Accéder au contenu principal
Chronique des matières premières

France: le bras de fer des agriculteurs sur les pesticides et les prix

Audio 01:57
Épandage sur un champ de blé par un agriculteur français.
Épandage sur un champ de blé par un agriculteur français. Getty Images/Bernard Jaubert

2020 sera pour les agriculteurs français la première année d’application réelle des États généraux de l’alimentation. Les négociations commerciales avec l’industrie et la distribution seront donc scrutées de près. L’année commence par un autre bras de fer entre le syndicat majoritaire et le gouvernement sur les zones de non-traitement par les pesticides.

Publicité

2020 démarre avec une action coup de poing de la FNSEA. Pour obtenir un moratoire sur les zones de non traitement par les pesticides près des habitations – un décret que le syndicat agricole estime inapplicable au 1er janvier –, la FNSEA va bloquer les stations d'épuration. Les agriculteurs prennent habituellement les boues de traitement des eaux usées pour les épandre sur leurs champs.

Blocage des stations d'épuration contre les zones de non-traitement

« Puisqu'il n'y a pas de possibilité de dialogue intelligent entre la ville et la campagne, la ville gèrera ses boues ! », a déclaré Christiane Lambert, la présidente du syndicat agricole, lors de ses voeux à la presse. Selon elle, « sécuriser les riverains est davantage une question de bonnes pratiques que de distance » jusqu'aux habitations. La représentante des agriculteurs veut que l'on attende les avis de l'Agence de sécurité sanitaire (ANSES) sur ces pratiques, et donc un moratoire au moins jusqu'à la prochaine saison culturale.

L'année 2020 débute donc par un nouveau bras de fer autour des attentes sociétales pour une agriculture plus verte. La FNSEA se dit pourtant « climato-active », mais elle veut être davantage associée à tous ces changements.

« L'heure de vérité » pour la loi Egalim

2020 sera également l'année 1 de la loi Egalim, les Etats généraux de l'alimentation, qui ont inversé la formation du prix au consommateur, pour tenir compte des coûts de production des agriculteurs. L'ordonnance avait été signée en avril 2019, et donc après les négociations commerciales. « C'est aujourd'hui l'heure de vérité », estime la FNSEA. Il y a déjà des succès. « Avec la fin des promotions, on a arrêté la déflation. Les prix agricoles ont augmenté de 0,3 %. Cela doit être rendu aux producteurs », juge le syndicat agricole.

L'accord laitier signé lundi est de bonne augure, mais « attention à ce que pour quelques litres de lait ou quelques kilos de viande bien rémunérés, rien ne change pour 90 % de la production », préviennent ses représentants. Attention aussi au contournement de la loi par de nouvelles pratiques, soulignent-ils. Depuis deux mois la grande distribution multiplie les opérations du genre « une sauce offerte avec les pâtes, du vin blanc avec les huîtres, ou un poulet offert pour une pintade achetée ! »... Des promotions déguisées qui pourraient relancer la guerre des prix entre les enseignes.

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.