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Revue de presse Afrique

À la Une: l’Afrique veut faire entendre sa voix sur la Libye

Audio 03:56
Conférence sur la paix en Libye à Berlin, le 19 janvier 2020.
Conférence sur la paix en Libye à Berlin, le 19 janvier 2020. Bundesregierung/Guido Bergmann/Handout via REUTERS

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Constat établi par Le Point Afrique : « C’est peu de dire que l’Afrique a été et est toujours traumatisée par la situation qu’a engendrée la mauvaise gestion de l’après Kadhafi par les puissances intervenues en 2011. Aux yeux du continent, le chaos que vit le Sahel et la capacité de nuisance accrue des groupes terroristes jihadistes en sont les conséquences directes. Et les pays africains sont d’autant plus amers qu’ils n’avaient pas fait mystère de leur opposition, déjà, à l’intervention étrangère en Libye. »

Et Le Point Afrique de préciser qu’« après avoir été longtemps ignoré, le comité de haut niveau de l’Union africaine (UA) sur la Libye, présidé par Denis Sassou-Nguesso, s’est activé ces dernières semaines. (…) Toutefois, le "dossier reste entre les mains des Nations unies. L’ONU ne voit pas forcément l’UA comme une voix décisive", affirme Claudia Gazzini, du groupe de réflexion International Crisis Group. Une source nigérienne explique que l’UA est "divisée", soulignant que par exemple "l’Égypte ne veut pas que l’UA se charge de ce dossier". »

Autre acteur africain important : l’Algérie. Hier, à l’occasion du sommet sur la Libye qui s’est tenu à Berlin, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, « a déclaré que son pays était prêt à accueillir le dialogue inter-libyen », rapporte le site d’information TSA. Le président algérien qui a aussi affirmé que « la région avait besoin d’une stabilité fondée sur la sécurité commune » et qui a réitéré « l’attachement de l’Algérie au maintien de la région loin des ingérences étrangères ».

Petit pas

Alors ce sommet de Berlin hier « s’est conclu par l’adoption d’une déclaration commune entrouvrant un léger espoir d’apaisement », pointe Le Monde Afrique.

« Le document appelle à un "cessez-le-feu permanent" en Libye, à "s’abstenir de toute ingérence dans le conflit armé" et à relancer le "processus politique" brisé par l’attaque de Tripoli en avril dernier par le maréchal dissident Khalifa Haftar. Le soulagement d’Angela Merkel, maîtresse des cérémonies, et d’Antiono Guterres, le secrétaire général de l’ONU, sous les auspices desquels la réunion s’est tenue, était perceptible lors de la conférence de presse finale tenue à la chancellerie, relève encore Le Monde Afrique. "Un petit pas en avant", s’est félicitée la dirigeante allemande. »

À lire aussi : Libye: un accord international pour aller vers la paix mais des doutes demeurent

Bruits de bottes
Tout cela pour dire que rien n’est encore réglé, loin de là...

En effet, remarque Le Pays au Burkina, « tous les acteurs de la crise sont des va-t-en-guerre. De ce fait, ils croient beaucoup plus à la solution militaire qu’à la solution politique. C’est cette posture qui a conduit les deux camps rivaux, à quelques heures de la rencontre de Berlin, à se livrer à une course contre la montre pour modifier les rapports de forces à leur avantage. Ainsi, précise Le Pays, 3 660 mercenaires syriens sont déjà en Libye pour soutenir Fayez el-Sarraj, le chef du gouvernement basé à Tripoli. À cela, il faut ajouter que des munitions et des véhicules blindés turcs ont été livrés le week-end dernier. Dans cette dynamique de démonstration de force, les Turcs ont également procédé, peu avant la tenue de la conférence, à l’installation d’armements impressionnants de défense anti-aérienne à l’aéroport de Matiga à Tripoli. De son côté, l’homme fort de l’Est, Khalifa Haftar, refuse de faire reculer ses troupes installées aux portes de Tripoli. Et ce n’est pas tout, poursuit le quotidien burkinabé, les forces fidèles au maréchal viennent d’occuper des terminaux pétroliers dans l’Est du pays. De part et d’autre donc, l’heure n’est pas à l’apaisement. Loin s’en faut. Elle est plutôt aux bruits de bottes. »

Optimisme mesuré…

En effet, renchérit L’Observateur Paalga, « el-Sarraj et Haftar sont allés négocier à Berlin le couteau entre les dents. Il faut donc être d’un optimisme mesuré, estime le quotidien burkinabé, quant aux suites de cette énième conférence sur la crise libyenne d’autant plus que les alliés extérieurs des deux camps rivaux, notamment la Turquie et le Qatar d’un côté, et la Russie et les Émirats arabes unis de l’autre, ne sont pas prêts à passer par pertes et profits leurs intérêts économiques ou géostratégiques. »

À écouter aussi : [Vos réactions] Libye : vers une issue au conflit ?

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