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Revue de presse Afrique

À la Une : l’impossible paix en Libye

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Banlieue de Tripoli: des forces de sécurité se déploient le 14 janvier 2020.
Banlieue de Tripoli: des forces de sécurité se déploient le 14 janvier 2020. REUTERS/Ismail Zitouny

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« Il est parti sans signer, s’exclame Jeune Afrique. Khalifa Haftar a annoncé hier matin que le document soumis lundi aux parties libyennes à Moscou, lors d’un sommet organisé sous l’égide de la Russie et de la Turquie, 'ignorait beaucoup de demandes' formulées par son Armée nationale libyenne. Le maréchal de l’Est a donc dit avoir besoin de 'deux jours supplémentaires pour en discuter avec ses alliés'. (…) Son rival Fayez al-Sarraj, le chef du GAN, le Gouvernement d’entente nationale, ouvertement soutenu par la Turquie, a quant à lui accepté l’entente. »

Toutefois, pointe encore JA, « tant que la ligne de signature sous le nom de Khalifa Haftar restera vide, ni la suspension des affrontements ni la bonne réussite de la conférence de Berlin annoncée pour dimanche ne sont garantis. Au lendemain des pourparlers, de nouveaux coups de feu ont été entendus hier mardi dans la banlieue sud de Tripoli, le long du front qui n’a que peu bougé depuis le début de l’offensive le 4 avril dernier. »

« Revers passager ? Ou nouvel échec dans la longue chronique des déboires diplomatiques autour de la Libye ? », s’interroge pour sa part Le Monde Afrique. « Alors que la 'bataille de Tripoli', déclenchée par l’ANL d’Haftar contre le GAN de Sarraj, est entrée dans son dixième mois, le semi-échec de la réunion de Moscou donne la mesure de l’impasse diplomatique et militaire qui persiste. L’émergence d’un condominium turco-russe dans la médiation sur la Libye, censé se substituer aux efforts défaillants des Européens, n’a pas encore prouvé son entière efficacité, en tout cas pour ce qui concerne l’influence attribuée à Moscou sur le maréchal Haftar. 'Les Russes et les Turcs n’y arriveront pas tout seuls', commentait, lundi, un diplomate français à Paris. »

Haftar trop exigeant…

Que s’est-il passé ? Ledjely en Guinée, croit savoir que « Khalifa Haftar n’aurait pas apprécié certaines dispositions du document de cessez-le-feu qui lui a été présenté. Ayant davantage été élaboré par la Turquie le projet d’accord de cessez-le-feu exigeait en effet du maréchal dissident qu’il retire ses troupes des environs de la capitale Tripoli. Et on imagine que pour le soldat qu’est Haftar, il était inenvisageable qu’il consente à une telle concession, alors qu’à priori le rapport de force sur le terrain lui est manifestement favorable. Mais si les négociations ont tourné court, relève encore Ledjely, c’est aussi parce qu’Haftar aurait exigé des choses qui le font passer pour prétentieux, au stade actuel de la crise. En effet, à son tour, il aurait demandé que les soldats turcs récemment déployés en Libye puissent plier bagages. Evidemment inacceptable, de la part de la Turquie. (…) C’est donc l’échec !, déplore le site guinéen. Même si les diplomates russes en particulier, dans le souci de masquer leur malaise, tentent de relativiser en promettant la poursuite des discussions, mais aussi en misant sur le sommet programmé dimanche en Allemagne. »

En attendant, l’heure est loin d’être à l’apaisement, remarque le site d’information algérien TSA : « le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a haussé le ton hier en menaçant le maréchal Khalifa Haftar de lui donner 'la leçon qu’il mérite', dans le cas où ce dernier poursuivrait son offensive contre le gouvernement d’union nationale soutenu par la Turquie. »

Empressement suspect ?

Décidément, remarque Aujourd’hui au Burkina, on se presse beaucoup au chevet de la Libye et cela est suspect : « la pléthore d’intervenants dans ce brûlot post-Kadhafi inhibe et hypothèque les chances d’aboutir à une paix durable, affirme Aujourd’hui. Or dans ce dossier, l’intrusion de la Turquie et de la Russie, qui abat au fur et à mesure ses cartes, n’est pas sans irriter les autres puissances, qui n’entendent pas qu’on vienne empiéter sur une plate-bande dont elles gardent jalousement la gestion. Autant dire que le sommet international de Berlin ce dimanche risque de brasser des moulinets. »

Le Pays, toujours à Ouagadougou, enchaîne : « tout ce ramdam diplomatique n’est finalement qu’un cynique bal des hypocrites, où les médiateurs cherchent prioritairement à se payer sur la bête, sans que le sort des pauvres populations libyennes ne les préoccupe outre mesure. Comme si après avoir tué Kadhafi, ils voulaient dépecer la Libye pour mieux en partager les ressources. A l’image d’un vol d’oiseaux rapaces fondant sur une charogne et jouant à qui se taillerait la part du lion. C’est pourquoi il est impératif que la Libye sorte le plus tôt possible de sa situation d’enlisement. »

Et Le Pays de s’interroger : « ne serait-il pas mieux que la communauté internationale se retire pour laisser les Libyens régler leurs problèmes entre eux ? À l’état actuel de la situation, ce serait peut-être un moindre mal si l’une des parties prenait de l’ascendant sur l’autre. Cela aurait le mérite de mettre fin à la guerre, quitte à aider ensuite la Libye à revenir progressivement à une vie constitutionnelle normale. »

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