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EUROPE / ENERGIE

Energie : l’Europe à l’épreuve du grand froid

Un village isolé de Bosnie-Herzégovine, touché lui aussi par la vague de grand froid qui sévit en Europe depuis plusieurs jours, le 6 février  2012.
Un village isolé de Bosnie-Herzégovine, touché lui aussi par la vague de grand froid qui sévit en Europe depuis plusieurs jours, le 6 février 2012. Reuters / Dado Ruvic

Depuis plusieurs jours, une vague de grand froid s’est abattue en France et dans le reste de l’Europe. Elle a pour conséquences de possibles ruptures d’approvisionnement en gaz et en électricité. Près de trois cents personnes sont déjà mortes en Europe à cause de ce froid glacial. 

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Avec les chutes spectaculaires des températures allant jusqu’à – 50° C en Russie mais aussi – 20° en France, la demande en gaz et en électricité a explosé. Pour le moment, il n’y a pas eu de problèmes en termes d’approvisionnement mais la semaine dernière, certains pays, comme l’Italie, la Pologne, l’Autriche et la Slovaquie ont vu avec effroi baisser d’environ de 10% à 20% les quantités de gaz livrées par la Russie.

Le géant russe du gaz, Gazprom, a déclaré ne pas pouvoir faire face à la demande des Européens en raison de l’augmentation de la consommation en Russie. Pour autant, il n’y a pas de menace de pénurie, « la situation s’est nettement améliorée ce week-end. Les flux de gaz en provenance de Russie sont de retour à la normale en Bulgarie, Slovaquie, Autriche, Hongrie, Pologne et Grèce », a assuré un porte-parole du commissaire européen à l’Energie.

Le prix du mégawatt-heure en hausse de près de 50%

En France également, les livraisons de gaz du Russe Gazprom ont diminué de près de 30%. GDF Suez affirme que grâce à ses sources diversifiées d’approvisionnement, les besoins seront assurés dans l’Hexagone. La Norvège est en effet le premier fournisseur de gaz de la France devant la Russie, l’Algérie et les Pays-Bas.

En Europe, la situation est également tendue du côté de la demande électrique. Chaque baisse d’un degré de la température entraîne une consommation supplémentaire de 2 300 mégawatts, avec pour conséquence une envolée du prix du mégawatt-heure. Le cours a grimpé, ce lundi 6 février 2012 à la mi-journée, à près de 130 euros en France, contre 99,5 euros dimanche soir et 52,8 euros la semaine dernière.

Une demande en électricité qui ne devrait pas ralentir. La France devrait atteindre, ce lundi au soir, un nouveau pic historique de consommation électrique, aux alentours de 98 700 mégawatts (MW). Selon les dernières informations de Réseau de transport d'électricité (RTE), la filiale d’EDF en charge du transport du courant, ce sont la Bretagne et l’est de la Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) qui sont les plus menacés de coupures. Ces deux régions sont, en effet, très exposées, car elles produisent peu d’électricité par rapport à leurs besoins. 

Des importations en provenance d’Allemagne
C’est pourquoi, pour limiter le risque de coupure généralisée, RTE a mis en place dans ces deux régions des mesures de délestage, comme l’explique Didier Lainé, porte-parole de RTE dans la région PACA : « RTE a mis en place des mesures de baisse du niveau de tension, mais qui n’affectent pas la vie des personnes. Par exemple, un convecteur qui consomme normalement près de 1 000 watts, en consommera ce lundi soir que 950 watts, sans aucune intervention de l’utilisateur. Toutes ces petites baisses de consommation vont permettre d’éloigner un risque de coupure généralisé ».

L’électricien français EDF dispose de ses 55 réacteurs nucléaires en activité, les 3 restants étant en maintenance, ainsi que de ses 21 centrales thermiques au gaz, fioul, et charbon, et des barrages hydro-électriques. La France peut également compter sur ses voisins européens, à commencer par les importations en provenance de l’Allemagne. Malgré les températures très basses et l’arrêt de huit de ses dix-sept réacteurs nucléaires, le pays parvient à exporter de l’électricité en ce moment. Grâce au solaire et à l’éolien.

Comme les conditions météo actuelles sont favorables aux énergies renouvelables, les moyens alternatifs en œuvre tournent à plein régime outre-Rhin. Outre les énergies propres, et c’est le paradoxe allemand, le pays peut, en cette période de grand froid, s’appuyer sur ses centrales à charbon, une ressource énergétique fortement émettrice de gaz à effet de serre qui supplée les centrales nucléaires arrêtées.  

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