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Le monde en questions

Une nouvelle donne politique en Russie?

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Les annonces du président russe sont motivées par une détermination forte à préparer l’avenir.
Les annonces du président russe sont motivées par une détermination forte à préparer l’avenir. Sputnik/Mikhail Klimentyev/Kremlin

Retour sur les annonces de Vladimir Poutine cette semaine lors de son discours annuel devant les deux chambres du Parlement. Des annonces suivies de la démission du Premier ministre Dmitri Medvedev, auquel succède un haut-fonctionnaire peu connu, Mikhaïl Michoustine. Quelles peuvent être les motivations de Vladimir Poutine ?

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On peut dire que ces annonces du président russe sont motivées par une détermination forte à préparer l’avenir. Vladimir Poutine pense à la suite, pour son pays… et pour lui-même. Il a d’abord annoncé, lors de son discours annuel aux deux chambres du Parlement, de vrais changements constitutionnels, qui devraient être soumis à référendum. Des changements qui ont un objectif essentiel : celui de rééquilibrer l’influence entre eux des différents centres de pouvoirs du système politique – président, Premier ministre, Parlement, instances fédérales notamment.

Avec du coup un certain recul des pouvoirs du président : il ne pourrait pas accomplir plus de deux mandats au total, consécutifs ou pas. Mais attention, a prévenu Poutine : le régime politique en Russie reste présidentiel. Le président conserve notamment le pouvoir de nomination des dirigeants des instances sécuritaires et militaires du pays. Mais, à l’avenir, le Premier ministre sera désigné par le Parlement et non plus par le président. Par ailleurs, des pouvoirs élargis sont accordés aux gouverneurs fédéraux. Il faut enfin signaler le renforcement du Conseil d’État, un organisme quasi méconnu aujourd’hui, qui deviendrait une forme d’instance de contrôle de l’exécutif.

La démission de Medvedev, un Premier ministre de moins en moins populaire

Ces annonces ont été suivies presque immédiatement par l’annonce de la démission du Premier ministre Dmitri Medvedev et de son gouvernement… Le fidèle allié de Poutine est sacrifié en quelque sorte sur l’autel du renouveau souhaité par le président. Medvedev était en poste depuis 2012, mais, depuis la récession de 2015 – 2016, il devenait de plus en plus impopulaire. La chute du prix du pétrole, les sanctions européennes décidées après l’annexion par Moscou de la Crimée ont eu un effet délétère sur l’économie du pays.

Pour les quatre ans à venir, Vladimir Poutine voulait du sang neuf – mais sans désavouer pour autant le fidèle Medvedev qui hérite du poste de numéro deux du Conseil National de Sécurité – un poste spécialement créé pour lui. Du coup c’est un quasi-inconnu venu qui vient d’être adoubé par Poutine et la Douma : Mikhaïl Michoustine, un fonctionnaire discret de 53 ans, à la tête depuis 2010 des services fiscaux, qu’il a réformés et modernisés avec efficacité. Réforme, modernisation, c’est désormais à l’économie russe qu’il devra apporter ses qualités.

Que recherche vraiment Vladimir Poutine avec ces annonces ?

On peut parler d’une stratégie en deux temps : jusqu’à la fin de son mandat en 2024, effectuer une transition politique et tenter de répondre au mécontentement social – d’où les changements au sein du gouvernement.

Et puis pour l’après 2024, ce ravalement institutionnel pour stabiliser, équilibrer les différents centres de pouvoir. Et lui dans tout ça ? Envisage-t-il en 2024 de devenir Premier ministre ou président du Conseil d’État renforcé ? Tout est possible, une chose est sûre : il ne quittera pas ses fonctions pour disparaître, il fera tout pour rester, d’une manière ou d’une autre, au cœur du pouvoir russe.

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