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Russie / Election présidentielle

Russie : le nouveau «Poutine» est-il légitime ?

Vladimir Poutine, ému le soir de sa réélection au poste de président de la Russie, le 4 mars 2012.
Vladimir Poutine, ému le soir de sa réélection au poste de président de la Russie, le 4 mars 2012. REUTERS/Mikhail Voskresensky

L’actuel Premier ministre Vladimir Poutine a remporté haut la main la présidentielle russe, le 4 mars 2012. Avec plus de 64% des votes, il est élu dès le premier tour. Une issue sans surprise après une campagne électorale perturbée par un mouvement de contestation né après les dernières élections législatives du mois de décembre 2011, entachées par de nombreuses irrégularités.

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Dimanche soir, devant un rassemblement de ses partisans dans le centre de Moscou, Vladimir Poutine, les larmes aux yeux, a célébré sa victoire, qualifiant le scrutin d' « honnête et ouvert ». Il a remercié les électeurs de ne pas avoir cédé aux provocations politiques. La campagne a été émaillée d’incidents et de manifestations. Après les élections législatives de décembre qui avait donné une large victoire à son parti, Russie unie, les Russes étaient massivement descendus dans la rue pour protester contre les irrégularités qui avaient entaché les élections, renforçant les mouvements d’opposition qui ont durci le ton durant la campagne présidentielle.

L’opposition s’est organisée pour surveiller le scrutin et des organisations comme Golos, une ONG qui avait dénoncé les fraudes électorales après les élections législatives, ont envoyé un peu partout dans le pays des observateurs. La présence de caméras dans les bureaux de vote a permis de calmer les ardeurs des tricheurs. Les résultats sont malgré tout contestés, Vladimir Poutine auraient bénéficié de 10% à 20% de votes illégaux selon ces organisations.

Une élection contestée

Un site internet mis en place pour comptabiliser les cas de violation de la législation électorale en a dénombré 6 000. Cent trente-deux cas de bourrage d'urnes et 329 cas de « carrousel » ou « manège », une technique de fraude qui consiste à transporter des électeurs d’un bureau à l’autre pour voter plusieurs fois. Selon les estimations de Golos, Vladimir Poutine aurait obtenu non pas 64% mais 50,26% au premier tour.

Le verdict attendu était celui de l’OSCE, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Ses observateurs indépendants évoquent d'importantes irrégularités : « Le processus s'est détérioré lors du décompte des voix et a été évalué négativement dans près d'un tiers des bureaux de vote en raison d'irrégularités de procédures », d’après le communiqué de l'OSCE. Plus grave, la campagne a été « clairement biaisée » en faveur de Vladimir Poutine pour les observateurs internationaux, qui concluent : « Cette élection a montré qu'il y avait un net vainqueur avec une majorité absolue, évitant un second tour. Cependant, le choix des électeurs était limité, la concurrence électorale n'était pas équitable et il manquait un arbitre indépendant ».

Des réactions mitigées

Le président chinois Hu Jintao a été un des premiers à féliciter Vladimir Poutine pour le succès de son élection. Les Chinois considèrent qu'il s'agit d'une affaire intérieure russe et pensent qu’il va maintenir la stabilité sociale et politique. Chinois et Russes se sont rapprochés en adoptant une position commune au sein du Conseil de sécurité de l’ONU contre toute intervention en Syrie. Bachar el-Assad, le dirigeant syrien a d’ailleurs adressé au nouveau président russe une lettre de félicitation pour sa remarquable élection avec un certain cynisme puisqu’il s’exprime en son nom et au nom du peuple syrien qu’il réprime en ce moment avec une violence inouïe.

L’Allemagne a également réagi très vite en déclarant que « La Russie est, et demeure, un partenaire d'une importance centrale pour l'Allemagne et l'Europe ». La chancelière Angela Merkel se dit prête à travailler de manière constructive et dans un climat de confiance avec Vladimir Poutine. La plupart des Européens ont prudemment attendu le rapport de la mission d'observation électorale de l’OSCE pour s’exprimer. L'Union européenne a « pris note » de la « nette victoire » de Vladimir Poutine. La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a dit sa « hâte de travailler avec le futur président russe pour soutenir un agenda partagé de modernisation, qui comprend à la fois des réformes politiques et économiques ».

Pour les Britanniques, « le rapport de l'OSCE identifie clairement des problèmes »et ils aimeraient« voir ces questions résolues ultérieurement, mais il est clair que cette élection a débouché sur un résultat décisif ». Pour le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, Vladimir Poutine est l'interlocuteur de la France « pour les années à venir ». Il reconnaît que l'élection n'a pas été exemplaire mais souligne qu’elle n’est pas remise en cause.

Enfin, pour les milieux financiers, la messe est dite : la victoire écrasante de Vladimir Poutine met fin à l'incertitude politique entretenue par la contestation de l'opposition depuis trois mois. Les investisseurs attendent de l’homme fort du Kremlin des réformes pour poursuivre le développement économique du pays. La révision du procès de l’oligarque Mikhaïl Khodorkovski pourrait être, si elle se concrétise, de nature à rassurer les investisseurs.

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