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Chronique des médias

France: les réseaux sociaux et le problème du maintien de l’ordre

Audio 02:27
Des policiers anti-émeutes déployés lors d'une manifestation, un an après le début du mouvement des «gilets jaunes», à Paris le 16 novembre 2019.
Des policiers anti-émeutes déployés lors d'une manifestation, un an après le début du mouvement des «gilets jaunes», à Paris le 16 novembre 2019. REUTERS/Charles Platiau

L’image de la police se détériore à la suite de plusieurs dérives ou bavures dont rendent compte les réseaux sociaux en France.

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C’est désormais une évidence : il y a un problème de maintien de l’ordre en France. Sur Arrêt sur images, un ancien haut fonctionnaire, Laurent Bigot, parle même de « maintien du désordre » en raison du niveau de violences qui s’exercent à l’encontre des manifestants. Il y a d’abord eu plus d’une année de « gilets jaunes », qui s'est traduite par 2 248 blessés, 25 éborgnés et cinq mains arrachées, comme a pu le recenser le journaliste indépendant David Dufresne. Pendant longtemps, on le sait, de nombreux médias ont tardé à prendre la mesure de cette répression, tout obnubilés qu’ils étaient par les casseurs, les black blocs, l’Arc de triomphe et les boutiques du triangle d’or saccagés. Et puis, ce furent les manifestations contre la réforme des retraites qui ont entraîné leur lot de violences, y compris vis-à-vis de photojournalistes comme Mustafa Yalcin, touché par une grenade de désencerclement.

Lors de ses vœux à la presse, mercredi, Emmanuel Macron a dit qu’il agirait contre ces dérives alors que le président de l’Association de la presse présidentielle mettait en cause des forces de l’ordre qui empêchent les journalistes de travailler ou les prennent à partie. Mais le chef de l’État a aussi livré le fond de sa pensée sur les vidéastes qui suivent les manifs. « Si chacun dans la rue peut faire du journalisme avec son téléphone portable sans qu’on puisse savoir qui, comment et à quel moment... alors il n’y aura plus de journalistes », a-t-il expliqué. Or, n’est-ce pas parce qu’il y a des cameramen citoyens que l’on sait aujourd’hui tout ou à peu près tout ce que l’on ne voyait que partiellement, avant, à travers les médias ?

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Le fait est, en tout cas, que cela modifie très sensiblement l’image de police. Par une sorte d’effet de loupe qui prospère dans une bulle d’opinions sur les réseaux sociaux, les sensibilisés à ces questions trouvent matière à être encore plus sensibilisés. Et les manifestants encore plus matière à se filmer. Mais ce qui est nouveau, c’est que les grands médias reprennent de plus en plus les images, quand bien même elles viennent de ces simili-journalistes, comme les appelle Macron.

Et ce, d’autant que les bavures policières sont accompagnées de vidéos citoyennes vues plusieurs millions de fois. Que ce soit pour un croc-en-jambe à une manifestante ou, beaucoup plus grave, l’interpellation d’un livreur qui a tourné au drame avec une rupture du larynx consécutive à un plaquage policier. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a lui-même dû en appeler à un « usage proportionné et maîtrisé de la force ». Seulement, qui maîtrise la police ?

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