilli plusieurs témoignages, dont celui d’Eric, conducteur de train en région parisienne : « "Avant la grève, ça se passait bien, mais depuis que j’ai arrêté le mouvement, c’est plus compliqué", affirme-t-il. Pas de menaces, ni d’agressions physiques pour ce père de famille, mais "on me traite de jaune". Il n’écoute pas. "Je viens, je bosse et je rentre. Des collègues ne m’adressent plus trop la parole". Pourtant, relève Le Parisien, il a fait grève dès le 5 décembre et pendant sept jours. "Plus par solidarité pour les salariés du privé qui ont moins les moyens que nous de se faire entendre, confie Eric. J’ai été routier, c’était encore plus dur que cheminot". Au huitième jour de grève, il a repris le travail. "Je gagne environ 2 000 € net par mois, avec les primes. Et j’ai un loyer de 700 € à payer, seul. Je ne peux pas me permettre de faire grève durant tout un mois" ».

Matzneff : forcément coupable

À la Une de Libération : « le cas Matzneff ». Libération qui revient sur la polémique déclenchée par le livre de Vanessa Springora, Le Consentement, ouvrage dans lequel cette éditrice de 47 ans raconte comment et pourquoi, à l’âge de 14 ans, dans les années 80, elle a été l’amante de l’écrivain Gabriel Matzneff, de 36 ans son aîné, alors en vogue. Le Consentement sortira en librairie jeudi, mais déjà, donc, la polémique fait rage pointe Libération, « sur la tolérance du milieu littéraire envers un pédophile assumé ».

« Au cœur du scandale, relève le journal, une vidéo qui montre un écrivain au crâne chauve et à l’élocution précieuse raconter avec contentement ses relations sexuelles avec de très jeunes ados, filles ou garçons, sur le plateau d’Apostrophes, en 1990, devant un Bernard Pivot hilare. Nul ne s’en insurge alors, à l’exception de la Québécoise Denise Bombardier, qui racontera plus tard avoir été ostracisée en France pour s’être indignée de ces propos. On en serait resté là, Gabriel Matzneff étant depuis tombé dans l’oubli, inconnu de la jeune génération, si l’une de ses proies, Vanessa Springora, donc, n’avait éprouvé le besoin de prendre la plume (…) ».

Ainsi, poursuit Libération, « les plus jeunes découvrent, stupéfaits et indignés, qu’il n’est pas si loin le temps où un pédophile pouvait avoir table ouverte en connaissance de cause dans une émission littéraire à succès, les plus anciens regardent leurs souliers en essayant de faire comprendre - en vain - qu’en ce temps-là on se croyait tout permis au nom de la liberté ».

Alors, « coupable, Matzneff ? À coup sûr, répond Libération. Dans ses livres, sur les plateaux, il se vante de relations sexuelles avec des jeunes de moins de 15 ans, chose légalement prohibée pour un adulte. On dit, pour justifier la complice réaction d’une bonne partie du milieu littéraire : "c’était une autre époque", réflexion qui explique peu et n’excuse rien. À cette époque, justement, la loi proscrivait explicitement ces relations et donc Matzneff, quelles que soient la qualité de son style ou l’étendue de sa culture, était un délinquant ».

Bourses : plus dure sera la chute ?

Enfin, « la bourse de Paris termine l’année à son plus haut niveau depuis 12 ans » : c’est l’un des grands titres du Figaro.

En effet, précise le journal, « le CAC 40, indice parisien des 40 premières entreprises cotées, a gagné 27,6 % au cours des douze derniers mois ».

Pourquoi une telle envolée ? « Le conflit commercial (entre les États-Unis et la Chine) n’a pas dégénéré et la croissance a été moins mauvaise qu’annoncé. Mais surtout, la Fed américaine, pressée par Donald Trump, a décidé de stopper la remontée du loyer de l’argent, et la BCE a choisi de poursuivre sa politique de liquidités abondantes et de taux négatifs ».

Alors attention, prévient Le Figaro : « non seulement cette politique monétaire peine à soutenir la croissance, mais elle finit aussi par dérégler la mécanique économique. Ainsi, les taux négatifs incitent les États emprunteurs à la dépense, gonflent les bulles immobilières, appauvrissent les épargnants qui n’ont pas acheté d’actions, propulsent les Bourses au sommet de façon bien artificielle et fragilisent même les banques et les assureurs auxquels des millions de clients ont déposé des centaines de milliards d’euros sur des contrats d’assurance-vie !

En cette fin d’année, osons faire un vœu, conclut Le Figaro : que nos grands argentiers changent de stratégie monétaire, quitte à décevoir les boursicoteurs ! ».

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