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Revue de presse Afrique

À la Une: l’alternance en Guinée-Bissau

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Umaro Sissoco Embalo.
Umaro Sissoco Embalo. AFP

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Le candidat de l’opposition en Guinée-Bissau, l’ancien Premier ministre Umaro Sissoco Embalo, a été proclamé hier vainqueur de l’élection présidentielle dans ce petit pays d’Afrique de l’ouest à l’histoire tumultueuse, une victoire contestée par son adversaire du parti majoritaire, le PAIGC, Domingos Simoes Pereira, qui dénonce des fraudes.

Le candidat du MADEM G15 a remporté le second tour avec 53,55 % des suffrages exprimés, contre 46,45 % pour son adversaire.

Et « il revient de loin, pointe Jeune Afrique. En effet, au premier tour, Umaro Sissoco Embalo n’avait recueilli que 27,65 % des suffrages. » Mais « la posture de rassembleur qu’il a adopté dans l’entre-deux tours a payé : Umaro Sissoco Embalo a bénéficié des reports de voix de la plupart des formations politiques ayant un candidat dans ce scrutin. » Avec un soutien de poids : « celui de de Nuno Gomes Nabiam, véritable troisième homme du premier tour (13 %). José Mário Vaz, le président sortant, arrivé en quatrième position (12,41 %), lui a également apporté son soutien officiel, au lendemain du premier tour. Dans son dernier discours à la nation en tant que président, mardi soir, celui qui est le premier chef de l’État depuis l’instauration du pluripartisme en Guinée-Bissau à terminer son mandat sans être destitué ou assassiné, avait appelé au "calme en attendant les résultats définitifs". »

Vers une cohabitation ?

« Le moins que l’on puisse dire, commente Le Pays au Burkina, c’est que le peuple bissau-guinéen, en élisant le candidat du MADEM G15, a opté pour la rupture puisqu’il met ainsi fin au long règne du PAIGC dont l’histoire pendant des décennies, se confondait à celle du pays. Pouvait-il en être autrement, pointe le quotidien burkinabé, quand on sait que le PAIGC, durant les deux années écoulées, a étalé toutes ses divergences et ses lacunes au grand jour au point d’affecter le fonctionnement des institutions dans un pays où tout est prétexte à coup d’État. [...] Cela dit, poursuit Le Pays, le nouveau président Emballo du pain sur la planche. Il sait mieux quiconque que la tâche qui l’attend est immense d’autant qu’il n’aura d’autre choix que de composer avec le parti de son rival qui domine actuellement l’Assemblée nationale. Du reste, c’est du PAIGC que devra être issu le Premier ministre, selon la Constitution. C’est dire donc que la Guinée-Bissau n’est pas à l’abri d’une nouvelle crise institutionnelle avec toutes les conséquences qui vont avec. »

Vaste chantier !

En tout cas, relève Aujourd’hui, toujours au Burkina, la démocratie a parlé : « en disqualifiant les autres candidats, et en remettant leur destin entre les mains du principal opposant, les Bissau-Guinéens ont fait un virage à 180°. Exit tous ceux qui ont trop traficoté avec les régimes qui ont dirigé le pays, voici venus les jours d’un ex-PM, mais dont le pédigrée politique n’est pas surchargé. C’est la leçon politique administrée par les électeurs par ce vote. Avec ce geste, plusieurs attentes, pointe encore Aujourd’hui : remettre sur pied un pays en quasi-faillite, remettre les gens au travail, rassurer les bailleurs de fonds et ramener la sérénité politique, bref redorer l’image d’un pays qualifié de narco-Etat. Vastes chantiers pour ce "soixandisard", il est né le 23 septembre 1972, rompu aux questions internationales, qui devra embrayer rapidement, oublier son statut d’opposant, et se mouler dans le boubou du président. »

Dans le droit chemin ?

Alors, désormais, s’interroge WakatSéra, « le petit pays lusophone de l’Afrique de l’ouest, qui a longtemps été abonné aux prises de pouvoir par la violence, va-t-il devenir un bon élève [...] ? Les Bissau-Guinéens en ont sans doute marre de l’instabilité chronique qui collait comme un sceau indélébile à leur pays, qui, malheureusement est également une véritable plaque tournante du trafic de drogue. Une nouvelle page de l’histoire politique bissau-guinéenne s’ouvre sans aucun doute, conclut WakatSéra, avec la victoire d’un jeune parti âgé seulement de un an et demi, sur le PAIGC, parti historique vieux de 64 ans. En tout cas, Emballo a emballé ses compatriotes ! »

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