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Aujourd'hui l'économie

Pourquoi l’Inde est en plein marasme

Audio 03:33
Le Premier ministre indien Narendra Modi au sommet de l'Asean à Bangkok le 4 novembre 2019.
Le Premier ministre indien Narendra Modi au sommet de l'Asean à Bangkok le 4 novembre 2019. © REUTERS/Chalinee Thirasupa

Des millions d'Indiens ont répondu à l’appel à la grève générale lancé hier par une dizaine de centrales syndicales. Ils protestent contre la politique économique de Narendra Modi, le Premier ministre qu'ils jugent incapable de résoudre leurs problèmes.

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L'Inde, qui a enregistré pendant plusieurs années la croissance la plus robuste au monde, est aujourd'hui en plein marasme. Quel retournement de situation ! Narendra Modi est arrivé au pouvoir en 2014 en vantant ses compétences de bon gestionnaire, avec un programme de renouveau de l'industrie, avec le fameux Make in Inda ; il a porté la croissance indienne au pinacle en 2016, à plus de 9%. Mais à partir de 2018 l’économie indienne commence à patiner, et ce ralentissement s’est aggravé depuis sa réélection. Mardi soir le gouvernement a revu la croissance de l'année fiscale en cours à la baisse, à seulement 5 %, le plus mauvais chiffre depuis 11 ans. Pour un pays européen de taille moyenne ce niveau serait inespéré. Mais pour le pays continent qu’est l’Inde, c’est très insuffisant: il lui faut au moins 9 à 10% de croissance annuelle pour fournir de l’emploi aux douze millions de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail.

Que fait Narendra Modi pour relancer la machine ?

Cet automne son gouvernement a fortement réduit l’impôt sur les sociétés de 30 à 22%, il a aussi réduit la TVA. Des mesures restées pour le moment sans effet sur l’investissement comme sur la consommation. L'investissement qui est quasiment au point mort et la consommation en phase de freinage brutal. On ne sait pas vraiment ce que les entreprises comptent faire de ce coup de pouce, elles peuvent le redistribuer à leurs actionnaires, et pas nécessairement le consacrer à leur développement. En fait ce dont les entreprises et ménages, ont le plus besoin aujourd'hui c'est un réel soutien pour financer leurs projets. Une mission que les banques ne remplissent plus. Totalement tétanisées par les créances douteuses, les prêts non remboursés qui plombent leurs bilans, elles n’osent donc plus faire crédit. C’est pourquoi le plan de relance dans les infrastructures annoncé à la fin de l’année risque aussi de ne pas vraiment fonctionner, faute de financement suffisant pour l'activer.

Le Premier ministre est-il responsable de cette congestion des banques ?

En fait leur problème remonte à la crise financière de 2008. Avant cette date elles ont prêté généreusement à des entreprises, y compris à certaines, non compétitives, qui auraient dû mettre la clé sous la porte. Et cela n’a jamais vraiment cessé. Des mesures ont été prises à partir de 2016 pour assainir le secteur. Mais ce nouveau code n'a pas toujours été appliqué rigoureusement et les établissements non bancaires ont continué à faire crédit et à accumuler des créances douteuses. Et les entreprises surendettées ont continué à faire le gros dos. Les habitudes ont la vie dure. Malgré les nouvelles règles et les contrôles de la banque centrale, les banques publiques ont encore prêté sans sourciller en 2018, notamment aux grandes entreprises proches de Narendra Modi; une partie de cet argent a servi, dit-on, à financer sa campagne électorale. Tant que les banques et les autres établissements prêteurs ne seront pas soignés et guéris, difficile d’envisager la convalescence pour l’économie indienne. Mais pour le moment Narendra Modi a d’autres priorités : son agenda nationaliste hindou, qui lui aussi soulève la colère de la rue.

EN BREF

La Chine va autoriser les compagnies étrangères à exploiter ses ressources en hydrocarbures. Une décision qui s'applique à partir du 1er mai prochain. Jusqu'à maintenant les sociétés étrangères devaient passer par une joint-venture avec une compagnie chinoise. Pékin ouvre le secteur pétrolier avec l'objectif d'augmenter sa production domestique de 50% dans les cinq ans qui viennent. La Chine produit aujourd'hui quatre millions de barils par jour et doit en importer dix millions supplémentaires pour satisfaire ses besoins.

Les marchés asiatiques ont ouvert en hausse ce matin. Le spectre de l'embrasement au Moyen-Orient s'écarte et les marchés repartent donc à la hausse. Le rebond est notable à Tokyo: +2,31% à la clôture de la séance.

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