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Revue de presse Afrique

À la Une: l’empire Dos Santos se fissure

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L'homme d'affaires et collectionneur d'art congolais Sindika Dokolo aux côtés de son épouse, Isabel dos Santos, fille du président angolais.
L'homme d'affaires et collectionneur d'art congolais Sindika Dokolo aux côtés de son épouse, Isabel dos Santos, fille du président angolais. AFP/Publico/Fernando Veludo

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Grâce au travail minutieux de l’ICIJ, le Consortium international des journalistes d’investigation, dont RFI est partenaire, « 715 000 fichiers confidentiels » ont été publiés hier, s’exclame le quotidien Aujourd’hui au Burkina, « mettant en exergue 450 sociétés éparpillées dans 41 pays, toutes appartenant à la fratrie Dos Santos, tout particulièrement à Isabel et à son époux Sindika Dokolo. [...] Entrelacs de joint-ventures, sociétés écrans, transfert de gros sous, bref une ingénierie financière savamment huilée, qui impliquait avocats, banquiers et une foultitude d’intermédiaires. »

Et Aujourd’hui de poursuivre : « Bravo aux journalistes de l’ICIJ ! On ne peut aussi qu’applaudir le travail des autorités angolaises pour faire rendre gorge à une famille qui avait pris entre les mains tous les pans de l’économie du pays. »

Grandeur et décadence

En effet, « il y a à peine quatre ans, rappelle Ledjely en Guinée, le duo Isabel dos Santos - Sindika Dokolo trônait sur le toit du monde. À l’époque, Isabel dos Santos, la femme la plus riche d’Afrique, à la tête d’une fortune de plus de 3 milliards de dollars alors qu’elle n’a pas encore 45 ans, ne s’imagine pas que le déclin de son empire est proche. Le coup de semonce arrive pourtant plus tôt que prévu en septembre 2017, avec l’élection de Joao Lourenço, le successeur d’Edouardo dos Santos qui aura régné sur l’Angola, près de 40 ans durant. [...] Héritant d’un Angola moins faste qu’il ne l’avait été quelques années plus tôt, Lourenço ne peut pas faire dans le sentimentalisme, pointe Ledjely. Obligé de séduire les partenaires occidentaux, le nouveau président fait le ménage. Et c’est le clan dos Santos qui en fait les frais. En effet, dès mars 2018, José Filomeno dos Santos, l’un des fils de l’ex-président et surtout patron du Fonds souverain angolais, est inculpé pour détournement et placé en prison. Sa demi-sœur Isabel, elle, est d’abord lestée de ses responsabilités à la Sonangol, la société nationale de pétrole, puis accusée d’avoir détourné pas moins d’un milliard de dollars. Jusqu’ici, rappelle encore Ledjely, certains avaient tendance à voir dans le démantèlement du clan dos Santos, une forme de règlement de comptes ou à tout le moins, une "chasse aux sorcières". Mais avec les preuves dont les médias du Consortium international des journalistes d’investigation ont pu disposer et disséquer, cette thèse, que les dos Santos continuent pourtant à mettre en avant, est battue en brèche. »

Leçon à tous les « fils de… »

Désormais, relève Le Pays à Ouagadougou, Isabel dos Santos a le dos au mur… « Quoi qu’elle fasse, elle ne peut convaincre les Angolais que sa fortune, estimée aujourd’hui à 2,2 milliards de dollars par le magazine Forbes, vient de la sueur de son front. L’ex-patronne de la société pétrolière Sonangol, qui rêve d’un destin national, voit ainsi son image ternie. Et cela doit servir de leçon à tous les dirigeants qui pensent que le pouvoir d’Etat est une affaire de famille. C’est dire, s’exclame Le Pays, si tous les filles et fils à papa, comme Denis Christel Sassou Nguesso, N’Guéma Fils et autres, doivent sans cesse s’inscrire dans la logique de la gouvernance vertueuse au risque de se voir rattrapés par leur passé lorsque leurs pères ne seront plus au pouvoir. »

Plus dure sera la chute

Et Isabel dos Santos devra rendre des comptes, relève Le Point Afrique : « Accusée de corruption active et de détournements de fonds publics, elle est plus que jamais dans la ligne de mire de la justice angolaise. "Nous utiliserons tous les moyens possibles et nous activerons tous les mécanismes internationaux pour la ramener dans le pays", a récemment déclaré le procureur général Helder Pitra Gros. "Mes services ont demandé le soutien international du Portugal, de Dubaï et d’autres pays", a-t-il poursuivi. » Le Portugal et Dubaï, les deux pays où Isabel dos Santos partage son temps.

Ce mardi, d’autres révélations sont publiées par l’ICIJ qui portent cette fois sur Sindika Dokolo. L’époux de la femme la plus riche d’Afrique apparaît comme le dirigeant d’une myriade de sociétés offshore soupçonnées d’avoir bénéficié de fonds publics. Elle et son époux risquent désormais de lourdes peines de prison en Angola.

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