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Revue de presse française

À la Une : le déblocage ? Ce n’est pas pour tout de suite…

Audio 06:15
Le Premier ministre Edouard Philippe sur le perron du ministère du Travail ce mardi 7 janvier à l'issue d'une rencontre avec les partenaires sociaux.
Le Premier ministre Edouard Philippe sur le perron du ministère du Travail ce mardi 7 janvier à l'issue d'une rencontre avec les partenaires sociaux. Lionel BONAVENTURE/AFP

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Un coup pour rien ou presque : les négociations d’hier sur la réforme des retraites entre le gouvernement et les syndicats ont tourné court. Aucune avancée.

« On aurait presque envie de lancer un 'tout ça pour ça', fulmine Le Journal de la Haute Marne ! Un mois de décembre dont les commerçants se souviendront, tout comme ceux qui, désespérément, auront tenté tant bien que mal d’emprunter le métro parisien. Ne parlons pas, évidemment, de ces vacances de Noël synonymes de cauchemar, pour des milliers de clients d’une SNCF à l’arrêt. Pour quoi, au final ? On nous avait annoncé que rien ne justifiait les blocages. Qu’il fallait attendre le 7 janvier. Et presque, qu’on se rendrait compte ce jour-là que la grève ne se justifiait pas. Raté. Tout ça pour ça… Le retour aux négociations n’aura servi, hier, qu’à… établir le calendrier des futures discussions. Et à alimenter, d’une certaine manière, le jeu de dupes auquel on assiste depuis des semaines. »

L’Alsace s’agace également : « faut-il parler de discussions ? De négociations ? Dialogue de sourds reste l’expression la plus juste alors que le conflit a débuté il y a plus d’un mois. Car tandis que les Français s’impatientent et, pour beaucoup, galèrent dans les transports, le bout du tunnel semble très loin. L’issue du bras de fer est d’autant plus incertaine que chaque partie campe sur ses positions. »

L’âge pivot : point de crispation

Alors, principal point de blocage : le fameux âge pivot…

« Si Edouard Philippe s’est dit prêt, hier, à reprendre l’idée d’une +conférence de financement+ du futur régime de retraites proposé par la CFDT, il n’accède pas à sa principale revendication, pointe Libération : à savoir, dissocier financement du système et texte de loi instaurant le régime universel. Il n’y aura pas de discussion 'durable' si la mention de l’âge pivot n’est pas retirée du texte, prévient Laurent Berger. Or, pointe Libération, le projet de loi déjà à l’étude au Conseil d’État mentionne bien cette mesure d’âge. L’article en question est 'réservé', c’est-à-dire que son emplacement est prévu, mais laissé vide dans l’attente des négociations. »

« Faut-il renoncer à l’âge pivot pour préserver l’essentiel de la réforme des retraites ?, s’interroge L’Opinion. Le Premier ministre a non pas trois heures, mais trois jours pour rendre sa copie. D’ici vendredi et une nouvelle concertation avec les syndicats. Plus personne n’ignore désormais qu’Edouard Philippe est 'ouvert' à la négociation. En clair, il reste 'ferme' sur le cœur du projet – l’instauration d’un système universel à point et la fin des régimes spéciaux - mais plus souple sur la manière d’assurer son équilibre financier. Flexible jusqu’à quel point ? »

Avancée ou régression sociale ?

Le Figaro ne cache pas son amertume : « un mois après le déclenchement des hostilités, l’heure de vérité approche pour la réforme des retraites. Et ce qui se dessine n’a rien de rassurant. Bien sûr, Édouard Philippe défend toujours bec et ongles un principe de bon sens : la mise en place d’un financement pérenne, indispensable pour rendre viable le nouveau système universel. Mais l’entêtement de la CGT à bloquer la France et l’intransigeance de la CFDT contre l’âge pivot font leur œuvre. (…) Si les dés ne sont pas encore jetés, l’ambitieux projet présidentiel prend déjà l’eau de toutes parts, déplore encore Le Figaro. Le grand système unique pour tous les Français en lieu et place des 42 régimes existants ? De nombreuses professions à statut privilégié n’y entreront que bien après les autres, certaines jamais. Des régimes spécifiques - nuance ! - remplaceront les régimes spéciaux, pendant que le gros de la troupe, c’est-à-dire pour l’essentiel les salariés du privé, basculera seul dans le nouveau système. C’est ce que l’on appelle une universalité à géométrie variable. »

A contrario, pour L’Humanité, « le pouvoir a décidé seul de détruire le principe d’un système de retraite solidaire par répartition et il demande de débattre du niveau et des modalités de la régression sociale. Pire, le pouvoir hier matin, faisait fuiter l’information selon laquelle la loi anti-retraite solidaire était déjà à l’examen au Conseil d’Etat. Raison de plus, estime le quotidien communiste pour amplifier les mobilisations contre ce mépris gouvernemental. »

Carlos Ghosn : sa vérité

À la Une également, Carlos Ghosn… L’ex-patron de Renault-Nissan va parler ce mercredi…

Carlos Ghosn tient aujourd’hui à Beyrouth un point de presse mondialement attendu, neuf jours après sa rocambolesque fuite du Japon où il était assigné à résidence dans l’attente de son procès.

En attendant, son épouse, Carole, s’exprime ce matin dans Le Parisien : « 'Je n’étais au courant de rien, jure-t-elle. J’étais à Beyrouth avec mes enfants pour fêter Noël, quelqu’un m’a appelée pour me dire : J’ai une surprise pour toi. C’était la plus belle de toute ma vie !' A-t-il pris la bonne décision en s’enfuyant ? 'Bien sûr !, répond Carole Ghosn. Partir était le seul choix possible, alors qu’il voyait son procès reporté indéfiniment et qu’il était maintenu dans des conditions de privation de liberté visant à le déshumaniser. Carlos n’entendait pas plaider coupable pour des choses qu’il n’a pas faites (…). Aujourd’hui, mon mari va pouvoir s’expliquer, se défendre, insiste-t-elle. Il est tendu, c’est normal. C’est la prise de parole la plus importante de toute sa vie !' »

Selon que vous serez puissant ou misérable…

En attendant sa conférence de presse donc, les journaux ne sont pas tendres envers Carlos Ghosn…

« On a coutume de dire que la liberté n’a pas de prix, pointe L’Est Républicain. Etre riche et puissant peut grandement aider à la gagner. De manière tout à fait légale, ce qui signifie pas morale, ou avec le plus profond mépris des lois. C’est bien sa fortune qui a permis à Carlos Ghosn de se soustraire à la justice japonaise et de fuir l’archipel. »

« Drôle d’exemple donné par un responsable mondialement connu, s’exclame Libération. Et surtout, le raisonnement de Ghosn repose sur l’inanité supposée des charges réunies contre lui. En jouant les filles de l’air, Ghosn affaiblit d’un coup cette thèse. Le citoyen normal se demande si, au bout du compte, il n’a pas pris la fuite parce qu’il était coupable. (…) Une morale, si l’on peut dire, se dégage de cette affaire, poursuit Libération. Pourquoi diable ces PDG de grand style ne se contentent-ils pas du salaire mirifique que leur verse leur entreprise, qui devrait tout de même suffire à satisfaire les exigences de leur train de vie ? Pourquoi faut-il qu’ils y ajoutent une ribambelle d’avantages divers, juridiquement fragiles ? Réflexion sans doute désuète en ces temps bénis de capitalisme mondialisé, volatile et multiforme… »

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