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Revue de presse française

À la Une : ça n’est pas encore la fin de la grève…

Audio 06:26
La grève multisectorielle nationale contre la reforme des retraites du gouvernement entre dans son 40e jour ce lundi 13 décembre 2020.
La grève multisectorielle nationale contre la reforme des retraites du gouvernement entre dans son 40e jour ce lundi 13 décembre 2020. AFP/Martin Bureau

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« "Il faut savoir terminer une grève". Invité du 20 heures de France 2, hier, le Premier ministre Édouard Philippe a repris à son compte la formule de Maurice Thorez, relève Le Parisien. "Et on n’en est pas loin", a-t-il ajouté, soulignant la "décroissance réelle et progressive [des grévistes] dans les entreprises de transport". Les prévisions de trafic de la SNCF et de la RATP pour cette journée de lundi montrent une nette amélioration. Mais, souligne Le Parisien, l’abandon provisoire de l’âge pivot et la réponse favorable de la CFDT et de l’Unsa à la main tendue du Premier ministre ne signifient pas la fin de la grève. L’équation est un brin plus complexe. Car si les deux syndicats réformistes ont applaudi l’avancée gouvernementale, aucun ne s’est hasardé à appeler officiellement ses troupes à reprendre le travail. Samedi, Frédéric Sève, le "Monsieur Retraites" de la CFDT, reconnaissait : "il y a les mouvements catégoriels, à la SNCF, dans l’Éducation nationale, les industries électriques et gazières… Il faut trouver des accords d’entreprises".  »

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Avancée ou manipulation ?

En tout cas, L’Opinion, quotidien libéral, se félicite de ce qu’il considère comme une avancée : « La liturgie du compromis a été respectée : chacun des protagonistes du conflit qui use le pays depuis deux mois affiche sa satisfaction. Le président peut cocher la case "retraite à points", le Premier ministre tient le principe de sa mesure d’équilibre des comptes, la CFDT a réussi à faire plier l’exécutif et à faire disparaître toute référence directe à un "âge pivot", et le Medef a obtenu l’engagement d’Édouard Philippe qu’il n’y aurait pas d’augmentation des charges sociales des employeurs. Même les opposants les plus obtus sont contents : ils ont, avec la concession faite aux syndicats réformistes, la preuve que la lutte peut payer. »

A contrario, L’Humanité ne décolère pas : « La combine est d’un cynisme à toute épreuve, dénonce le quotidien communiste. Sans surprise, Édouard Philippe aurait donc consenti à un "compromis" sur l’âge pivot, comme signe de bonne volonté à l’égard des syndicats. Non seulement c’est faux, mais la manipulation est bien plus grave encore. D’abord, le Premier ministre n’a rien lâché du tout puisque l’"âge d’équilibre" sera bel et bien inscrit dans le futur régime universel, comme l’écrit noir sur blanc Édouard Philippe dans son courrier aux syndicats. Au "mieux" épargnera-t-il les départs à la retraite avant 2027 ! Pire, dénonce encore L’Huma, ce microscopique changement "provisoire" est conditionné à un accord entre les partenaires sociaux sur le financement des retraites. »

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Au milieu du gué…

En fait, analyse Libération, « si Édouard Philippe a fait sauter un verrou, il n’a pas ouvert grand la porte. Nombre de questions restent en suspens, qui tiennent à la pénibilité, aux carrières longues, au sort des enseignants, à l’emploi des seniors et au mode de financement du futur système. Surtout, la mesure d’"âge pivot" dit systémique, prévue dans le futur système universel qui doit entrer en vigueur en 2025, est, elle, toujours d’actualité. Difficile dans ces conditions pour Édouard Philippe de contenter tout le monde. »

Bref, pointe encore Libération, « nous sommes au milieu du gué : il reste beaucoup à faire pour préserver les intérêts des futurs retraités, corriger les injustices potentielles, sans pour autant négliger l’équilibre du système à long terme, pour lequel le Medef devra faire les concessions nécessaires. La pression syndicale ne sera pas de trop, conclut le journal, pour aboutir in fine à une réforme qui, pour une fois, ne soit pas une régression, mais un progrès. »

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Barkhane : une action plus resserrée
À la Une également, le sommet du G5 Sahel à Pau…

Cette réunion à huis clos ce lundi des cinq chefs d’État sahéliens et du président français « sera l’occasion d’une "clarification" sur la présence française au Sahel et de redéfinir le cadre de l’intervention Barkhane », pointe Le Figaro. En effet, précise le journal, « sur le terrain, la situation n’est pas bonne. Pour "trouver plus d’efficacité", la zone d’intervention de Barkhane, qui couvre aujourd’hui tout le Sahel, sera donc "resserrée" selon l’Élysée. Les soldats français devraient se concentrer sur le Liptako, cette vaste région aux frontières du Mali, du Niger et du Burkina Faso, fief de l’État islamique, et sur le Gourma, province à l’est de Mopti. Cela pourrait s’accompagner d’une petite montée en puissance des effectifs, aujourd’hui fixés à 4 500 hommes. En parallèle, précise encore Le Figaro, un calendrier va être publié. "Il comprendra des dates, des objectifs à atteindre et des points de passage", dit-on à l’Élysée. Ces objectifs ne sont pas seulement militaires, mais aussi politiques. En effet, la solution à cette guerre, répètent les militaires, est politique et non militaire. Seulement, les discussions sont ensablées et l’accord de paix, signé à Alger en 2015, n’avance pas. »

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« La solution ne peut venir que des Africains »

Dans Libération, Marc-Antoine Pérouse de Montclos, chercheur à l’IRD, estime que la France a fait fausse route en assimilant à tort les problèmes du Sahel à un jihadisme global : « La principale erreur a été de considérer que les problèmes du Sahel venaient du jihadisme et d’un islam radicalisé. Alors que ce qui est réellement en cause, c’est la faiblesse des États, affirme Marc-Antoine Pérouse de Montclos, leur incapacité à réguler les conflits autrement que par une répression sanglante. Le vrai problème, poursuit Marc-Antoine Pérouse de Montclos, c’est un sentiment d’injustice sociale, d’inégalité, et aussi de corruption et d’impunité des forces de l’ordre. Au Mali et à Bamako, épicentre de la crise, ce n’est pas le "terrorisme" qui est perçu comme la principale menace sécuritaire du pays, mais le séparatisme touareg. Dans les campagnes, ce sont des enjeux plus terre à terre que l’on voit s’exprimer dans les sondages : crainte du retour de la famine, problèmes d’accès à l’école et à la santé. (…) On est dans l’impasse, constate encore Marc-Antoine Pérouse de Montclos, et on voit bien qu’il faut passer à autre chose, sinon dans vingt ans on sera toujours dans cette situation. Or aujourd’hui, on ne sait toujours pas à partir de quel seuil l’Élysée considérera que la situation est rétablie et qu’on peut se désengager. Il n’y a aucun calendrier. »

Alors, s’interroge le chercheur, « peut-être faut-il dire à nos alliés de prendre la situation un peu plus en main, et de notre côté amorcer un calendrier de désengagement ? La solution ne peut venir que des Africains. Mais dans l’immédiat, ce pacte de la guerre nous lie à des États qu’on n’ose critiquer et qu’on doit défendre bien au-delà de la soi-disant offensive contre le jihad mondial. »

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