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Revue de presse Afrique

À la Une: comment sortir du bourbier libyen?

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Le chef du gouvernement d'union national libyen, Fayez el-Sarraj (à g.) a été reçu par le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell (c.) et Charles Michel, le président du Conseil européen, ce 8 janvier 2020.
Le chef du gouvernement d'union national libyen, Fayez el-Sarraj (à g.) a été reçu par le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell (c.) et Charles Michel, le président du Conseil européen, ce 8 janvier 2020. © Francisco Seco / AP Pool / AFP

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Le ballet diplomatique s’intensifie autour de la Libye

Le Point Afrique précise : « à Bruxelles, avant-hier en urgence, entre ministres des Affaires européennes "convaincus qu’il n’y a pas de solution militaire à la crise libyenne", puis au Caire hier avec quatre d’entre eux autour du chef de la diplomatie égyptienne Sameh Choukri, les réunions diplomatiques se succèdent pour appeler à une "cessation immédiate des hostilités" et condamner l’ingérence de la Turquie en Libye (…). »

En fait, rappelle Le Point Afrique, « deux camps ennemis soutenus par des pays étrangers s’affrontent d’un côté par Libyens interposés et demandent d’un autre un cessez-le-feu pour une guerre qu’ils alimentent en sous-main (…). La Turquie et dans une moindre mesure le Qatar appuient en effet le Premier ministre Sarraj tandis que le bouillant maréchal Haftar bénéficie du soutien militaire des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite et de l’Égypte. Une guerre qui nous renvoie à l’époque de Constantinople et de la Sublime Porte », remarque encore Le Point Afrique. En effet, « en difficulté sur le plan intérieur, le président Erdogan se présente comme un nouveau sultan, celui qui permettra de restaurer l’Empire ottoman, d’Istanbul au Caire, avec de nouveau la Libye, cédée en 1912 après une occupation depuis le XVIe siècle. »

Erdogan et Poutine : l’union de façade

Hier, coup de théâtre, pointe La Presse en Tunisie : « les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et russe Vladimir Poutine ont appelé à un cessez-le-feu dans le pays, où leurs intérêts divergent pourtant. Erdogan et Poutine expriment en outre leur soutien à la conférence internationale prévue en janvier à Berlin afin de trouver une solution pour retourner au processus politique sous l’égide des Nations unies. »

Pourquoi ce rapprochement soudain ? Libération à Paris avance cette petite phrase du président turc : « avec la Russie, nous n’avons pas laissé nos récentes divergences de points de vue prendre le dessus sur nos intérêts communs. » En fait, les deux présidents « partagent le même conservatisme, le même machisme militariste, le même credo ultralibéral autoritariste, anti-occidental, anti-intellectuel, souligne Jean-François Pérouse, maître de conférences à l’université de Toulouse-II. (…) Les dossiers énergétiques, en premier lieu, ont permis le rapprochement. La Turquie a besoin de la Russie pour son approvisionnement et l’aventure nucléaire turque va renforcer cette dépendance durablement, poursuit Jean-François Pérouse. Il y a une communauté d’intérêts entre les deux pays et un froid réalisme calculateur des deux côtés. »

Haftar gagnant ?

Qui sortira vainqueur de ce conflit libyen ? Pour Aujourd’hui, au Burkina Faso, Haftar est en position de force… « Qui est dupe ?, s’exclame le quotidien ouagalais. Les chassés-croisés diplomatiques de ces dernières 48 heures démontrent à souhait que cette communauté internationale trépigne d’impatience de voir enfin un dénouement dans cet embrouillamini libyen, en clair que cesse ce duo exécutif qui ne dit pas son nom. Qu’advienne un homme fort, et cet homme, malgré les dénégations à gauche et à droite n’est autre qu’Haftar, affirme donc Aujourd’hui. (…) Car à la vérité, dans cette Libye, où on se dispute le service après-vente (politique) et le pétrole, plus vite on sortira de cette guerre civile, mieux cela vaudra pour les affaires et les business. »

Cacophonie aussi en Afrique

Et l’Afrique dans tout cela ? Quelle voix a-t-elle ? « Si l’Afrique veut avoir une voix audible dans le conflit libyen, elle doit aller au-delà des déclarations épisodiques, estimeLe Pays au Burkina, pour joindre à son plan de règlement des conflits, des actions concrètes sans attendre les Occidentaux. Mieux, elle doit parler d’une même voix. Or, visiblement, les pays africains, à commencer par les voisins immédiats de la Libye, ne sont pas sur la même longueur d’onde. En effet, pendant que l’Algérie ne fait pas mystère de son soutien au gouvernement d’union nationale de Fayez el-Sarraj, l’Egypte et le Tchad constituent de puissants soutiens au Maréchal Haftar. Il y a donc, constate Le Pays, une cacophonie et une divergence d’intérêts nuisibles à une position claire et forte de l’Afrique sur la crise libyenne. Toute chose qui contraint les acteurs du conflit à rechercher, chacun de son côté, des soutiens extérieurs au continent pour faire balancer en sa faveur le rapport de forces. »

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