Accéder au contenu principal
Littérature/France/Russie

Ludmila Oulitskaïa, pour la liberté des femmes en Russie et dans le monde

Ludmila Oulitskaïa.
Ludmila Oulitskaïa. J. Sassier/Gallimard

Le Prix Simone de Beauvoir a été remis le 10 janvier dernier à la romancière russe Ludmila Oulitskaïa. Le jury a fait le choix de s’adresser « tout particulièrement aux femmes et aux opinions des puissances dites émergentes, pour lesquelles la liberté des femmes reste un enjeu capital. » Ludmila Oulitskaïa, né en 1943 en Russie, est l’auteure de nombreux romans et nouvelles édités en France. Lauréate du Prix Médicis étranger pour son roman Sonietchka en 1996, elle obtient le prix Booker russe en 2001 pour Le Cas du docteur Koukotski. Dernier livre paru en France : Les sujets de notre tsar (Gallimard).

Publicité

« La liberté ne sera jamais donnée, mais sera toujours à conquérir. »

Julia Kristeva, présidente du jury du Prix Simone de Beauvoir

C’est par cet extrait du livre Pour une morale de l’ambiguïté de Simone de Beauvoir, que Julia Kristeva, présidente du jury, a remis le Prix Simone de Beauvoir à Ludmila Oulitskaïa. « La liberté, c’est la création, explique Julia Kristeva, pouvoir exprimer son désir de se singulariser, de partager. C’est cela que Ludmila Oulitskaïa fait,  parce que c’est du roman, cela peut se lire, on apprend quelque chose d’une autre culture et on apprend à être soi-même. C’est un exemple pour toutes les femmes. » 

Ludmila Oulitskaïa, âgée de 67 ans, est devenue écrivain à 50 ans, après avoir été renvoyé de son poste de généticienne à l’université de Moscou, en 1983, pour avoir caché chez elle des poèmes de dissidents. De 1983 à 1990, elle a passé tout son temps à lire pour se remplir, dit-elle. Son premier roman sera édité en France en 1993 chez Gallimard avant de l’être dans son propre pays, la Russie. Dix-huit ans d’écriture, dix livres publiés. La famille russe est son obsession. La difficulté d’être femme en Russie irrigue son œuvre. C’est tout naturellement qu’elle leur dédie ce prix. « Des femmes formidables, belles, intelligentes, courageuses, qui supportent tout et qui – à mon humble avis – sont bien mieux que les hommes. Le fait que ce sont des femmes qui sont majoritairement malheureuses, fait, que je suis proche de ce problème. » 

Le féminisme, selon Ludmila Oulitskaïa, se résume en une phrase : « Une femme pleinement accomplie cesse d’être en guerre avec les hommes ».

 Le Prix Simone de Beauvoir a été créé en 2008, à l’occasion du 100e anniversaire de la naissance de la philosophe et féministe. Ce prix est doté d’une récompense de 30 000 euros.  Il est décerné par un jury international - composé d’une vingtaine de philosophes, écrivains et femmes engagés - à  l’œuvre ou l’action d’une personnalité en faveur de la liberté des femmes dans le monde.

 

 

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.