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Aujourd'hui l'économie, le portrait

Gary Shapiro, le Ninja du CES

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Le PDG de la Consumer Technology Association, Gary Shapiro, prend la parole avant le premier discours d'ouverture du 6 janvier 2020 au Consumer Electronics Show (CES) 2020 à Las Vegas, Nevada.
Le PDG de la Consumer Technology Association, Gary Shapiro, prend la parole avant le premier discours d'ouverture du 6 janvier 2020 au Consumer Electronics Show (CES) 2020 à Las Vegas, Nevada. © Robyn Beck / AFP

Le CES, le grand salon dédié aux technologies de Las Vegas refermera ses portes ce vendredi 10 janvier. « Avatars d'humains », villes connectées, nouveaux smartphones et même sextech, l'étendue des découvertes est large.

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Cela fait presque 30 ans que Gary Shapiro préside le CTA, une grande association regroupant plus de 2 000 entreprises du monde des technologies. Apple en fait partie, comme Samsung, ou Google. Lorsque cet Américain a pris ses fonctions, les téléphones intelligents n'existaient pas et les voitures autonomes n'en étaient qu'à leurs balbutiements. Le monde de la tech a beaucoup évolué et aux yeux de Thomas Serval, directeur général de CareOs interviewé à Las Vegas par Thomas Bourdeau, Gary Shapiro a su faire évoluer le CES avec.

« Gary Shapiro a été un businessman incroyable, il a transformé un salon où l'on vendait des télés en un salon où l'on retrouve des produits liés à la santé, la beauté, les voitures : tout ce qui contient de l'électronique. Le CES, c'est son bébé et il le fait bien grandir. C'est un voyageur de commerce infatigable. Il a su suivre les tendances et les accélérer. »

Il a tellement grandi, le bébé, que désormais, le CES commence à manquer d'espace. Peut-être plus pour longtemps puisqu'un nouveau bâtiment est en travaux. Il est d'autant plus difficile de faire entrer tout le monde que l'élargissement des produits exposés va au-delà du critère de l'électronique. Récemment, de la « viande de boeuf végétarienne » a été présentée.

La clef aujourd'hui plus que l'électronique, c'est l'innovation. Gary Shapiro a certes récemment déclaré dans le Journal du Net, qu'il ne fallait pas nécessairement être innovant pour exposer mais avoir un produit qui rentre dans les catégories définies. Mais repousser les frontières de l'inédit, ça l'anime, comme l'explique Benjamin Vincent, fondateur de Ouatch, un média spécialisé. 

« Il est toujours disponible surtout quand on veut innover avec lui car il est dans l'innovation constamment, c'est sans doute le mot qui l'anime le plus souvent. »

Ninja innovateur

Il n'y a d'ailleurs qu'à jeter un oeil aux titres des livres qu'il a publiés pour s'en convaincre : Ninja Innovation, Ninja Future, sur la couverture duquel Gary Shapiro est présenté comme un auteur à succès du New York Times. Gary Shapiro publie aussi des éditoriaux entre autres sur le Huffpost, le Wall Street Journal ou sur des sites plus spécialisés comme Chiefexecutive.net. En 2013, il expliquait dans une de ces tribunes que pour réussir les PDG devaient être des Ninjas innovateurs. Les « Ninjas, explique-t-il, gagnaient simplement en étant concentrés, motivés, formés et en brisant les paradigmes existants. »

Gary Shapiro ne veut pas influencer que les chefs d'entreprise. Celui qui relate dans sa biographie sur LinkedIn avoir été avocat et assistant d'un élu du Congrès avant de prendre ses fonctions à la CTA, continue à évoluer dans la sphère politique.

« La CTA est une association qui fait du lobbying auprès du gouvernement américain notamment. Il connait tous les grands de ce monde, de Bill Gates à Bill Clinton. »

Lobbying

Il figure même sur la longue liste des lobbyistes les plus influents à Washington établie par le site The Hill.

Mais que leur souffle-t-il à l'oreille ? Sans doute de faire passer l'innovation avant le reste. Il a critiqué par exemple l'instauration du RGPD, le règlement européen de la protection des données. Lors d'un passage à Paris, il affirmait que la France risquait de perdre du terrain car les données sont une « richesse ». Une mesure phare de la politique économique de Donald Trump ne manque pas non plus de lui déplaire souligne Benjamin Vincent.

« Gary Shapiro, c'est le plus grand défenseur du libre-échange. Les barrières douanières, c'est vraiment pas son truc. Depuis le début de la crise des sanctions douanières entre les États-Unis et la Chine, il est furieux parce que cela pèse sur les exportations des marques qu'il représente. Il est très souvent à Washington pour souffler à l'oreille de l'administration Trump de ne pas avoir la main lourde. »

Travail de diplomatie

Ivanka Trump, la fille et conseillère du président américain, est d'ailleurs montée sur la scène du CES cette année. Une intervention qui a fait polémique à son annonce. Certains estimant qu'elle n'était pas la plus appropriée pour intervenir dans un salon dédié aux technologies. Quoi qu'il en soit, elle a échangé sur les thèmes de l'éducation et de la formation avec un Gary Shapiro accueillant.

« On veut travailler avec vous et créer des emplois avec vous. Personnellement, je crois que quel que soit le président à l'avenir, il devra poursuivre le genre de mesures que vous mettez en place. C'est très important. »

Rien de plus normal aux yeux de Benjamin Vincent pour qui Gary Shapiro « se doit d'être l'ami de tout le monde ». Il est « diplomate même s'il n'a pas la langue dans sa poche ». Favorable à l'immigration, il a d'ailleurs posé une question à ce sujet à Ivanka Trump.

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