Accéder au contenu principal
Grèce

Grève générale en Grèce pour dire «non» à l’austérité

Des manifestants contre l'austérité dans les rues d'Athènes, le 5 novembre.
Des manifestants contre l'austérité dans les rues d'Athènes, le 5 novembre. REUTERS/Yorgos Karahalis

La Grèce tourne au ralenti, ce mercredi 6 novembre, suite à une mobilisation de 24 heures à l'appel du syndicat grec du secteur public Adedy et de la centrale du privé GSEE. C'est la deuxième grève générale dans ce pays en moins de quatre mois. Il s’agit de dire « non » aux politiques d'austérité instaurées par le gouvernement pour faire sortir la Grèce de la profonde crise économique.

Publicité

Cette politique de rigueur a été décidée pour répondre aux exigences de bailleurs de fonds regroupés dans la fameuse « troïka » (Commission européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne). La Grèce a été sauvée de la banqueroute grâce à une assistance d’urgence : 240 milliards d’euros ont été promis à Athènes depuis 2010, en échange d’un programme d’austérité draconien.

Mais après six années de récession consécutives et avec plus d'un quart de la population active au chômage, les Grecs n'en peuvent plus. Le plan de restructuration consenti à la « troïka » prévoit 25 000 mutations et 4 000 licenciements d'ici fin de l'année. Vassilis Xenakis, secrétaire de la confédération de la fonction publique Adedy, dénonce cette thérapie de choc censée aider son pays à recouvrir la santé économique : « Tout le monde sait que la Grèce va mal. Nous, on a un message fort pour le gouvernement : on ne peut plus continuer sans emploi, sans les retraites, sans les écoles publiques, sans la sécurité sociale. Ça suffit, maintenant ! »

La centrale du privé GSEE, quant à elle, dénonce la dérégulation du marché du travail et l’avant-projet du budget 2014, qui « détruit les droits sociaux ».

→ A (RE)LIRE : L'audiovisuel public grec toujours dans la tourmente

Une fonction publique disproportionnée

La réforme de la fonction publique reste prioritaire pour le gouvernement grec. Mais aussi pour bon nombre d'experts, dont Georges Prévélakis, professeur de géopolitique à l'université Paris 1 et ambassadeur de la Grèce auprès de l'OCDE. Il considère le secteur public grec comme « hypertrophié ».

Devenu trop grand pour l’économie du pays, ce secteur a fini par être totalement inefficace. « Les fonctionnaires doivent comprendre que leur rôle est de rendre service et non pas d’être confortablement installés dans une sécurité absolue, pendant que le reste de la population souffre », estime Georges Prévélakis.

Les comptes vont mieux, mais pas les Grecs

Depuis mardi, les bailleurs de fonds sont de retour à Athènes. Ils vont décider de l'opportunité de verser une nouvelle tranche de prêts. Il y a un « trou » de deux milliards d'euros dans le budget 2014. Athènes doit convaincre ses créanciers sur la façon de le combler. Autrement dit, de la réussite des réformes.

Et les indicateurs ne sont pas mauvais. Cette année, pour la première fois, la Grèce enregistre un surplus primaire (hors le service de la dette) qui permet de réduire son déficit. Comme l’explique Georges Prévélakis, le gouvernement ne sera pas obligé d’emprunter - et donc de creuser le déficit public - pour faire fonctionner l’Etat. « Maintenant il faut s’attaquer à un noyau dur, à ce que l’on pourrait appeler les oligarques grecs, ajoute-il. En Grèce, on parle depuis des années de l’enchevêtrement d’intérêts entre la presse, le secteur des travaux publics et celui de l’énergie. On ne peut pas demander à la population de faire tous les sacrifices sans lui montrer que l’Etat de droit fonctionne. »

→ A (RE)LIRE : Grèce, le gouvernement s'attend à vivre «l'enfer»

Un casse-tête juridique

Mais l'essentiel des réformes, soit le plan de privatisations, est au point mort. Pour le mettre en route, il faut savoir ce que l'on vend. Et les droits de propriété sont un vrai casse-tête juridique en Grèce, explique Sylvain Broyer, économiste chez Natixis : « Essayer d’aller lever des impôts dans un pays qui ne pratique pas le cadastre, c’est très compliqué. »

De même, les régulations destinées aux investisseurs et les codes qui régissent le marché des biens ou celui du travail sont totalement archaïques. « En Grèce, la société et l’Etat ont besoin de cures de jouvence et de modernité. Cela ne se fera pas en trois ans, ni même en dix ans. C’est l’affaire d’une génération », conclut Sylvain Broyer.

Il n'est pas exclu que la Grèce demande une nouvelle fois l'effacement d'une partie de sa dette. Et ceci dès l'année prochaine.

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.