Accéder au contenu principal
Russie

La Russie raffermit sa nouvelle doctrine militaire

Vladimir Poutine au centre de commande principal des forces armées russes, près du ministère de la Défense à Moscou, le 6 juin 2013.
Vladimir Poutine au centre de commande principal des forces armées russes, près du ministère de la Défense à Moscou, le 6 juin 2013. REUTERS/Michael Klimentyev/RIA Novosti/Kremlin

Le Kremlin a publié, le vendredi 26 décembre, la nouvelle version de la doctrine militaire de la Russie, approuvée par Vladimir Poutine. Ce nouveau texte reprend presque intégralement le précédent, approuvé en 2010, en apportant cependant quelques précisions et en intensifiant quelques formules.

Publicité

Avec notre correspondante à Moscou,  Veronika Dorman

Sans surprise, l’Otan reste le principal ennemi. Le renforcement des capacités offensives de l’Alliance atlantique aux frontières de la Russie est plus que jamais perçu comme une menace fondamentale à sa sécurité.

La liste des autres dangers extérieurs n’a pas vraiment changé : revendications territoriales, ingérence dans les affaires internes des États, envoi d'armes stratégiques dans l'espace. Il faut noter cependant un ajout dans l’article sur la présence des contingents militaires étrangers dans les États limitrophes de la Russie. Ils sont désormais décrits comme un moyen de pression politique et militaire sur Moscou.

Un caractère défensif

La doctrine a conservé son caractère défensif. La Russie n’aura recours à la force militaire qu’après avoir épuisé toutes les solutions non-violentes. Les règles de l’usage de l’arme atomique restent les mêmes, c’est-à-dire en riposte. Un nouveau concept de « dissuasion non-nucléaire » a toutefois été introduit.

Et une nouveauté aussi dans la série des menaces intérieures : toute activité visant à saper, parmi les jeunes notamment, les valeurs spirituelles et patriotiques dans le domaine de la défense de la patrie.


Pierre Lorrain : dans la doctrine précédente, « l'expansion de l'Otan était déjà considérée comme une menace »

La dernière doctrine militaire russe remontait à 2010. Pour Pierre Lorrain, historien de la Russie, celle nouvelle version s'inscrit dans un cadre général de crispation internationale, mais n'aura guère d'impact pratique.

« Je crois que cela va dans la logique de l'année qui vient de s'écouler, explique Pierre Lorrain. À partir du moment où, pour le président des Etats-Unis, il y a dans le monde trois menaces fondamentales, qui sont Ebola, la Russie, et l'organisation Etat islamique, je crois qu'il est légitime de la part de la Russie, de pointer à son tour l'Otan comme une menace fondamentale. »

Mais Pierre Lorrain doute que cette nouvelle doctrine implique grand-chose de nouveau. « Les fondamentaux restent les mêmes, assure-t-il, il n'y a pas eu de changement de la doctrine d'emploi de l'arme nucléaire. La seule chose étant que l'Otan est désignée comme la menace principale - avec d'autres, comme l'islamisme - mais comme dans la doctrine précédente, l'expansion de l'Otan était déjà considérée comme une menace techniquement, militairement, cela ne va pas changer grand-chose.»

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.