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Bonjour l'Europe

Un bilan 2019 très mauvais pour le système de santé irlandais

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Les services d'urgences sont saturés en Irlande. (Sur la photo), les deux principaux bâtiments de l'hôpital Beaumont de Dublin en Irlande.
Les services d'urgences sont saturés en Irlande. (Sur la photo), les deux principaux bâtiments de l'hôpital Beaumont de Dublin en Irlande. Wikimedia/RavensFists

En Irlande, le principal syndicat hospitalier vient de dévoiler son bilan de l’année 2019. Et il est très mauvais : selon l’INMO, l'Irish Nurses and Midwives Organisation, l’organisation irlandaise des infirmières et des sages-femmes, la situation n’a jamais été aussi mauvaise aux urgences.

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Près de cent vingt mille patients ont dû attendre sur un brancard ou sur une chaise, qu’une chambre se libère aux urgences, au cours de l'année 2019. Un chiffre qui n’a jamais été aussi élevé, et surtout en hausse de 10 % par rapport à 2018. La situation est particulièrement tendue à Limerick, au sud du pays. Les raisons sont les mêmes qu’ailleurs dans le pays : manque de personnels, manque de lits, difficulté d’accès à la médecine de ville… Les mêmes raisons qu’en France.

Pour avoir une idée de l’ampleur de la crise, un patient sur quatre aux urgences attend une place pendant plus de neuf heures. Si vous arrivez un soir à vingt heures, vous ne seriez pas pris en charge avant cinq heures du matin. Et les personnes âgées sont les plus concernées. Pour les patients de plus de 75 ans, la proportion grimpe à 52%.

Sans surprise pour l'INMO

L’organisation irlandaise des infirmières et des sages-femmes tient un décompte quotidien des patients sans lit aux urgences et fait régulièrement des constats alarmistes. Septembre était ainsi le pire mois jamais enregistré. Puis octobre et novembre ont à nouveau battu tous les records. Pas étonnant donc que 2019 décroche la médaille d’or de la surpopulation hospitalière.

L’organisation s’inquiète surtout de l’imminence du pic d’épidémie de la grippe. 19 personnes sont déjà mortes à cause du virus en Irlande. Le ministre de la Santé Simon Harris a d’ailleurs recommandé aux malades de ne pas se rendre aux urgences sauf en cas d’absolue nécessité.

Les racines du problème sont connues depuis déjà un moment : le système de santé irlandais peine à se remettre de la cure d’austérité, imposée après la crise de 2008. Les salaires des médecins sont gelés, ce qui les pousse à se tourner davantage vers le privé. Il y a aussi des réductions de postes, les organisations syndicales évoquant même un « embargo sur les recrutements », ce que réfute le Service de Santé.

Comment réagit le gouvernement ?

Le ministre de la Santé n’a pas commenté les derniers chiffres des urgences. La semaine dernière, Simon Harris a annoncé l’ouverture de quelque 200 lits à travers le pays pour faire face aux maladies de l’hiver. La situation aux urgences ne figure pas non plus dans la vidéo de bonne année publiée par le Premier ministre Leo Varadkar.

De manière informelle, le ministre a admis qu’il fallait payer davantage les médecins pour leur donner envie de rester dans le secteur public.
Ce n’est évidemment pas suffisant pour les organisations hospitalières qui réclament davantage de lits de manière pérenne et surtout, de personnels, et pas seulement de médecins. Aucune hausse n’est annoncée pour le moment.

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