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Revue de presse française

À la Une: le paradoxe français

Audio 06:23
Le cortège syndical de la CGT à Marseille contre la réforme des retraites, le 10 décembre 2019.
Le cortège syndical de la CGT à Marseille contre la réforme des retraites, le 10 décembre 2019. AFP/Christophe Simon

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C’est une déclinaison du fameux « en même temps » : il y a la France des revendications, des blocages et des grèves et il y a la France qui affiche une bonne santé économique et qui attire les investisseurs…

En effet, constate La Voix du Nord, « pendant qu’une quinzaine de militants CGT de l’énergie s’introduisaient hier dans les locaux "des collabos de la CFDT", pour couper le courant, 200 patrons de groupes mondiaux se réunissaient autour d’Emmanuel Macron. Pendant que les "révolutionnaires" de la CGT réglaient leurs comptes aux "sociaux-traîtres" de la CFDT, de grandes entreprises étrangères annonçaient des milliards d’investissements au pays des Gilets jaunes. La France est attractive, pointe encore La Voix du Nord. En 2018, elle suscita plus d’investissements étrangers sur son sol que l’Allemagne. Et en 2019, plus qu’en 2018. Nous profitons du trouble créé en Grande-Bretagne par le Brexit, de la difficulté des Allemands à recruter, mais aussi de la politique de l’offre choisie sous les quinquennats précédents, et renforcée par Macron. »

La France affiche un double visage, renchérit Le Journal de la Haute Marne : « La France va mal. C’est sans doute l’idée la plus répandue par les temps qui courent. En tout cas au café du coin mais aussi, avouons-le tout de même, au sein d’une frange plus large de la population, sans doute à juste titre. Les événements des derniers mois ne vont d’ailleurs pas démentir ceux qui craignent pour leur avenir. L’avenir, tout court. »

Mais on peut dire aussi, poursuit le quotidien champenois que « la France va bien ! Tout le contraire. Et ça, pour le coup, c’est ancré dans au moins une tête : celle du président de la République. Modérons, toutefois, sa pensée : tout n’est pas rose, mais la France a des atouts, qu’il faut savoir vendre au reste de la planète. »

La France qui plait…

« Pourquoi la France attire-t-elle les investisseurs ? », s’interroge Libération. « Par quel sortilège ? En vertu de quel tour de magie ? Parce que, répond le journal, les salariés français sont parmi les plus productifs en Europe. Parce que les horribles "prélèvements obligatoires" financent des services publics qui rendent la vie plus commode, moins inquiétante, parce que les "fonctionnaires paresseux" font marcher une administration honnête et dévouée, [...] parce que "le vieux pays", constellé de trésors architecturaux, de villes historiques, de musées, de salles de théâtre ou de cinéma, [...] connecté à une longue histoire et à une culture profuse, plaît - eh oui ! - aux jeunes cadres glamour du capitalisme mondialisé. Apparemment, ces racines-là leur donnent des ailes. Ce qui range au musée des années 80, affirme Libération, la lamentation sempiternelle sur les "blocages français", les rigidités "anachroniques", le déclin économique, le provincialisme gaulois, etc. Plutôt que de jouer les pleureuses, conclut Libération, le Medef ferait bien d’en tirer quelques conséquences, et la macronie en marche vers l’alignement sur la norme libérale de se rendre compte qu’elle gouverne un pays dont l’identité sociale et politique n’est pas forcément, aux yeux de leurs mentors internationaux, un enfer pour l’entreprise. »

Enfin L’Humanité fait entendre sa différence : « on entend dire que, malgré les gilets jaunes et les grèves, l’attractivité de la France ne serait pas atteinte et aurait même progressé. Mais la vérité, affirme le quotidien communiste, c’est que la crise des gilets jaunes, les grèves contre la réforme du Code du travail, celles de la SNCF l’an passé, celle d’aujourd’hui, sans précédent, sur les retraites sont les corollaires de ce qu’on appelle l’attractivité de la France. C’est au prix, estime L’Humanité, de la destruction du modèle social qui est le nôtre, d’une pression permanente sur les salaires et la productivité avec la complicité du Medef, de la mise en cause des services publics, que la France est +bankable+ aux yeux de la finance mondiale. »

Trump : la procédure d’impeachment devant le Sénat

À la Une également, le procès contre Donald Trump qui s’ouvre ce mardi au Sénat américain…

« Un événement peu commun, s’exclame Le Figaro. Le président a été empêché par la Chambre le 18 décembre dernier. La majorité des représentants l’a accusé officiellement d’abus de pouvoir et d’obstruction au Congrès dans l’affaire de l’"Ukrainegate", où Trump a fait pression sur l’Ukraine pour favo­riser sa propre réélection. C’est à présent au Sénat de se prononcer sur sa culpabilité. »

Toutefois, il n’a rien à craindre, pointe Le Figaro : « le président Trump, républicain, est jugé par un Sénat à majorité républicaine, et n’a donc quasiment aucun risque de se voir condamner. »

En fait, analyse Le Figaro, l’affaire est plus politique que judiciaire… « Moins qu’un fait particulier, c’est toute la présidence Trump - et sa personne même - que jugent et condamnent les démocrates : les tweets, les mensonges, les conflits d’intérêts, la remise en cause méthodique des conventions et des précédents, ce qu’ils voient comme "un abaissement de la fonction" et la sape de l’État de droit. Pas toujours enchantés du style, les républicains, eux, poursuit Le Figaro, se consolent avec les résultats : le succès durable de l’économie, la dérégulation radicale au bénéfice des entreprises, les baisses d’impôts, une action décisive, voire brutale, contre l’immigration, la protection agressive des libertés religieuses, les nominations massives de juges conservateurs. Ce procès en destitution ne changera l’opinion de personne, conclut Le Figaro. Il ne garantit ni l’affaiblissement électoral de celui dont les travers sont déjà connus ni la réélection d’un président "victime". Tout au plus confirmera-t-il le caractère insubmersible d’un homme qui sème le vent, tant il aime la tempête. »

Poussée de l’antisémitisme en France

Enfin, « l’angoisse des juifs de France » : c’est la Une du Parisien.

Le Parisien qui publie une étude conduite l’institut Ifop pour la Fondation pour l’innovation politique et l’American Jewish Committee, étude selon laquelle « un tiers (34 %) des Français de confession ou de culture juive déclarent se sentir régulièrement menacés, en raison de leur appartenance religieuse. À titre de comparaison, ils ne sont que 8 % dans la population française en général. [...] "La société française est devant une poussée de l’antisémitisme", alerte Dominique Reynié, directeur de la Fondapol. Les faits sont là, poursuit Le Parisien, avec 541 actes recensés en 2018, contre 311 en 2017, soit un bond de 74 %. [...] L’élément le plus inquiétant du baromètre ? Les plus jeunes sont les plus concernés : 43 % des Français juifs de moins de 35 ans avouent se sentir menacés dans leur vie quotidienne. »

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