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Migrations / ONU

La Méditerranée, «route la plus mortelle du monde» pour les migrants

En Grèce, des gardes-côtes remorquent un bateau où des migrants essayaient de rejoindre l'Europe, le 18 mars 2014.
En Grèce, des gardes-côtes remorquent un bateau où des migrants essayaient de rejoindre l'Europe, le 18 mars 2014. AFP/HELLENIC COAST GUARD

Sur les 350 000 migrants qui ont traversé la mer pour trouver une terre d’asile, 4 300 en sont morts, la plupart en Méditerranée, devenue « la route la plus mortelle du monde ». Le Haut Commissaire aux droits de l’homme déplore une indifférence « choquante » pour les migrants morts en Méditerranée.

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Plus de 207 000 personnes ont traversé la Méditerranée depuis le début de l’année. Il s'agit d'un record, c'est presque trois fois plus que le précédent pic, soit 70 000 en 2011, au moment des printemps arabes et de la guerre civile libyenne. Près de 80 % des départs s'effectuent encore depuis les côtes libyennes pour rejoindre l'Italie ou Malte. La plupart des migrants arrivés en Italie cette année sont syriens – plus de 60 000 –, qui fuient la guerre civile. On a compté aussi des Érythréens – près de 35 000 –, qui fuient leur pays pour échapper à la répression brutale du pouvoir.

Parmi ceux qui ont tenté de traverser la Méditerranée, le Haut Commissariat pour les réfugiés des Nations Unies a recensé plus de 3 400 décès. Mais le nombre total de morts, parmi les migrants qui ont pris la mer pour chercher une terre d'asile, approche les 4 300, et on pense qu'ils sont même plus nombreux. Il y a 540 victimes ayant tenté de traverser le golfe du Bengale, en Asie du Sud-Est, la plupart venaient du Bangladesh ou de Birmanie et tentaient de rejoindre la Thaïlande ou la Malaisie. Et il y a aussi des victimes en mer Rouge, dans le golfe d'Aden et également dans les Caraïbes.

Les migrants qui fuient les guerres plus nombreux que les migrants économiques

L'impression générale exprimée à la conférence de Genève est que les pays européens manifestent une indifférence « choquante » à l'égard des migrants qui tentent de traverser la Méditerranée. C'est en ces termes que s'est exprimé le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein. D'autres intervenants ont rappelé que les migrants qui tentent leur chance sont souvent les victimes de passeurs peu scrupuleux qui leur font payer le prix fort et les entassent ensuite dans des embarcations qui ne sont pas préparées à affronter la mer dans de bonnes conditions.

À son tour, Antonio Guterres, le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, a dit que la principale priorité devrait être celle de sauver des vies, mais que, malheureusement, certains gouvernements se concentrent sur le maintien des migrants hors de leurs frontières plutôt que sur le respect du droit d'asile. C'est une erreur, a-t-il souligné, d'autant plus que le nombre des migrants qui fuient la guerre a dépassé celui de ceux qui cherchent de meilleures conditions économiques.

66 000 migrants ont demandé l’asile en France en 2013

L'Italie, qui a réussi à sauver cette année 150 000 migrants qui tentaient de traverser la mer, grâce à l'opération Mare Nostrum, y a mis fin faute d'un soutien suffisant de la part de ses partenaires européens. Une autre opération avec une participation européenne est en cours, l'opération Triton, mais elle se limite à la surveillance de la frontière extérieure de l'Union, en Méditerranée.

Une fois arrivés en Europe, ces migrants qui ont risqué leur vie en mer se répartissent entre les différents pays, et certains d'entre eux demandent un statut de réfugié. L'Allemagne a accueilli le plus grand nombre de migrants en 2012, soit environ 400 000. Suivent le Royaume-Uni avec 286 000 migrants, la France et l'Italie avec un peu plus de 250 000 migrants chacune.

Mais beaucoup de ces entrées proviennent de l'Union européenne elle-même et il est difficile de savoir quelle est la part de migrants ayant traversé la Méditerranée. Parmi ceux qui demandent l'asile, beaucoup sont déboutés, mais tous ne sont pas expulsés pour autant. En France par exemple, qui est train de revoir sa législation sur le sujet selon les directives européennes, les demandes d'asile ont atteint 66 000 en 2013 et devraient se situer à environ 63 000 cette année.

 → A (RE)LIRE : Notre série sur les migrants morts en Méditerranée

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