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Grèce

Quels scénarios pour la Grèce ?

Un ancien billet en drachme, la monnaie utilisée en Grèce avant l'euro, sur un billet de 20 euros. Le référendum pourrait sonner le retour de la Grèce à son ancienne monnaie.
Un ancien billet en drachme, la monnaie utilisée en Grèce avant l'euro, sur un billet de 20 euros. Le référendum pourrait sonner le retour de la Grèce à son ancienne monnaie. Chris Hondros/Getty Images

Un accord pour un plan de sauvetage, impliquant une nouvelle cure d’austérité, avait été trouvé à Bruxelles il y a une semaine. Mais encore faudra-t-il que le peuple grec l’accepte : en annonçant que les mesures d’aide à la Grèce des pays européens et du FMI seraient soumises à un référendum, le Premier ministre grec Georges Papandréou a pris tous ses partenaires de court. Et sa décision laisse planer une incertitude complète sur le futur proche de la Grèce.

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La date du référendum pourrait être fixée au 4 décembre prochain, selon Georges Papandréou. Il s’agit de consulter le peuple grec sur son acceptation ou non du plan d’austérité. Ce qui revient au final à lui demander s’il souhaite que le pays reste ou non dans la zone euro. Un refus du plan élaboré mercredi 26 octobre à Bruxelles contraindrait le pays à quitter l’union monétaire. Trois scénarios semblent possibles.  

1- Les Grecs acceptent le plan et restent dans la zone euro  

Même s’il implique nombre de sacrifices, ce scénario semble le plus favorable pour l’économie de la Grèce. Et en tout cas pour la zone euro. Les plans de sauvetage et d’austérité pourraient être mis en œuvre, et la Grèce devrait pouvoir retrouver la stabilité, moyennant sur plusieurs années de patience.  

Plusieurs nuances doivent pourtant être apportées. Le plan remanié lors du sommet de Bruxelles le 26 octobre prévoit notamment un effacement de la moitié de la dette grecque détenue par les banques, soit 100 milliards d’euros. Or il ne plaît pas à l’opposition grecque, qui ambitionne de revenir au pouvoir. Au quel cas, elle souhaiterait renégocier le plan de sauvetage. 

Par ailleurs, rien ne peut présager du comportement des marchés d’ici au référendum grec. Une contagion de la crise de confiance à d’autres pays de la zone euro, notamment l’Italie, voire la France, n’est pas à exclure. L’acceptation par les Grecs du plan de sauvetage n’aurait alors que peu d’effet sur la stabilisation de la zone euro.  

2 - La Grèce refuse le plan, fait défaut et sort de la zone euro 

C’est sans doute le scénario du pire. L’hypothèse d’une sortie de la Grèce de l’euro et d’un retour à la drachme était taboue il y a encore peu de temps. Et à vrai dire personne n’osait y croire. L’annonce du référendum, qui appellera à voter des citoyens, exaspérés des cures d’austérité à répétition que doit subir leur pays, rend tout à fait crédible le scénario d’un refus du plan de sauvetage.  

Or le plan de sauvetage, ce sont les milliards d’euros dont la Grèce a besoin pour faire face à ses dettes. Sans ces milliards, le pays fera défaut. Dans quel cas, il risque très probablement de quitter la zone euro.  

La scénario grec serait alors semblable à celui qui a vu l’Argentine faire faillite en 2001. La dette étant contractée en euros devra alors être remboursée dans une monnaie dévalorisée, ce qui pourrait entraîner une chute du pouvoir d’achat, une récession ou une nouvelle envolée des taux sur le marché de la dette. L’inflation pourrait par ailleurs décoller, puisque les produits importés seraient plus chers en raison de la faiblesse de la monnaie grecque. Les banques grecques auraient en outre bien du mal à rembourser leur dette, et devraient probablement être nationalisées.  

Les traités européens ne prévoient pas qu’un pays qui a rempli les critères de Maastricht pour rejoindre l’union monétaire puisse en sortir. Mais dans les faits, il semble difficile de s’opposer à la volonté d’un pays s’il souhaite quitter la monnaie unique.

Les conséquences d’une sortie de la Grèce de la zone euro pourraient s’étendre bien au-delà de la Grèce elle-même. Le scénario pourrait inciter d’autres pays européens à faire de même. Une façon de signer l’amorce d’un démantèlement de l’union monétaire, à peine plus de dix ans après ses débuts. L’agence de notation Fitch a souligné qu’un « non » des Grecs menacerait la « viabilité » de la zone euro, déjà mise en péril par la crise de la dette, qui dure depuis plus de deux ans. 

3- La Grèce fait défaut mais parvient à rester dans la zone euro  

C’est le scénario le moins probable aujourd’hui, mais il n’est pas à exclure totalement. Il implique que les Grecs renégocient un nouveau plan une fois le plan de sauvetage de Bruxelles rejeté. Mais à la veille de l'ouverture du sommet du G20 à Cannes, la chancelière allemande Angela Merkel a jugé qu'il était exclu que le plan soit renégocié, et que le compromis élaboré à Bruxelles une semaine plus tôt devait être adopté par la Grèce « sans ambiguïté ».

Si toutefois un plan pouvait être renégocié, éventuellement si l'opposition conservatrice grecque revenait au pouvoir, cela pourrait permettre de déboucher sur une restructuration de la dette moins violente que celle envisagée par le plan de sauvetage, qui prévoit que toutes les banques créancières du pays, grecques comme étrangères, subissent 50% de pertes sur la dette hellène qu’elles possèdent. Le reste de l’effacement de la dette serait géré par les pays européens, mais leurs opinions publiques accepteraient sans doute mal un sacrifice supplémentaire.  

Dans tous les cas, cette solution pourrait aussi permettre à la Grèce de sortir de l’union monétaire tout en gardant l’euro comme monnaie, s’épargnant les désagréments que lui causerait un retour au drachme.

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