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Aujourd'hui l'économie

Comment l’Iran étend son emprise sur l’économie irakienne

Audio 04:08
Le président iranien Hassan Rohani (g.) et le Premier ministre irakien Adel Abdel Mehdi à Téhéran, le 6 avril 2019.
Le président iranien Hassan Rohani (g.) et le Premier ministre irakien Adel Abdel Mehdi à Téhéran, le 6 avril 2019. Official Iranian President website/Handout via REUTERS

L'Iran rend hommage, ce lundi 6 janvier, au général Souleimani, l'inspirateur et le chef d'orchestre de l'intervention en Irak. Cette présence militaire passe aussi par le renforcement des relations économiques entre les deux pays, a priori au bénéfice de la République islamique.

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En Irak, où l’Iran tisse sa toile depuis la chute de Saddam Hussein en 2003, elle peut déjà se prévaloir d’un vrai succès commercial : avec 12 milliards de dollars de marchandises échangées cette année entre les deux pays voisins, hors pétrole, l'Iran est devenu le premier partenaire commercial de l’Irak et vice versa, et la balance des échanges penche largement en faveur de l’Iran. De la farine aux fils électriques en cuivre en passant par les appareils ménagers ou le concentré de tomate, le « made in Iran » domine les marchés irakiens. Le voisin est même devenu un débouché inespéré depuis les sanctions américaines qui étranglent l’économie de la République islamique. Les volumes ont bondi de 40% en valeur depuis l’an dernier, et les deux gouvernements espèrent les doubler d’ici deux ans. L’Iran est par ailleurs un important fournisseur d’électricité et de gaz en Irak. Enfin, l’Iran a beaucoup investi dans les villes saintes chiites de Kerbala et Najaf pour promouvoir le tourisme religieux, une activité lucrative qui sert aussi son agenda politique. Pour ne parler que des aspects les plus visibles de cette influence iranienne.

Car il y a aussi des contrats plus opaques entre les deux pays

Par exemple, le marché de l’assainissement des eaux usées obtenu par des entreprises iraniennes, moyennant des pots-de-vin versés à des parlementaires irakiens, une affaire rendue publique grâce aux fuites des renseignements iraniens révélés par le New York Times et le site Intercept à la mi-novembre. Ou encore, d’après la même source, les contrats pétroliers récupérés par la branche al-Qods des Gardiens de la révolution, que dirigeait le général Souleimani, contrats obtenus auprès des Kurdes irakiens contre des livraisons d’armes. Au chapitre des relations illicites, l'Iran verrait bien l'Irak en pays de transit vers les autres marchés étrangers pour sa production, aujourd’hui bloquée par les sanctions, moyennant l’apposition d’une étiquette locale. Elle cherche aussi à resserrer les liens financiers avec son voisin en créant une banque commune, en réfléchissant aux moyens de contourner le dollar dans leurs échanges bilatéraux.

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L'Iran s'installe pour longtemps chez son voisin ?

C’est comme cela que l’Iran l’envisage avec de grands projets qu’elle caresse depuis dix ans. Son rêve : un gazoduc traversant l’Irak puis la Syrie pour déboucher sur la Méditerranée. Téhéran a d'ailleurs obtenu en Syrie la gestion du port de Lattaquié, dans le fief de Bachar el-Assad, et cela malgré l'opposition des Russes. Mais si l'emprise iranienne est aujourd’hui forte en Irak, elle demeure fragile. D’abord en raison de l’hostilité de la rue iranienne qui a éclaté au grand jour cet automne et qui a donné de la voix hier pour rejeter toute présence étrangère sur le sol national. Car, au quotidien, les Irakiens souffrent de cette hégémonie iranienne. Alors que le chômage frappe un jeune sur quatre, les Irakiens supportent très mal la concurrence des expatriés iraniens payés deux fois moins que les locaux. L'autre obstacle aux velléités expansionnistes de l'Iran en Irak, ce sont les sanctions américaines qui entravent sérieusement sa capacité à investir des montants importants chez son voisin. Enfin, hormis son aide militaire, la République islamique n’a pas grand-chose à offrir pour développer l’Irak, elle ne dispose pas des technologies que les Irakiens peuvent trouver chez bien d’autres investisseurs étrangers.

En bref

Ce matin, les marchés réagissent fortement au risque de conflit armé dans le Golfe. Le pétrole rebondit, le baril de Brent a franchi la barre des 70 dollars dans les échanges électroniques de la nuit, retrouvant un pic atteint en septembre après l'attaque de drones contre les installations pétrolières saoudiennes. Et l'or est au plus haut depuis 2013. En Asie, les marchés d'actions flanchent, Hong Kong et Shanghaï sont en baisse, Tokyo a clôturé sur une baisse de 1,91%.

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