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Aujourd'hui l'économie, le portrait

Jean-Pierre Farandou, le nouveau patron de la SNCF

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Le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou en visite à la gare Montparnasse à Paris, le 4 décembre 2019.
Le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou en visite à la gare Montparnasse à Paris, le 4 décembre 2019. Thomas SAMSON / AFP

Peu connu du grand public, Jean Pierre Farandou l’est davantage au sein de son entreprise où il a fait pratiquement l’intégralité de sa carrière. Il a pris les commandes de l’entreprise le 1er novembre 2019 juste avant le mouvement social contre la réforme des retraites. 

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Né à Bordeaux, d’un père agent des douanes et d’une mère institutrice, Jean-Pierre Farandou, âgé de 62 ans, est diplômé de l’Ecole des Mines.  Jeune ingénieur en 1981, le chemin de fer s'impose comme un secteur d'avenir, d'autant que c'est l'année de l'inauguration du premier TGV Paris-Lyon.

 

Après un premier poste dans une compagnie minière aux Etats-Unis, Jean Pierre Farendou  entre à la Sncf. « Homme du sérail  qui parle cheminot » comme il se plait à le dire, il fera le reste de sa  carrière à la SNCF. Il est tour à tour chef de projet du TGV Paris-Lille, fondateur de Thalys international, directeur aux Ressources humaines, directeur de la SNCF région Rhône-Alpes, puis directeur de la branche SNCF-Proximité qui gère les TER et les intercités d’île de France. En 2012 il prend la direction de Keolis, la filiale bus et tramways de la SNCF. Il se distingue particulièrement à ce poste avec d’excellents résultats. En 2018, Il réalise un bénéfice de 6 milliards d’euros, soit 18% de l’ensemble du groupe SNCF.

 

« Je parle cheminot première langue », raconte en s’amusant Jean-Pierre Farandou, façon de dire qu’il est l’homme de la situation.  Pourtant Jean-Pierre Farandou n’était pas le candidat idéal d’Emmanuel Macron. Le président de la République lui aurait préféré un dirigeant plus jeune qui puisse faire deux mandats et extérieur au ferroviaire. Mais difficile d’attirer un postulant quand on sait que la rémunération du patron de la SNCF est limitée à 450 000 euros brut par an, correspondant au plafond dans les entreprises publiques, très en dessous des émoluments du privé.  Finalement, la balance a penché en faveur de celui qui se dit attaché au service public car  ça lui « parle et c’est un élément de fierté du corps cheminot ». Jean-Pierre Farandou  est nommé fin octobre et prend ses fonctions le 1er novembre 2019.

 

Un climat social tendu

 

Jean-Pierre Farandou, qui connaît bien la maison, arrive dans un climat social très tendu. Il n'a pas eu le temps de se faire connaître auprès des 142 000 cheminots qu'il va diriger, car nombre d'entre eux sont actuellement en grève contre la réforme des retraites. Un rendez-vous raté pour Didier Mathis, secrétaire général de l’UNSA ferroviaire qui regrette que le nouveau patron de la SNCF soit arrivé juste avant le début du conflit : « on avait commencé à nouer le contact mais ça été interrompu rapidement avec l'entrée dans le conflit. Il a l'air d'être en rupture par rapport à son prédécesseur, il est plutôt facile d'approche et de contact. Il a quand même fait des tournées dans différents sites avant la grève, c'est quelqu'un qui est ouvert au dialogue qui est un pragmatique », nous explique t-il.

 

Si sa double casquette semble être un gage d’ouverture pour ce syndicaliste, c’est moins évident pour la base. Cédric, cheminot à la gare Saint-Lazare de Paris, se dit méfiant : « Même sans le connaître, l'image qu'on a de Farandou, il nous l'a donnée lui-même. La première chose qu'il a faite avant de prendre son poste, c'était de nous dire, par mail professionnel, qu'avec son arrivée on aura droit à des restructurations comme l'entreprise n'en a jamais connues. Il a des ordres du gouvernement et il va les suivre ».

 

Malgré une bonne connaissance du terrain, Jean-Pierre Farandou a fait une première erreur en décembre dernier, quelques jours avant les fêtes de Noël. Alors que les trains étaient bloqués, il a demandé aux cheminots « qui sont dans le mouvement de réfléchir à faire une pause pendant les fêtes » Son intervention a suscité de fortes critiques voir de la colère chez certains salariés. Pour Alexandre Gomer-Romio, cheminot en charge des équipements, c’est plus qu’une maladresse. « Invectiver les cheminots à ne pas faire grève c'est mauvais signe. Ça dit que c'est un président qui n'est pas là pour le bien de la SNCF, mais  pour des biens qui sont autres, peut-être ceux du gouvernement, il continue dans ce qui a été amorcé par le précédent président ».

 

A la tête d’un groupe réalisant 33 milliards d’euros de chiffre d’affaires et employant 270 000 salariés, Jean-Pierre Farandou s’apprête à affronter des mois chargés. De nombreux défis l'attendent. Jean-Pierre Farandou doit gérer l'ouverture du rail à la concurrence, remonter le frêt ferroviaire endetté de 5 milliards d'euros, apaiser le climat social, administrer la fin du statut des cheminots, le tout dans un contexte contraint. Après 44 jours de grève à la SNCF, son PDG a annoncé près d'un milliard d'euros de pertes et un plan d'économie pour rétablir les comptes.

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