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Ukraine

Ukraine: le Parlement valide le processus de sortie de crise

Des membres de l'opposition ukrainienne manifestent leur joie lors d'une séance du Parlement, à Kiev, vendredi 21 février 2014.
Des membres de l'opposition ukrainienne manifestent leur joie lors d'une séance du Parlement, à Kiev, vendredi 21 février 2014. REUTERS/Andrew Kravchenko

Immédiatement après la signature de l'accord de sortie de crise en Ukraine, le Parlement a amendé une série de lois réclamées par l'opposition, dont le retour à la Constitution de 2004, ainsi qu'une loi permettant la libération de l'ancien Premier ministre, Ioulia Timochenko.

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Avec notre envoyée spéciale à Kiev

L'une des mesures les plus emblématiques est sans doute celle ouvrant la voie à une libération prochaine de l’ancienne chef du gouvernement emprisonnée, Ioulia Timochenko, la dame à la natte, égérie de la révolution orange de 2004, farouche opposante à Viktor Ianoukovitch.

Autre avancée de taille : les députés ont voté en faveur du limogeage du ministre de l'Intérieur. Vitaly Zakhartchenko était l’une des bêtes noires des manifestants qui l’accusent d’être responsable de la répression sanglante.

Dans la foulée de l’accord signé entre le président et les trois chefs de l’opposition, sous médiation européenne, le Parlement a adopté à une large majorité le retour à la Constitution de 2004, qui accordait au président des pouvoirs moins importants que la Constitution actuelle. La mesure entrera en vigueur sous 48 heures. A partir de là, les deux parties se sont engagées à créer une coalition et à former un gouvernement d'unité nationale dans un délai de dix jours.

Une clameur a accueilli l'annonce de la libération probable de Ioulia Timochenko sur la place de l'Indépendance, mais d'une manière générale, on reste réservé ici. « C’est un pas important, Ianoukovitch a fait de sérieuses concessions mais il faut qu’il parte, il a du sang sur les mains », explique un habitant de Kiev qui vient quasiment tous les jours sur la place.

En fin d'après-midi, une foule immense s’est réunie pour les funérailles de quelques-unes des victimes des violences meurtrières. « Mort au tyran », « Dehors la bande », a scandé la foule. « Il faut pendre Ianoukovitch », a crié une femme âgée en larmes, en voyant passer un énième cercueil devant elle.

Sur les barricades, l’état d’esprit est tout aussi revanchard. Pas question d’abandonner les positions. Ici, on s’apprête à passer une nouvelle nuit entre les sacs de sable et les barbelés.


Que dit l'accord ?

L’accord signé à Kiev prévoit la restauration de la Constitution de 2004 dans les 48 heures qui suivent. Or il n’a fallu au parlement que six heures pour le faire. Ceci dit, selon l’accord, des travaux sur une réforme constitutionnelle afin d’équilibrer les pouvoirs du président, du gouvernement et du parlement doivent être entamés immédiatement, pour être achevés d’ici septembre. Le président et l’opposition sont également tombés d’accord sur la formation d’un gouvernement d’union nationale sous dix jours, sur une élection présidentielle anticipée, au plus tard en décembre, ainsi que sur des enquêtes sur les récentes violences. Selon l’accord, il y aura une nouvelle loi d’amnistie, il n’y aura pas d’état d’urgence, et les armes détenues illégalement devront être remises au ministère de l’Intérieur. Reste à savoir comment se passera la mise en œuvre de l’accord. Les manifestants de Maïdane le rejettent. Et les événements de derniers jours ont montré que des forces intéressées à organiser des provocations ne manquaient pas.

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