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Revue de presse française

À la Une: améliorer la lutte contre le jihadisme au Sahel

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Conférence de presse à l'issue du Sommet de Pau, le 13 janvier 2020.
Conférence de presse à l'issue du Sommet de Pau, le 13 janvier 2020. Photo : Reuters

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« Loin, très loin du désert ocre du Sahel, pointe Le Parisien, c’est dans le château de Pau que s’est jouée une partition cruciale dans la lutte contre les djihadistes qui sévissent sur ces terres arides, à quelque 3 300 km de là. Un sommet diplomatique spécial s’y est tenu hier. Les cinq dirigeants des pays concernés (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) avaient été conviés à cette réunion par Emmanuel Macron dans le sillage du crash des deux hélicoptères de l’opération Barkhane, le 25 novembre dernier. »

Objectif : « organiser la montée en puissance du dispositif antiterroriste dans la région, tout en reprécisant les objectifs militaires : les efforts seront désormais concentrés dans le Liptako-Gourma, la zone dite des 'trois frontières', aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Avec un ennemi prioritaire : l’État islamique au Grand Sahara. Emmanuel Macron a également annoncé que 220 militaires français viendraient renforcer les 4.500 soldats de la force Barkhane. »

Enfin, relève encore Le Parisien, Emmanuel Macron et les chefs d’État du G5-Sahel « ont aussi discuté d’un sujet qui fâche : le sentiment anti-Français qui s’instille auprès des opinions publiques maliennes et burkinabé. Un état d’esprit que semblent entretenir avec ambiguïté certains dirigeants politiques… et qui irrite sérieusement Paris. Lors de leur communiqué final, les chefs d’État du G 5 ont dit noir sur blanc leur souhait de 'la poursuite de l’engagement militaire de la France au Sahel' et ont plaidé même pour un 'renforcement' de la présence internationale à leurs côtés. »

Bombe migratoire ?

Finalement, analyse Le Figaro, « un grand message est sorti de ce sommet de Pau : les Sahéliens ont demandé à la France de maintenir chez eux sa présence militaire. (…) L’opération Barkhane a déjà cinq ans et demi ; elle n’est pas près de se terminer, estime le journal. Si les Français partaient, il ne faudrait pas longtemps aux colonnes de djihadistes pour prendre le contrôle des deux pays les plus faibles du G-5 Sahel : le Mali et le Burkina Faso. La France, qui porte une responsabilité indéniable dans le chaos libyen, se doit moralement de ne pas abandonner ces nations amies du Sahel, qui sont toutes ses anciennes colonies. »

Qui plus est, poursuit Le Figaro, « la France n’a aucun intérêt, à ce que l’immense bande sahélienne tombe dans le chaos. Contrairement à ce qu’on croit parfois, ce n’est pas à cause de l’uranium : la France peut s’en procurer dans beaucoup d’autres pays du monde. »

En fait, affirme le journal, « la France redoute à juste titre une bombe migratoire en provenance des pays du Sahel. Le G-5 s’étend sur cinq millions de km² et comprend quelque 80 millions d’habitants, dont les deux tiers ont moins de 25 ans. La France ne pourra jamais aider ces États à fixer chez eux leur jeune population masculine si, dans les campagnes, règne le chaos. »

Enfin, pointe encore Le Figaro, « n’exagérons pas la puissance des djihadistes du Sahel. Ce ne sont pas les talibans, et il n’y a pas de sanctuaire pakistanais. Il y a, au Sahel, une sortie de crise possible. Elle passe par l’édification d’États solides, disposant de forces armées motivées et bien entraînées. C’est déjà réussi en Mauritanie. »

Vers une internationalisation du soutien ?

Pour leur part, Les Dernières Nouvelles d’Alsace insistent sur le fait que la France ne peut pas tout…

« Paris ne peut plus continuer à supporter quasiment seul le poids et la responsabilité de cette opération vitale pour l’équilibre de l’Afrique de l’Ouest tout entière. Il lui faut, au moins matériellement, une aide accrue des pays européens, mais aussi africains qui le peuvent. Il faut surtout l’assurance que les États sahéliens deviennent enfin de véritables partenaires, sur lesquels compter. Ce n’est que lorsque les troupes françaises interviendront en appui des forces armées nationales, et pas l’inverse, qu’un désengagement pourra être entrevu. Pour l’instant, on en est très loin. »

Sud-Ouest renchérit : « ex-puissance coloniale, la France est à la fois bien et mal placée pour agir. C’est pourquoi elle a besoin d’une internationalisation du soutien au Sahel. Des pistes s’esquissent côté européen. Et la présence hier, à Pau, du secrétaire général de l’ONU et d’un haut responsable de l’Union africaine signent une prise de conscience. Mais, pointe Sud-Ouest, ce sont des actes qui sont attendus, pas des mots. Surtout au moment où les États-Unis annoncent qu’ils vont alléger en Afrique une présence militaire bien utile à Barkhane pour le renseignement ou la logistique de certaines opérations. »

L’hôpital public en ébullition

À la Une également, en France, démissions en cascade au sein des hôpitaux publics…

« Le geste est inédit, spectaculaire, dérangeant », s’exclame Libération. « Plus de 1.200 chefs de service et responsables hospitaliers annoncent ce mardi dans une lettre à la ministre de la Santé leur intention de démissionner de leur fonction d’encadrement si des négociations ne sont pas engagées. Un acte fort et inédit pour dénoncer les conditions de travail au sein des établissements publics. »

Commentaire de Libération : « à force de tenir les services publics comme un 'centre de coûts' qu’il faut soumettre aux critères froids du management, on décourage vocations et convictions. (…) Le système de santé français est l’un des meilleurs au monde. Mais pour tenir son rang, il exige un engagement financier substantiel, décrit dans la lettre adressée à la ministre par les potentiels démissionnaires. Certes, le budget de l’Etat n’est pas une corne d’abondance. Mais pour calmer les esprits et rendre à l’hôpital son pouvoir d’attraction auprès des professionnels, l’ordre des priorités doit changer. »

Négocier !

Enfin, la grève se poursuit contre la réforme des retraites avec une nouvelle journée de mobilisation ce mardi…

Comment sortir de ce conflit interminable ? Pour La Croix, « la question, à ce stade, n’est pas de 'terminer' la grève mais de passer à une autre étape du conflit, celle de la négociation. Quitte à utiliser de nouveau cette arme si le résultat de la discussion n’est pas satisfaisant. Toute la difficulté est que plusieurs syndicats, et non des moindres, se sont enfermés dans une position jusqu’au-boutiste qui est celle du retrait de la proposition gouvernementale. » Pourtant, pointe La Croix, « il y a beaucoup à faire, profession par profession, catégorie par catégorie, afin que cette réforme soit l’occasion non d’une régression mais d’un progrès pour le plus grand nombre. Évidemment, le chantier est énorme si l’on songe à toutes les discussions qui vont être nécessaires pour déminer les préventions et trouver les solutions. Mais, conclut le journal, c’est tout de même plus prometteur que d’en rester au statu quo. »

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