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Reportage Afrique

Tunisie: à Gabès, la pollution empoisonne la vie des habitants

Audio 02:14
Vue de l'usine du GCT, Groupe chimique tunisien, de Gabès, à 400 km de Tunis.
Vue de l'usine du GCT, Groupe chimique tunisien, de Gabès, à 400 km de Tunis. AFP/STR

À Gabès, les habitants souffrent de la pollution qui gangrène leur ville avec la présence du Groupe chimique tunisien, principale industrie de la ville depuis 40 ans.

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Un bruit sourd et redondant, c’est celui qui s’échappe du Groupe chimique tunisien. Un groupe industriel qui transforme et valorise le phosphate dans la ville de Gabès, à 400 km de Tunis.

À Chott Salem, un quartier adjacent, Imed Ghouma, un pêcheur ne supporte plus l’odeur que l’usine dégage lors de ses purges. « C’est une odeur très piquante qui fait pleurer, on se frotte les yeux toute la nuit. Quand on commence à la sentir, je ne laisse rien ouvert, on doit fermer les fenêtres et boire de l’huile d’olive. L’huile permet de soulager un peu les voies aériennes ».

La fille d’Imed est atteinte d’une maladie respiratoire depuis sa naissance et ses deux fils adolescents ont de l’asthme. Mais à Gabès, il n’existe pas d’étude d’impact sur la santé des habitants. Pourtant Moncef Elarbi, un jeune médecin voit défiler tous les jours les mêmes maux. « Maintenant nous sommes dans le centre de santé de base de Ghannouch où il y a un taux élevé de pathologies et de maladies respiratoires soit d’origine allergique ou bien contagieuse ou bien héréditaire. »

► À écouter aussi : L'impact de la pollution de l’air sur la santé

Panique et suffocation

Lors des dégazages de l’usine ou du redémarrage de ses unités, les gaz orangés qui s’échappent dans le ciel créent des mouvements de panique et des suffocations dans les quartiers aux alentours. « Des petits enfants qui suffoquent, tu peux entendre des sifflements. Des patients avec des larmoiements aux yeux, des yeux rouges qui les picotent et même des troubles cutanés. Donc ce n’est pas seulement une souffrance respiratoire, cela peut gêner aussi d’autres systèmes du corps », constate le médecin.

Au-delà de la population, le secteur de la pêche et de l’agriculture sont aussi durement touchés. Kilani Ben Youssef, un agriculteur, subit souvent des pertes dans ses cultures. « Quand il pleut, l’oasis et mon potager est plus affecté par la pollution que via l’air et quand il y a du vent, c’est pire, j’ai au moins un hectare et demi qui peut être endommagé par les particules fines, déplore-t-il. Pour moi, la seule solution, c’est de fermer ce groupe chimique. D’ailleurs je l’appelle "Le monstre" et non pas le groupe chimique. »

Un monstre qui emploie plus de 4 000 personnes et qui est considéré comme l’une des industries les plus importantes pour l’économie du pays.

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