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Royaume-Uni

A Brixton, après la mort de Margaret Thatcher, on chante: «Ding dong, la sorcière est morte»

Dans le quartier de Brixton, ce lundi 8 avril.
Dans le quartier de Brixton, ce lundi 8 avril. REUTERS/Olivia Harris

Tandis que les hommages à Margaret Thatcher continuent d’affluer de la part d’hommes politiques britanniques et étrangers, tous les Britanniques ne sont pas en deuil. Des centaines de personnes sont spontanément descendues dans les rues de plusieurs villes pour fêter sa disparition.

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Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

« Ding dong, la sorcière est morte ». A Brixton, c’est en reprenant la chanson du film culte Le Magicien d’Oz que des centaines de personnes ont investi la place principale du quartier, pour se réjouir sans retenue de la mort de Margaret Thatcher.

Brixton, quartier où réside une partie de la communauté jamaïcaine de Londres, avait été le théâtre d’émeutes violentes et meurtrières dans les années 80, au début de l’ère Thatcher. Des troubles déclenchés par de profondes divisions sociales et des tensions raciales.

« Je suis venu pour fêter symboliquement sa mort avec tous les autres », explique un des manifestants. « C’est elle qui est à l’origine de cette folie néolibérale dont nous sommes les victimes aujourd’hui. Les habitants de Brixton ont souffert. Ils ont souffert directement à cause de sa politique... »

Jeunes et moins jeunes, les manifestants avaient apporté bouteilles de champagne et mégaphones pour rappeler l’autre facette de celle que beaucoup appellent affectueusement « Maggie » depuis quelques années.

« Cette femme a fait de ma jeunesse un enfer »

Eux ne pardonnent pas le soutien au dictateur chilien Augusto Pinochet, le refus de sanctionner l’Afrique du Sud de l’apartheid ou les mesures comme la poll tax. « Cette femme a fait de ma jeunesse un enfer. Elle est responsable de la plupart des maux de notre société et je crois que la plupart des choses qu’on reproche aujourd’hui aux gens pauvres et aux gens malades sont en réalité sa faute », s’emporte un des londoniens présents.

Des rassemblements spontanés avec des réactions tout aussi viscérales se sont produits à Bristol et à Glasgow. Là, 300 personnes ont manifesté jusqu’au petit matin et ont même l’intention de recommencer mercredi prochain, jour des obsèques de la Dame de fer.

Autre ambiance, dans le quartier chic de Belgravia. Chester Square est un must. Des maisons parfaitement entretenues, des jardins bourgeonnants. Tout le quartier appartient à la famille du duc de Westminster, qui veille à l’entretien et à la tranquillité des lieux. Les jardins ne sont d’ailleurs accessibles qu’aux habitants de Chester Square. C’est là que vivait Margareth Thatcher, avant d’être opérée il y a quelques mois d’une tumeur. Elle a ensuite habité une suite médicalisée à l’hôtel Ritz, jusqu’à sa mort.

Avec notre envoyée spéciale à Londres,

Les enfants de Margaret Thatcher sont à l’étranger, et à part les policiers en faction devant son domicile au 74, Chester Square, le quartier manque singulièrement d’activité. Pas de curieux. Juste une dizaine de journalistes, qui attendent sous la pluie qu’il se passe quelque chose. Mais Margaret Thatcher ne reviendra pas.

« On la voyait aller dans les boutiques, à l’épicerie ou marcher dans le jardin. C’était fantastique », raconte Steward Bailey, directeur de l’agence immobilière de Chester Square. « Belgravia est sans doute un des meilleurs quartiers de Londres et Chester Square un petit endroit. Mais c’est l’un des plus beaux lieux de résidence à Londres et probablement au monde. Il y a surtout des familles, évidemment très aisées. C’est un quartier très recherché. il appartient à la famille du duc de Westminster ce qui leur permet de contrôler à quoi ressemble belgravia les services et les magasins. Cela veut dire que c’est un quartier très propre, très petit et très bien géré. »

Pas de funérailles nationales, mais une procession

La maison de Margareth Thatcher est gardée par des policiers. Dès qu’un bouquet est déposé devant la porte, il est retiré. La famille a demandé des dons à l’hôpital de Chelsea, plutôt que des fleurs.

Elle n’aura pas de funérailles nationales, elle ne le souhaitait pas, pour ne pas gaspiller l’argent public. Ses opposants, le cinéaste Ken Loach en tête, réclament d’ailleurs que son enterrement soit privatisé. Mais elle aura droit, comme Diana, à un défilé militaire, une procession de carrosse et une messe à la cathédrale Saint-Paul, avant d’aller rejoindre son mari Dennis Thatcher, au cimetière de Chelsea.

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