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Revue de presse Afrique

À la Une: les bruits de bottes s’amplifient en Libye

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Le maréchal Khalifa Haftar, dirigeant de l'armée nationale libyenne et homme fort de l'Est du pays.
Le maréchal Khalifa Haftar, dirigeant de l'armée nationale libyenne et homme fort de l'Est du pays. Abdullah DOMA / AFP

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« Depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011, rappelle Le Monde Afrique, la Libye, déchirée par des conflits fratricides, est devenue le théâtre d’une lutte d’influence entre deux camps : d’un côté, la Turquie et le Qatar, qui appuient le GNA, le gouvernement d’union nationale, de Faïez Sarraj, et de l’autre l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l’Egypte, qui soutiennent les forces du maréchal Haftar. »

Le maréchal Haftar qui poursuit ses offensives militaires, pointe Le Monde Afrique : « ses forces ont annoncé hier s’être emparées de toute la ville de Syrte, jusque-là sous le contrôle des forces du gouvernement d’union nationale. Située à 450 km à l’est de la capitale libyenne, la ville a été enlevée après une opération militaire de quelques heures. »

Un message clair pour Erdogan

Les menaces d’intervention militaire de la Turquie pour porter secours au GNA n’ont donc guère impressionné Haftar, relève Ledjely en Guinée… « Si le président turc Erdogan comptait sur son annonce de parachuter sa soldatesque en Libye pour intimider l’opposant à son ami Faïez Al-Sarraj, c’est plutôt raté pour le président turc, s’exclame le site guinéen. Pour Erdogan et Al-Sarraj, ce n’est pas encore la défaite. Mais Syrte n’est pas une moindre prise pour les troupes de Haftar. Pour ceux qui en doutaient, elle en dit long sur la détermination du général dissident, mais aussi sur sa capacité de nuisance. En tout cas, elle est le symbole d’une bataille qui ne s’annonce guère facile pour Tripoli. »

« Pour une surprise, c’en est une, renchérit Aujourd’hui au Burkina Faso. Alors que tous les efforts, toutes les attentions sont dardés sur les tentatives de l’armée du Maréchal Haftar d’entrer dans Tripoli, il prend totalement tout le monde à contre-pied et à court en entrant à Syrte. Une opération éclair, apparemment savamment bien préparée et depuis un bout de temps. Le symbole est encore plus significatif, pointe le quotidien ouagalais, lorsque l’on sait que Syrte abrite une base de commandement de drones, pilotée par des officiers turcs. Ces derniers ont-ils été capturés ? Ont-ils fui ? Les réponses sont subsidiaires, laissant au fait le plus important : le maréchal Khalifa Haftar vient de frapper un bastion où opère clairement la Turquie et lance ainsi un message au président Erdogan. »

En effet, rappelle Aujourd’hui, « cette capitonnade syrtéenne intervient au lendemain du vote du parlement turc, le 2 janvier dernier autorisant l’armée à se déployer en Libye, pour contrer la marche guerrière du général Haftar sur Tripoli. » Alors, « si ce n’est pas une défaite, c’est une bravade contre celui qui tente d’endosser les habits de Kemal Attaturc, la figure totémique des bords du Bosphore. »

Vu d'Algérie

En Algérie, voisine, la presse s’inquiète et s’interroge…

« C’est une question d’heures. La Turquie va intervenir en Libye, s’exclame Le Matin, c’est à dire dans un pays avec lequel l’Algérie compte près de 1.000 kilomètres de frontières. (…) La guerre se prépare. Elle nous concerne aussi. (…) L'évènement libyen surprend une Algérie affaiblie par vingt ans de règne ubuesque de Bouteflika : diplomatie en jachère ; population dans la rue ; gouvernement illégitime ; caisses vides… »

Alors, s’interroge Le Matin, « quelle voix pour parler au nom des millions de citoyens qui revendiquent le changement ? (…) La diplomatie algérienne a eu la force d'affirmer qu’elle n’accepterait 'aucune présence étrangère sur le sol du pays voisin et cela quel que soit le pays qui veut intervenir'. Elle préconise un 'dialogue sérieux entre les belligérants avec l’aide des pays voisins, notamment l’Algérie'. Mais sera-t-elle écoutée, elle, si affaiblie et mise devant le fait accompli ? »

En tout cas, pointe le site d’information TSA, « hier lundi, l’Algérie a été officiellement invitée par l’Allemagne à prendre part à la conférence de Berlin.

Une conférence (qui va de report en report) et qui doit chercher une issue pacifique et politique à la crise qui secoue la Libye depuis la chute de Kadhafi en 2011. (…) Alors, ce n’est peut-être pas encore le grand retour de la diplomatie algérienne sur la scène internationale après plusieurs années de repli, mais, estime TSA, cette succession d’événements lui permet de revenir au premier plan dans une crise qui se déroule à ses frontières. »

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