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Turquie

Turquie: un mineur poursuivi pour avoir «insulté» Erdogan sur Twitter

Le régime d'Erdogan a arrêté un jeune «twittos», l'accusant d'avoir «insulté» le président.
Le régime d'Erdogan a arrêté un jeune «twittos», l'accusant d'avoir «insulté» le président.

Un lycéen mineur a été arrêté mardi et écroué pour avoir « insulté » le président Erdogan, qu’il a accusé de « corruption ». Le jeune homme de 16 ans, dont l’arrestation a soulevé de vives critiques de l’opposition, risque jusqu’à quatre ans de prison. En cas de procès, il comparaitra libre, ses avocats ayant réussi à la faire sortir de prison, ce vendredi 26 décembre, en déposant une requête. Son arrestation avait soulevé de vives critiques.

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Article mis à jour après la libération du lycéen vendredi 26 décembre

Comme le rappelle notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion, c’est la première fois qu’un mineur était ainsi placé en détention pour le motif d’« insulte au président de la République », même s'il y a une quinzaine de jours déjà, un ancien député de l’AKP, le parti au pouvoir, avait été lui aussi été arrêté pour avoir proféré les mêmes accusations de corruption sur son compte Twitter.

Mardi, c’est dans son lycée que la police était venue chercher le jeune Mehmet Emin Altunses, qui avait accusé publiquement le président Erdogan d’être « le chef du vol, des pots-de-vin et de la corruption ». Cette méthode expéditive, vivement dénoncée par l’opposition, qui souligne la dérive fascisante d’un régime pratiquant « l’intimidation, la menace, la répression et l’incarcération », a de quoi surprendre.

Scandales de corruption

Mais elle s’explique par le fait que cette semaine marque le premier anniversaire d’une série de scandales de corruption visant le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan (alors Premier ministre), mais n’ayant débouché sur aucune inculpation, même si quatre ministres avaient alors dû démissionner. Une affaire qui avait été assortie par la justice d’une interdiction de diffuser et publier toute information relative à ces scandales.

Immédiatement présenté à la justice, le lycéen a plaidé non coupable, et son avocat a rappelé que ces accusations circulaient librement sur les réseaux sociaux. Mais cela n’a pas empêché son incarcération. Il a fallu attendre vendredi pour que l'adolescent soit libéré, ses avocats ayant déposé une requête devant le tribunal pour qu'il puisse comparaitre libre.

Mehmet Emin Altunses a ainsi pu retrouver ses parents et de nombreux journalistes qui l'attendaient devant la prison de Konya (centre de la Turquie). « Pas question de faire arrière, nous allons continuer sur cette voie », a-t-il lancé à sa sortie. La veille, trois lycéens qui manifestaient leur soutien au jeune incarcéré ont été interpellés en fin d'après-midi et quatre autres étudiants (non mineurs) font également l'objet de poursuites pour le même motif. Ils n’ont toutefois pas été jusque-là interpellés.

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