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Italie/Musée d’art contemporain de Rome

Le Macro, une centrale de créativité pour Rome

Inauguré en 2002, le Macro est situé dans le quartier Nomentano du Municipio III, dans la partie nord de Rome.
Inauguré en 2002, le Macro est situé dans le quartier Nomentano du Municipio III, dans la partie nord de Rome. Licence Creative Commons Paternité/Lplt

Le Musée d’art contemporain de Rome (Macro) s’est agrandi et transformé. Depuis début décembre, la nouvelle aile colorée double la surface du musée à 22 000 m2. C’est l’architecte française Odile Decq qui a métamorphosé une ancienne brasserie et imaginé un dialogue original entre architecture et art. Luca Massimo Barbero, le directeur du Macro, a enregistré, depuis sa nomination il y a deux ans, une forte augmentation de la fréquentation du musée et le mécénat culturel s’est multiplié. Entretien.

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Un nouvel espace habité par les œuvres

RFI : Quel était le projet initial?

Luca Massimo Barbero : L’idée était d'aménager le Macro, qui existait déjà, et qui se prolonge maintenant dans deux lieux très différents de la ville. L’un se trouve Via Nizza, et l’autre c’est le Macro Testaccio, installé dans le complexe d’un ancien abattoir construit au 19e siècle. Ici, Via Nizza, avec la nouvelle œuvre d'Odile Decq, c’est l’art contemporain, mais aussi de l’architecture. L’autre part, c’est l’architecture romaine du XIX siècle. On travaille dans des endroits où l’artiste doit vraiment se confronter avec des existences. Je trouve cela très intéressant parce qu’on n’est pas un « white box », on n’est pas un cube blanc, mais on est vraiment dans l’histoire de Rome.

 
RFI : Le projet a commencé il y a dix ans. Aujourd’hui, Rome a son musée d’arts contemporains.

La terrasse dans le rendu du projet d'Odile Decq
La terrasse dans le rendu du projet d'Odile Decq Macro Roma Museum

L. M. B. : C’est vraiment un projet italien. Odile Decq a commencé à travailler physiquement avec l’équipe en l’an 2000. Aujourd’hui, pour nous c’est une fête, parce qu’on ouvre au public. L’architecture est très importante, très belle, il faut la voir, se promener. Finalement, on n’est plus des promeneurs solitaires, l’architecture est vivante avec le public.

RFI : La ville de Rome, a-t-elle des difficultés à associer le passé, le grand héritage culturel avec l’art contemporain ?

L. M. B. : Quand je suis arrivé à Rome, l’idée c’était : on est trop habité mentalement et conceptuellement de l’antiquité. Je trouve que c’est vrai. Mais, j’ai trouvé une curiosité et une vitalité parmi les jeunes, que je n’entendais pas. La surprise, c’était voir les jeunes qui habitent la ville et qui trouvent dans le Macro une piazza italienne, romaine. Ils ne viennent pas pour les grands noms des artistes ou les blockbusters, les stars internationales. La phrase que j’ai le plus aimée, c’est : « Bon, on va voir ce qui se passe au Macro. »  Notre idée consiste à dire, que « la contemporanéité », c’est de stimuler la curiosité. L’antiquité, ça fait famille et donc ça ferme un petit peu. C’est plus facile. Même si on sait que ce n’est pas vrai, on pense connaître l’artiste baroque Gianlorenzo Bernini, parce qu’on y passe juste à côté des ses sculptures et oeuvres. Mais le contemporain c’est la curiosité. Le public romain et international a trouvé dans le Macro une maison de la curiosité.

RFI : Souvent on dit que le politique actuel a du mal à comprendre l’art contemporain.
 

L. M. B. : C’est le grand débat ou cela doit devenir le grand débat. C’est l’actuel ou le passé ? C’est l’idée qu’en Italie, généralement, « la contemporanéité » n’est pas comprise comme idée de production, stimulation, curiosité. Parce qu’on dit qu’on a déjà assez. Je parlais avec le responsable de la Culture de la ville, qui m’avait fait venir à Rome. Je lui disais : finalement, on a vraiment une nouvelle centrale de créativité à Rome. Il était heureux, parce qu’il disait : maintenant, Rome a tout ce qu’il faut pour vivre « la contemporanéité » – du Colisée au Macro.

Qui est Odile Decq ?
Pour Odile Decq, bretonne d'origine, l'architecture, c'est comme la navigation sur la mer, "on se fixe un point d’arrivée et on négocie en cours de route." Cstb

L'annexe du Musée d'art contemporain de Rome, le "MACRo Future", a été inaugurée en 2003.
L'annexe du Musée d'art contemporain de Rome, le "MACRo Future", a été inaugurée en 2003. Domaine public/Jensens

Le Musée d’art contemporain de Rome (Macro).

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