Accéder au contenu principal
Bonjour l'Europe

Italie: le Mouvement 5 étoiles en pleine crise d'identité

Audio 03:55
Le chef de file du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio.
Le chef de file du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio. AFP/Alberto Pizzoli

Fondé en 2009 par l'humoriste Beppe Grillo et l'entrepreneur « gouru », feu Gianroberto Casaleggio, le Mouvement 5 étoiles qui avait obtenu 32,7% des voix aux législatives de 2018 est en chute libre. Il recueille aujourd’hui moins de 17% des intentions de vote. Ce mouvement dit « post-idéologique », qui partage le pouvoir avec le Parti démocrate (centre gauche) depuis septembre 2019, suite à la rupture avec la Ligue nationaliste de Salvini, est-il amené à disparaître ? C’est la question qui agite la politique italienne en ce début d’année.

Publicité

de notre correspondante à Rome,

Le Mouvement 5 étoiles a perdu près de la moitié de ses électeurs, une chute vertigineuse qui a débuté à partir des élections européennes de mai 2019. C'est alors que tout a dérapé. Le M5S a remporté 17% des voix contre 35% pour la Ligue de Salvini avec qui il a gouverné pendant 14 mois. Ensuite, on connaît l’histoire : Matteo Salvini a provoqué une crise de gouvernement, en plein mois d’août, pour tenter d’obtenir les pleins pouvoirs. Mais, contre toute attente, le Mouvement 5 étoiles s’est allié avec le Parti démocrate, son ancien adversaire, pour sa propre survie et pour empêcher un retour aux urnes et la victoire de l’extrême droite.

C’est une alliance fragile avec de nombreux points de dissensions. Par exemple, sur les questions de l’immigration, de la justice et de l’économie. Et le M5S ne parvient plus à s’imposer comme une force de changement. Il devient de moins en moins crédible aux yeux des électeurs. Les défections et les exclusions se multiplient. Certains élus sont passés dans les rangs de la Ligue, d’autres ont rejoint les groupes parlementaires mixtes…

Un risque d'implosion ?

Il y a effectivement un risque d’implosion, accentué par les courants qui se sont créés. Certains orientés à gauche. D’autres proches de la droite. Parmi les derniers cas de défection, on peut citer celui de l’ex-ministre de l’Éducation, Lorenzo Fioramonti, qui estime que les fonds alloués à l’enseignement et à la recherche ne sont pas suffisants. Autre cas éclatant, celui du sénateur et journaliste Gianluigi Paragone, exclu du M5S, car il a voté contre la loi de budget 2020.

Par ailleurs 30 parlementaires, qui n’ont pas versé une partie de leur indemnité au Mouvement, risquent également d’être expulsés. Et puis une dizaine d’élus ont claqué la porte parce qu’ils jugent le chef politique du M5S, Luigi Di Maio, qui est aussi ministre des Affaires étrangères, « incapable » de jouer ces deux rôles. Mais, pour le moment, Di Maio reste protégé par le fondateur et garant du Mouvement, l’ex-comique Beppe Grillo.

Le gouvernement dirigé par Giuseppe Conte menacé par cette crise ?

Aucun des partis au pouvoir n’a intérêt à faire chuter le gouvernement. L’objectif est d’arriver au terme de la législature en 2023. Évidemment, si la Ligue de Salvini remportait le scrutin régional du 26 janvier en Émilie-Romagne -le plus grand fief de la gauche depuis l’après-guerre- cela aurait des répercussions au niveau national. Mais les sondages donnent le Parti démocrate en tête. Par contre, la crise des 5 étoiles fait clairement apparaître leurs limites.

Au fond, ce mouvement populiste, sans véritable idéologie, fait penser à la célèbre maxime du prince Salina, dans le Guépard de Giuseppe Tomasi di Lampedusa : « il faut que tout change pour que rien ne change ».

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.