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Grèce

Grèce: premier tour d’un scrutin présidentiel qui inquiète

Le Commissaire européen à l'Economie, Pierre Moscovici après sa rencontre avec le Premier ministre grec Antonis Samaras, le 15 décembre 2014, à Athènes.
Le Commissaire européen à l'Economie, Pierre Moscovici après sa rencontre avec le Premier ministre grec Antonis Samaras, le 15 décembre 2014, à Athènes. REUTERS/Alkis Konstantinid

Le Parlement d’Athènes doit choisir le président de la Grèce. Il faudra 200 voix sur un total de 300 députés. En cas d’échec, un deuxième tour aura lieu le 23 décembre, et un troisième pourrait ensuite se tenir le 29 décembre. Au-delà, si un président n’est pas élu, la Constitution impose des élections législatives. La formation Syriza, de la gauche radicale, est en tête dans les sondages, ce qui inquiète Bruxelles et les bailleurs de fonds de la Grèce. La bourse d’Athènes a perdu 20% en une semaine.

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Le commissaire européen à l'Economie, Pierre Moscovici, s’est rendu à Athènes ce lundi. Il avait annoncé, certes, qu'il ne se mêlerait pas de la politique grecque intérieure, mais le président de la Commission Jean-Claude Juncker l'avait déjà fait, en affirmant que « les Grecs savent très bien ce qu'un mauvais résultat des élections signifierait ». Il a dit aussi qu'il préférerait que « des visages connus soient élus » - une référence évidente à l'ancien commissaire européen Stavros Dimas, candidat du Premier ministre conservateur Antonis Samaras.

Emmanouil Athanasiou, avocat, militant des droits de l'homme et observateur de la vie politique grecque, est révolté : « Monsieur Juncker nous parle de " visages familiers ", ce qui veut dire que l’Europe fait confiance à deux partis politiques qui sont responsables des politiques qui ont détruit le pays. » Il met en cause notamment le bilan social très lourd des plans d’austérité appliqués par la coalition entre le centre-droit et le Parti socialiste, qui est au pouvoir à Athènes.

Le politologue Giorgos Kontogiorgis n'hésite pas à pointer du doigt les pressions exercées selon lui par la Commission européenne et surtout par l'Allemagne. « Dans quelle mesure la Commission européenne a-t-elle le droit d’intervenir dans les affaires d’un pays membre de l’Union ? On considère qu’en ce qui concerne la Grèce, on a ce droit, car on voit le pays, et c’est vrai, comme une colonie européenne. Puis, l’Union européenne n’est plus le système politique d’il y a quelques années ; aujourd’hui, c’est un seul pays, c’est l’Allemagne qui s’est imposée comme leader de l’Union, c’est l’Allemagne qui décide. »

Le Premier ministre grec Antonis Samaras (G) accueillant le Commissaire européen à l'Economie, Pierre Moscovici, à Athènes, le 15 décembre 2014.
Le Premier ministre grec Antonis Samaras (G) accueillant le Commissaire européen à l'Economie, Pierre Moscovici, à Athènes, le 15 décembre 2014. REUTERS/Alkis Konstantinidis

Forte pression sur l’opinion publique pour éviter une victoire de Syriza 

Prévue initialement en février 2015, l’élection présidentielle grecque a été avancée, car on a préféré éclaircir le paysage politique avant de conclure et de signer un nouveau mémorandum avec les bailleurs de fonds du pays. Pour l’instant, on assiste, selon de nombreux observateurs, à une pression très forte sur les députés indépendants, dans l’espoir de leur faire rallier le camp du gouvernement, au moins au troisième tour, où seulement 180 voix seraient nécessaires à Stavros Dimas pour devenir président, tout en évitant les élections législatives.

Mais ce scénario semble malgré tout peu probable et il y a aussi une pression sur l’opinion publique grecque, pour que, en cas d’élections législatives, elle ne donne pas la victoire à la formation Syriza d’Alexis Tsipras. Ce dernier a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’accepterait pas de nouvelles coupes budgétaires en 2015, et même que son pays ne paierait pas une dette extérieure devenue colossale.

La Commission européenne veut anticiper l’évolution des choses

Emmanouil Athanasiou est très pessimiste : « Indépendamment du résultat des élections, la société grecque est en crise et elle restera en crise. Les gens vont voter par réaction à la situation actuelle. Ils vont voter peut-être pour Syriza, mais sans forcément y croire. Ils vont voter car ils n’ont pas réellement le choix. On assiste à un scénario dans lequel on ne sait ni où on va, ni comment on y va. »

Pour l'instant, en tout cas, il y a beaucoup de signes de nervosité, la bourse d'Athènes par exemple a perdu 20% sur l'ensemble de la semaine dernière. La Commission européenne s'inquiète aussi mais elle travaille pour anticiper l'évolution des choses. On note aussi que du côté du parti Syriza d'Alexis Tsipras, apparaissent des positions que les analystes financiers considèrent comme « plus pragmatiques et plus réalistes. »

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