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Bonjour l'Europe

La plateforme Wikipédia à nouveau accessible en Turquie

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Logo de l'encyclopédie en ligne Wikipédia (capture d'écran).
Logo de l'encyclopédie en ligne Wikipédia (capture d'écran). wikipedia.org

En Turquie, cette semaine, les autorités ont enfin rétabli l’accès à l’encyclopédie en ligne Wikipédia. Depuis presque trois ans, l’intégralité du site était inaccessible aux internautes dans le pays – un cas quasi-inédit dans le monde, avec celui de la Chine-.

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de notre correspondante à Istanbul,

Ce blocage remontait à avril 2017, quand une décision administrative avait rendu inaccessible l’intégralité du site en raison de deux articles. Motif : ils accusaient le gouvernement turc de soutenir financièrement et militairement des organisations terroristes, notamment le groupe État islamique en Syrie.

Wikipédia s’était alors tourné vers la justice, mais aussi des citoyens turcs – puisqu’ils ont le droit de s’adresser directement à la Cour constitutionnelle – pour soutenir que ce blocage était une violation de la liberté d’expression. Et c’est exactement ce qu’a conclu cette Cour constitutionnelle le 26 décembre dernier, en estimant qu’une telle censure n’était « pas conforme à l’ordre d’une société démocratique ».

Welcome back Turkey !

Depuis mercredi soir, 15 janvier, les internautes ont donc de nouveau accès à Wikipédia et à ses plus de 50 millions d’articles.

La décision a été accueillie de diverses façons en Turquie. La plateforme elle-même s’est réjouie de son retour sur les écrans turcs. « Welcome back, Turkey ! » – « Bon retour parmi nous, Turquie! » – peut-on lire sur les réseaux sociaux de Wikipédia. Les responsables de la fondation Wikimédia ont reçu la nouvelle comme un « cadeau d’anniversaire » pour les 19 ans du site, célébrés le même jour que la fin du blocage.

Beaucoup d’internautes ont aussi accueilli la nouvelle avec une pointe d’ironie. Ironie de devoir se réjouir de la fin de près de trois ans de censure. Ironie, aussi, car durant cette période, une partie de ces internautes continuaient d’accéder à Wikipédia, notamment via des VPN, des réseaux privés virtuels, ou grâce à un subterfuge : en ajoutant simplement un zéro devant le « w » de Wikipédia dans la barre url.

Enfin, notamment chez les juristes qui défendent la liberté d’expression, domine le sentiment qu'il reste beaucoup à faire. Selon l’Association pour la liberté d’expression, au moins 245.000 sites sont inaccessibles dans le pays.

Une décision qui pourrait faire jurisprudence ?

La plupart des spécialistes estiment que la décision de la Cour constitutionnelle turque pourra certes être brandie par les avocats dans des cas similaires, mais qu’au final, chaque cas de blocage restera jugé de façon individuelle par les tribunaux – et par la Cour constitutionnelle, si elle est à nouveau saisie au sujet du blocage d’un site. 

En revanche, ce que les juristes saluent, c’est que la Haute cour a donné raison non seulement aux représentants de Wikipédia, mais aussi à des particuliers qui l’avaient saisie en faisant valoir que leur liberté d’expression avait été violée par le blocage total de l’encyclopédie participative. Cela constitue un précédent pour n’importe quel citoyen qui souhaiterait s’opposer en justice au blocage de n’importe quel site.

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