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Ukraine

Une «journée de silence» espérée dans une Ukraine en guerre

Un homme et un enfant marchent dans la neige au côté d'un mémorial de guerre détruit à Savur-Mohyla, une colline à l'est de Donetsk, le 7 décembre 2014.
Un homme et un enfant marchent dans la neige au côté d'un mémorial de guerre détruit à Savur-Mohyla, une colline à l'est de Donetsk, le 7 décembre 2014. REUTERS/Maxim Shemetov

Après des mois de combats meurtriers, existerait-il un mince espoir de paix en Ukraine ? En principe, une trêve conclue la semaine dernière entre les autorités de Kiev et les rebelles pro-russes entre en vigueur ce mardi 9 décembre dans l’est du pays. On parle d’une « journée du silence ».

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Ce doit être le jour où l’artillerie se tait et où les négociations reprennent, explique notre correspondant à Kiev Sébastien Gobert. Il semble en effet qu’un nouveau consensus politique et diplomatique se soit installé pour trouver une solution négociée au conflit en cours. Illustration avec les déclarations encourageantes des présidents ukrainien Petro Porochenko et russe Vladimir Poutine. Si les canons, mortiers et autres lance-roquettes se taisent réellement dans les deux camps, le retrait des armes lourdes de la ligne de front pourrait débuter dans la foulée, promet la présidence ukrainienne.

La prudence reste néanmoins de mise. Le Donbass n'en est pas à son premier cessez-le-feu. Celui du 5 septembre, signé à Minsk par des représentants du gouvernement ukrainien et des séparatistes, a été violé quotidiennement. Selon des estimations des Nations unies, 13 personnes en moyenne ont perdu la vie chaque jour au cours des trois derniers mois. Lundi 8 décembre, un porte-parole de l’armée faisait état d’au moins 64 échauffourées dans la région. Le week-end avant la trêve annoncée a même été sanglant : au moins 12 civils ont été tués. On est donc encore loin de l'apaisement.

L'hiver s'installe dans une zone ravagée par la guerre

D'autant que malgré les déclarations de bonne volonté, une nouvelle série de négociations bilatérales se fait attendre. Elle devait démarrer à Minsk, capitale de la Biélorussie, ce mardi, malgré le contexte tendu. Mais elle serait repoussée aux alentours du vendredi 12 décembre. Les autorités de Kiev se disent prêtes, mais les séparatistes ont demandé un report de quelques jours. Face aux délais, les deux camps se rejettent la faute et s’accusent mutuellement de ne pas être assez préparés à négocier une paix. La création d’une zone tampon de 30 kilomètres, tout comme le cessez-le-feu, était déjà dans le précédent mémorandum de paix de Minsk, resté essentiellement lettre morte.

De son côté, Petro Porochenko s’est dit prêt à enclencher un processus de décentralisation du pouvoir. Mais il continue de demander l’annulation des élections séparatistes du 2 novembre dernier. Et sur le terrain, la pression se poursuit : en rendant visite à ses troupes en fin de semaine, le président a amené une centaine de tanks et autres véhicules militaires. Dans le même temps, faut-il toujours le rappeler, les populations civiles attendent. En huit mois, le conflit ukrainien a fait plus de 4 300 morts. En plus d’être menacés par les combats, les habitants de l'est ukrainien doivent aussi faire face à l’hiver, dans un état de dénouement dramatique.

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