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Chronique des matières premières

Le Cambodge entre sur le marché mondial de la noix de cajou

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L'anacardier, l'arbre de noix de cajou, avec des pommes de noix de cajou non mûres.
L'anacardier, l'arbre de noix de cajou, avec des pommes de noix de cajou non mûres. Dr. Raju Kasambe/CC/Wikimedia Commons

C'est un nouveau venu sur le marché mondial de la noix de cajou : le Cambodge devient un fournisseur de noix brutes pour le Vietnam, qui encourage l'essor de la production d'anacarde chez son voisin. L'Afrique de l'Ouest doit-elle s'en inquiéter ?

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Le Cambodge commence à s'imposer sur le marché mondial de la noix de cajou. Alors qu'il ne produisait quasiment rien il y a dix ans, le pays des Khmers est parvenu à 200 000 tonnes de noix brutes l'an dernier, selon les chiffres du ministre cambodgien de l'agriculture, rapportés par Commodafrica. Soit deux fois plus en un an.

Approvisionnement de proximité pour le Vietnam...

À l'origine de cet essor de l'anacarde au Cambodge : le pays voisin, le Vietnam, le premier producteur mondial de noix de cajou décortiquée. Mais le Vietnam ne peut plus étendre ses plantations d'anacardiers et les Africains, notamment la Côte d'Ivoire, développent leur propre industrie de décorticage. Pour faire tourner les usines vietnamiennes de transformation, les autorités de Hanoï ont donc encouragé le développement de la production de l'autre côté de la frontière, au Cambodge, en fournissant les variétés et le conseil technique. « Pour le Vietnam, c'est un approvisionnement sûr et de proximité, il y a peu de coûts de transport, peu de stockage et donc la qualité est préservée par rapport aux noix brutes importées d'Afrique, commente un analyste de N'Kalo, joint par RFI. Les Vietnamiens paient la noix brute du Cambodge un bon prix, jusqu'à 1 euro 50 le kilo contre 50 centimes à 1 euro la noix brute africaine, d'où l'engouement très fort des petits producteurs cambodgiens ». Un phénomène que les Vietnamiens sont en train de reproduire au Laos et en Birmanie.

Face à l'essor de la transformation en Afrique

L'Afrique de l'Ouest doit-elle s'inquiéter de cette nouvelle concurrence ? Il n'y a pas péril en la demeure. L'Afrique fournit 45 % des noix de cajou transformées en Asie (Inde et Vietnam) et la Côte d'Ivoire est depuis deux ans le premier producteur de noix brute au monde, avec officiellement 700 000 tonnes en 2019 (900 000 tonnes si l'on inclut ce qui part en contrebande au Ghana). Le Cambodge avec ses 200 000 tonnes est encore un tout petit acteur. Mais un  fournisseur d'appoint important pour le Vietnam puisque l'Afrique développe de plus en plus la transformation locale. La Côte d'Ivoire décortique désormais 65 000 tonnes de noix brutes. Augmenter la transformation chez elle est finalement la meilleure assurance face à la concurrence des nouveaux producteurs asiatiques.

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