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Histoire / Allemagne

Il y a 70 ans, le camp d'Auschwitz libéré des nazis

Une vue du camp d'extermination nazi d'Auschwitz (sud de la Pologne).
Une vue du camp d'extermination nazi d'Auschwitz (sud de la Pologne). REUTERS/Laszlo Balogh

Le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, dans le sud de la Pologne, incarne la mémoire de ce que fut la barbarie nazie. Le 27 janvier 1945, l'armée soviétique arrive aux portes du camp mais les nazis sont déjà en fuite, emportant avec eux des dizaines de milliers de prisonniers dans une marche mortelle. En cinq ans, plus d'un million de personnes, la plupart juives, sont mortes dans ce camp. Ce mardi 27 janvier, 70 ans plus tard, 300 survivants seront présents aux cérémonies de commémoration.

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Avec notre envoyé spécial à Auschwitz-Birkenau,  Damien Simonart

Programme des commémorations d'Auschwitz

Tout d’abord, quelques dizaines de prisonniers, accompagnés par le président polonais Bronisław Komorowski, vont déposer des fleurs ce matin, à 9h30, au pied du mur de la mort dans le camp d’Auschwitz. Il est situé dans une petite cour, à côté du bloc numéro 11. C’est là que la majorité des détenus était fusillée par les SS.

Ensuite, à 11 heures, les anciens prisonniers vont participer à une messe dans le centre-ville d’Auschwitz. La cérémonie officielle aura lieu cet après-midi à 15h30, dans une tente installée à l’entrée du camp de Birkenau. Plusieurs chefs d’Etat y sont attendus. Parmi eux, les présidents français, allemand, polonais et ukrainien.

A la fin de la cérémonie, toutes les délégations se rendront au monument aux morts, au fond du camp de Birkenau pour rendre hommage à toutes les victimes du nazisme.

Le survivant Kazimierz Albin, porte-parole de tous les prisonniers

Trois cents survivants vont participer à ces cérémonies. Parmi eux, trois rescapés du camp vont prendre la parole. L'un d'eux s'appelle Kazimierz Albin.

Enfermé dans un wagon avec 727 autres prisonniers politiques à Tarnow, dans le sud de la Pologne, Kazimierz Albin pense qu'il va être envoyé aux travaux forcés en Allemagne. En arrivant à Auschwitz, près de Cracovie, le 14 juin 1940, il n'oubliera jamais les premiers mots du commandant SS : « En tant qu'ennemis du IIIe Reich, les Juifs n'ont pas le droit de vivre ici plus de deux semaines, les prêtres un mois et les jeunes en bonne santé trois mois. »

Agé de 17 ans, Albin est tatoué du n°118. Les premières semaines à Auschwitz, les prisonniers sont forcés à agrandir le camp en construisant un étage supplémentaire aux baraques existantes. Dès cet instant, les premiers prisonniers sont assassinés : « Si quelqu'un trébuchait avec une brouette remplie de terre qu'il fallait faire rouler sur des petites planches étroites ou bien qu'il n'avait pas la force de travailler en courant, il était tué. »

Cuisinier pour les brigades SS pendant trois ans, Kazimierz Albin entreprend néanmoins de s'évader en février 1943, en plein hiver, avec un groupe de six personnes. Après avoir franchi discrètement les barbelés, il lui reste à traverser en sous-vêtements la rivière Sola. « Au milieu de la Sola, j'ai entendu la sirène d'alarme et à cet instant-là je me suis rendu compte de tout ce que j'avais vécu. C'est comme si c'était un autre monde, comme si je venais de me réveiller d'un rêve. »

Kazimierz Albin fait partie des 144 prisonniers ayant réussi à s'évader d'Auschwitz sur les 802 tentatives. De retour sur les lieux, 70 ans après la libération du camp, c'est lui qui fera le discours au nom de tous les prisonniers.

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