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Ukraine

Ukraine: l'accord de sortie de crise ne fait pas l'unanimité

Sur la place de l'Indépendance, vendredi soir 21 février.
Sur la place de l'Indépendance, vendredi soir 21 février. REUTERS/David Mdzinarishvili

Après trois jours de bain de sang en Ukraine, un accord a été trouvé entre le président Ianoukovitch et l'opposition, prévoyant d'importantes concessions du pouvoir. Mais ce vendredi soir sur la place de l'Indépendance, cœur de la contestation, les manifestants affichaient un certain scepticisme.

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Avec nos envoyés spéciaux à Kiev

Ce vendredi soir, les trois chefs de l’opposition sont venus s’exprimer sur la scène de la place de l’Indépendance. Ils devaient détailler les termes des l’accord conclu avec le président Ianoukovitch, mais ils n’ont pas pu le faire. Lorsque l’ancien boxeur Vitali Klitschko a pris la parole, une partie de la foule a commencé à lui tourner le dos, à siffler, à le huer, et à crier « traître ! ».

Ces manifestants estiment qu’ils ont été trahis par les opposants et ils les accusent aussi d’être aussi un peu responsables des violences qui ont fait plusieurs dizaines de morts ces derniers jours. Pour eux, une seule issue à la crise : que le président Ianoukovitch quitte le pouvoir. Mais ça n’est pas ce qui est prévu par l’accord conclu aujourd’hui.

Concessions importantes

Un peu plus tard, lorsque la tension est retombée, Vitali Klitschko est remonté sur scène. Il a prononcé un court discours pour expliquer qu’il avait tendu la main à Viktor Ianoukovitch pour que le sang ne coule plus, pour qu’il n’y ait plus d’autres morts.

Cette fois, l'accueil a été plus mitigé, avec quelques sifflets mais aussi des applaudissements, ceux des manifestants qui estiment que le président a fait un pas avec des concessions importantes qui peuvent contribuer à résoudre la grave crise que traverse le pays. Le visage crispé, l'ancien boxeur a conclu : « Il [Ianoukovitch, NDLR] ne démissionnera pas, ça n’est pas réaliste ».

Un goût amer

L'accord conclu entre Viktor Ianoukovitch et les opposants laisse un goût amer aux plus intransigeants des manifestants : « Nous n'avons pas résisté pendant trois mois pour continuer à être dirigés par ce bandit », explique un jeune homme dont la moitié du visage est dissimulé par un foulard noir et qui promet de nouvelles attaques contre les bâtiments gouvernementaux si le président ne démissionne pas demain.

Des applaudissements nourris accompagnent l’arrivée sur la place d’un véhicule blindé anti émeute. Juché sur le toit, protégé par deux gardes du corps encagoulés, Dmitro Iaroch, le chef d’un groupe radical d’extrême droite est accueilli en héros par les plus intransigeants des manifestants. « Nous continuerons de bloquer les bâtiments des administrations gouvernementales, tant que n'aura pas été satisfaite notre revendication principale : la démission de Ianoukovitch ».

Une démission que Dmitro Iaroch et ses hommes se disent prêts à obtenir par tous les moyens.


Dmitri est informaticien. Il est venu avec ses amis pour protester contre ceux qui ont conclu un accord avec Ianoukovitch. Il explique son amertume :

« Pendant ces derniers mois, toutes ces personnes nous ont bercées de belles paroles, sur le combat, sur la révolution, etc. Iatséniuk nous avait promis qu'il serait le premier à nous protéger, qu'il serait en première ligne, mais il a disparu quand les gens ont commencé à être tués et quand les snipers ont commencé à tuer. Si ne serait ce que l'un d'entre eux avait été sur la ligne de front, aucun des snipers n'aurait tiré. Mais ces lâches nous racontent des tas d'histoire, du bla bla... Nous, nous ne pouvons plus continuer avec ce président pendant encore 6 ou 7 mois. »

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