Accéder au contenu principal
Nouvelles technologies

Xénorobot, le micro robot OGM

Audio 01:58
La grenouille Xenopus laevis.
La grenouille Xenopus laevis. Getty Images/Holly Mahaffey

Des scientifiques américains ont créé de minuscules « robots vivants » à partir de cellules de grenouilles, capables d’effectuer des tâches programmables. Mais ces recherches en partie financées par une agence du département de la Défense américaine inquiètent la communauté scientifique, redoutant l’usage militaire éventuel de ces organismes bio-robotisés.

Publicité

N’en déplaise aux princesses du monde entier, embrasser un crapaud ne le métamorphosera jamais en prince charmant ! Du moins, pas exactement comme le suggèrent les contes de fées ! Nous démontrent aujourd’hui les chercheurs américains des universités du Vermont et de Tufts, aux États-Unis.

En manipulant les génomes de cellules souches de la grenouille Xenopus laevis, originaire d’Afrique subsaharienne, les scientifiques sont parvenus à créer des microorganismes robotisés 100 % biologiques. Les xénorobots, comme leur nom l’indique, « ne sont ni des robots traditionnels, ni une nouvelle espèce animale, juste un assemblage de cellules, dont l’ADN a été transformé » précisent les chercheurs.

Programmation du vivant

Pour créer ces « machines vivantes », des informaticiens ont d’abord programmé le superordinateur Deep Green de l’université du Vermont en utilisant un logiciel qualifié « d’évolutionniste », afin de modéliser les milliers de combinaisons génomiques viables d’une cellule souche. Ils n’ont retenu que celles qui étaient capables d’effectuer certaines tâches bien déterminées. Des schémas qui ont permis aux micro-chirurgiens de Tufts de « sculpter » et « réassembler » à l’aide de minuscules pinces et d’électrodes, les structures et les ADN des cellules de peau et de muscle cardiaque, prélevées sur les embryons de la grenouille africaine.

Les premières observations ont été conformes aux prévisions des modèles numériques, les organismes robotisés se mouvaient de façon autonome dans un environnement aquatique et pouvaient même « cicatriser » en cas de choc. Mais à la surprise des chercheurs, qui n’avaient pas du tout programmé ce type d’instruction, les xénorobots s’agrégeaient aussi spontanément ensemble pour entourer des corpuscules qui gênaient leurs déambulations.

Les inquiétudes des scientifiques

Les scientifiques prévoient de nombreuses applications pour leurs « machines vivantes » : détecter des matériaux dangereux, nettoyer les océans de ces micro-plastiques, ou encore, s’ils sont munis d’une poche, de transporter des médicaments dans le corps humain.

Toutefois, ces expériences de programmation du vivant qui ont été financées par la Darpa, l’agence de recherche du département américain de la Défense, doivent-elles nous inquiéter ? C’est sans danger ! Certifient les scientifiques, affirmant que pour éviter toute « conséquence importune », leurs robots biologiques sont incapables de se reproduire naturellement. Ouf ! Nous voilà presque rassurés...

Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologie@rfi.fr

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.