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Bonjour l'Europe

En Allemagne, la tradition des pétards décriée

Audio 03:22
Des feux d’artifice pour accueillir la nouvelle année au-dessus de la porte Brandebourg à Berlin, Allemagne.
Des feux d’artifice pour accueillir la nouvelle année au-dessus de la porte Brandebourg à Berlin, Allemagne. Getty Images

Pétards et feux d'artifice figurent en bonne place lors des réveillons de la Saint Sylvestre des Allemands qui dépensent des millions pour les acheter. Depuis les balcons, sur les trottoirs ou ailleurs : dans les centres des grandes villes, chacun participe à cette longue tradition. Mais elle suscite de plus en plus de critiques, cette année particulièrement.

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Il y a des siècles déjà, les peuplades germaniques faisaient avec les moyens du bord le plus de bruit possible le 31 décembre. Pas pour faire la fête, mais pour faire fuir les mauvais esprits dont ils avaient peur. Cette « german angst » ou « peur allemande » a la vie dure et s’exprime aujourd’hui avec des moyens techniques plus évolués.

133 millions d’euros ont été dépensés l’an dernier pour des pétards et autres feux d’artifice. Les grandes chaînes de supermarché font de la pub pour leurs articles à quelques jours plus tôt du jour J. Les tirs commencent souvent bien avant le 31 au soir et plus minuit approche, plus cela augmente. Depuis les balcons, les fusées s’envolent, plantées entre les géraniums. Sur les trottoirs, elles sont placées dans des bouteilles vides. Un épais brouillard s'installe ainsi en ville, tellement l’air est épais. Le lendemain, les trottoirs des grands axes ressemblent à des champs de bataille.

Des critiques de plus en plus nombreuses

Les critiques visent premièrement la pollution provoquée par les particules fines. En cette année où les manifestations de « Fridays for future » ont attiré tant de jeunes, où le climat est, d’après un sondage tout frais, la préoccupation numéro un des Allemands, cette pollution de l’air est de plus en plus critiquée. Les organisations de défense de l’environnement estime que le taux de particules fines dans les grandes villes allemandes peut atteindre le 31 décembre 1000 microgrammes par mètre cube contre 18 en moyenne. Cela représenterait la même quantité que la circulation automobile dans tout le pays durant deux mois.

L’autre argument engagé est la sécurité et les accidents réguliers. Des fusées vendues ne sont pas homologuées et leur explosion se termine par des drames : doigts arrachés, yeux crevés et autres. À Berlin, la Saint-Sylvestre se transforme dans certaines zones en combat de rue. Des jeunes utilisent des pétards et autres fusées pour agresser des passants ou des véhicules, mais pas seulement. L’an dernier, 49 pompiers et 40 policiers ont été attaqués de cette façon à Berlin.

Autre critique, celle des défenseur des animaux qui dénoncent ce remake de la prise de Berlin au printemps 1945 pour les animaux traumatisés par les explosions, qu’il s’agisse des toutous domestiques ou des koalas du zoo.

Une tradition controversée

Il n’y a pas de disposition juridique au niveau national mais une trentaine de communes ont procédé à des interdictions totales ou partielles sur leur territoire pour ce soir. C’était traditionnellement le cas autour des hôpitaux, des foyers de personnes âgées ou des églises. Des zones critiques où des excès ont eu lieu dans le passé sont désormais concernées. À Berlin, l’accès peut y être contrôlé ainsi que les sacs que transportent les passants. Mais les forces de l’ordre ont-elles assez de personnel pour être efficaces ?

Les chiffres de vente ne semblent pas en tout cas reculer mais si certaines chaînes de supermarché ont décidé de réduire les ventes d’articles pyrotechniques ou de les supprimer complètement.

Les Allemands sont désormais une minorité à se laisser tenter. 36 % contre 57 % qui plaident pour une interdiction. À Berlin, où la ville s’embrase littéralement chaque année, neuf habitants sur dix sont favorables à des interdictions totales ou partielles. L'avenir proche nous dira si la minorité qui reste fidèle à cette tradition sera à la hauteur de sa réputation.

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