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PAYS-BAS / DROGUE

Pays-Bas: revirement sur la carte cannabis dans les coffee shops

La carte cannabis, «wiet pass» en néerlandais, devait être généralisée au 1er janvier 2013.
La carte cannabis, «wiet pass» en néerlandais, devait être généralisée au 1er janvier 2013. AFP/Files Continental

Rien ne va changer pour les millions de touristes qui se rendent chaque année dans les coffee shops néerlandais. Les plans visant à interdire aux étrangers l’accès de ces bars à joints, à partir du 1er janvier 2013, ont été abandonnés.

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Le nouveau gouvernement libéral et travailliste sorti des urnes en septembre 2012 a fait marche arrière sur la fameuse « carte cannabis ». Cette carte visait à restreindre l’accès des 650 coffee shops du pays aux seuls résidents néerlandais, pour limiter les effets néfastes du « narco-tourisme ».

Cet accès limité aux bars à joints, où la vente de drogues douces est tolérée depuis 1976 en petites quantités (5 grammes par jour et par personne), avait été lancé le 1er mai dans les régions du sud du pays. Maastricht et d’autres villes du Limbourg, du Brabant septentrional et de Zélande, proches de la Belgique et de l’Allemagne, avaient tenté l’expérience. Leur objectif : ne plus être inondées chaque week-end par des foules de jeunes attirés par les coffee shops, des amateurs de « fumette » parfois enclins au tapage nocturne.

Un argument de campagne électorale

La carte cannabis, wiet pass en néerlandais, devait être généralisée au 1er janvier 2013. Mais elle est devenue un argument de campagne électorale, avant les législatives de septembre, en raison de ses résultats mitigés. Comme les experts l’avaient prévu, la clientèle n’a pas faibli à Maastricht, où les dealers se sont installés dans la rue. Les travaillistes avaient promis de revenir sur cette mesure adoptée par le gouvernement précédent, dirigé par le Premier ministre libéral Mark Rutte.

Un compromis a été trouvé entre ces deux partis désormais au pouvoir. Sur le papier, la loi demeure et il est toujours question de lutter contre les « touristes de la drogue ». Mais, les municipalités sont libres de décider de la meilleure politique à adopter.

Un enjeu économique

Amsterdam avait notamment fait pression pour que la mesure ne soit pas adoptée. En dehors de la tolérance légendaire de cette ville de gauche, dirigée par les travaillistes, l’enjeu s’avère essentiellement économique.

Sur les 7 millions de touristes qui visitent Amsterdam chaque année, 1,5 million font au moins un passage dans les coffee shops. Ces derniers sont considérés comme une attraction touristique, au même titre que les vitrines à prostituées du Quartier rouge. La position d’Amsterdam a été déterminante dans le compromis passé. La ville compte en effet 220 coffee shops, soit le tiers du total des bars à joints dans le pays.

Rotterdam, Haarlem, Amersfoort, Leeuwarden, Arnhem et Enschede vont abandonner l’idée d’introduire la carte cannabis, tandis que le maire libéral de Maastricht veut persister dans la restriction. Selon la chaîne de télévision publique Nederlandse Omproep Stichting (NOS), qui a interrogé 56 municipalités des Pays-Bas comptant au moins un coffee shops, vingt-sept n’ont pas l’intention de donner suite aux projets de carte cannabis. Les Pays-Bas vont donc rester une exception, à l’échelle européenne.

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