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Revue de presse Afrique

À la Une: crispation politique en Guinée

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Le président Alpha Condé et l'opposant Cellou Dalein Diallo après leur réunion, au palais présidentiel, le 2 avril 2018.
Le président Alpha Condé et l'opposant Cellou Dalein Diallo après leur réunion, au palais présidentiel, le 2 avril 2018. CELLOU BINANI / AFP

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C’est ce jeudi 16 janvier que démarre la campagne électorale en Guinée pour les élections législatives du 16 février prochain. Le décret a été lu à la télévision hier. Des élections auxquelles l’opposition ne participera pas.

En effet, rappelle Jeune Afrique, « l’Union des forces démocratiques de Guinée de Cellou Dalein Diallo et l’Union des forces républicaines de Sidya Touré, n’ont pas déposé leurs candidatures auprès de la Commission électorale indépendante, le 27 décembre dernier. Et pourtant, ces deux partis comptent le plus de députés – issus de l’opposition – sur les bancs de l’actuelle Assemblée nationale (37 pour l’UFDG et 10 pour l’UFR, sur un total de 114 députés). 'Nous ne pouvons pas participer à ce scrutin pour lequel le fichier électoral est taillé sur mesure pour l’exécutif', a argué Aliou Condé, secrétaire général de l’UFDG. »

Un argument repris hier par Faya Millimono, le leader du Bloc Libéral, cité par le site GuinéeNews : « la Guinée et les Guinéens ne se laisseront pas faire, affirme-t-il. Nous savons que nous n’avons pas de fichier électoral aujourd’hui. Il y a deux recours devant la Cour Constitutionnelle. »

Condé va-t-il se représenter ?

Dans une tribune publiée par Le Point Afrique, Cellou Dalein Diallo, l’ex-Premier ministre et chef de file de l'opposition guinéenne, tire à boulets rouges sur le processus que met en branle le président Alpha Condé : « Nous sommes déterminés, affirme-t-il, à faire barrage à la mascarade électorale qu’Alpha Condé prépare. Reportées à plusieurs reprises depuis 2018 par un président sorti affaibli des communales de février 2018, ces législatives ne sont organisées que pour une seule raison, estime Cellou Dalein Diallo : octroyer les 2/3 des sièges au parti présidentiel (RPG-arc-en-ciel) grâce à une fraude institutionnalisée, afin de légitimer à l’avance la victoire du oui au référendum sur la nouvelle Constitution, elle-même devant permettre à Alpha Condé de briguer un troisième mandat illégal, au terme de son second et dernier mandat. »

En effet, rappelle Le Monde Afrique, « l’opposition est convaincue que le chef de l’Etat, élu en 2010 et réélu en 2015, entend se représenter fin 2020 alors que la Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Elle a été confortée dans ses craintes en décembre quand Alpha Condé, 81 ans, a indiqué qu’il comptait soumettre aux Guinéens un projet de nouvelle Constitution, même s’il ne s’est pas exprimé sur ses intentions personnelles. »

Manifestations réprimées

Dans le même temps, les manifestations à l’appel du Front national pour la défense de la Constitution, collectif de partis, de syndicats et de membres de la société civile qui mène la protestation, ces manifestations ont été violemment réprimées lundi.

Exemple, pointe le site guinéen Aminata, à Ratoma, dans la banlieue de Conakry, où ont eu lieu « de graves exactions sur les populations. À Koloma, des agents de services de sécurité sont accusés d’avoir mis le feu à des commerces. À Cosa, Wanidara et Bailobaya, des éléments des forces de l’ordre se seraient introduits dans des concessions pour renverser des marmites sur le feu et des repas. Plusieurs arrestations arbitraires ont été signalées, des vieilles personnes molestées. À Wanidara, la compagnie mobile d’intervention et de sécurité numéro 6 aurait fait payer 500 mille francs guinéens à chaque personne arrêtée pour qu’elle recouvre sa liberté. L’image qui a le plus choquée, relève encore Aminira, est celle d’un enfant de moins de 10 ans dont la tête a été écrasée par des balles des forces de l’ordre, selon des voisins de la victime. Une version balayée d’un revers de main par le gouvernement. »

« Contre vents et marées… »

Au total, cette journée de mobilisation a fait deux morts, confirmés par les autorités, et de nombreux blessés et personnes arrêtées.

Le quotidien Le Pays au Burkina ne mâche pas ses mots : « Le pays de Sékou Touré est en train de tanguer à cause du président Alpha Condé qui, contre vents et marées, tient à rester au pouvoir. (…) Depuis que l’opposition a officialisé son refus de prendre part aux élections législatives du 16 février prochain, il s’est radicalisé. (…) C’est à croire que la boulimie de pouvoir lui a fait perdre la tête au point de dresser un bûcher contre son pays. Mais, s’exclame encore Le Pays, sait-il seulement qu’il risque lui-même de se brûler les ailes ? En tout cas, l’octogénaire obstiné joue avec le feu car tout laisse croire que le peuple guinéen, qui est vent debout contre son projet de troisième mandat, n’est pas prêt à courber l’échine. »

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