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Ukraine

Ukraine: les troupes de Kiev ont abandonné le front de Debaltseve

Soldats ukrainiens photographiés à Artemivsk, à environ 30 ou 35 kilomètres de Debaltseve, mercredi 18 février après leur départ de la ville.
Soldats ukrainiens photographiés à Artemivsk, à environ 30 ou 35 kilomètres de Debaltseve, mercredi 18 février après leur départ de la ville. REUTERS/Gleb Garanich

A Debaltseve, dans l'est de l'Ukraine, la bataille a pris une nouvelle tournure pendant la journée du 17 février malgré le couvre-feu décrété dimanche. Les séparatistes pro-russes ont lancé une puissante offensive victorieuse sur cette ville stratégique du Donbass, qu'ils ciblaient depuis des semaines. Ce mercredi 18 février, le président ukrainien a confirmé l'évacuation de ses soldats encerclés dans la localité. Angela Merkel, François Hollande, Petro Porochenko et Vladimir Poutine devraient s'entretenir dans la soirée.

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A la mi-journée ce mercredi, après une journée d’intense offensive rebelle la veille (batailles de rues, tirs d’artillerie nourris), le président ukrainien Petro Porochenko a déclaré que l'armée ukrainienne se retirait de Debaltseve, localité du Donbass hautement stratégique, nœud ferroviaire et routier entre les bastions séparatistes de Donetsk et Lougansk, mais aussi entre la Russie et l'Ukraine. Les rebelles pro-russes avaient annoncé au préalable qu'ils contrôlaient 80% de la ville, dont la gare ferroviaire.

Il semble que Kiev n'a pas voulu reproduire le scénario de Illovaisk, où un millier de soldats ukrainiens avaient péri cet été. Dans une adresse à la nation ukrainienne, prononcée depuis depuis l'aéroport de la capitale avant de s'envoler pour l'est du pays, le chef de l'Etat a déclaré : « Ce matin, les forces armées ukrainiennes avec la Garde nationale ont achevé l'opération d'évacuation planifiée et organisée de nos unités militaires de Debaltseve. » Et d'ajouter : « J'ai convoqué une réunion du Conseil de sécurité nationale et de défense. Maintenant, je pars au front à la rencontre des hommes qui se sont retirés ». 

Plus tôt dans la journée, des dizaines de chars et véhicules militaires de l'armée ukrainienne étaient aperçus sur les routes, tandis qu'à Artemivsk, à environ 30 ou 35 kilomètres de la ville, de petits groupes de soldats ukrainiens étaient en train d'arriver. « Ils avaient l'air très fatigué et leurs visages étaient salis par les combats », expliquait le photojournaliste Gleb Garanich, travaillant pour l'agence de presse Reuters. Selon le président Porochenko, il n'y a « que 30 blessés sur 2 000 soldats malgré les tirs d'artillerie intense ». Parmi les troupes, beaucoup d'hommes se sont précipités vers les magasins d'alimentation en arrivant à Artemivsk.

L'armée régulière ukrainienne évacue la ville de Debaltseve ce mercredi matin 18 février. De violents combats, y compris de rue, y opposaient séparatistes pro-russes et armée ukrainienne, en dépit du cessez-le-feu de Minsk 2.
L'armée régulière ukrainienne évacue la ville de Debaltseve ce mercredi matin 18 février. De violents combats, y compris de rue, y opposaient séparatistes pro-russes et armée ukrainienne, en dépit du cessez-le-feu de Minsk 2. REUTERS/Gleb Garanich

Méfiance à son comble envers le voisin russe

A l'aune de l'offensive rebelle à Debaltseve, pour le directeur adjoint de l’administration présidentielle ukrainienne Valeriy Chaliy, l’accord de Minsk 2, qui a conduit à l'instauration d'un cessez-le-feu dimanche à minuit, semble « mort-né ». Mardi, les Etats-Unis ont « fermement » condamné une violation de la trêve, par des « séparatistes agissant de concert avec les forces russes ». La chef de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini a fait une déclaration similaire ce mercredi. Vue de Berlin, la prise de Debaltseve - une « violation massive du cessez-le-feu » selon le porte-parole du gouvernement - est jugée « néfaste pour les espoirs de paix ».

« L'accord de Minsk n'est pas mort et on fera tout pour faire vivre cet accord », assure néanmoins le porte-parole du gouvernement français, Stéphane le Foll, qui annonce un rendez-vous téléphonique au sommet ce mercredi. Il a également déclaré que la prise de Debaltseve ne constituait qu'une « difficulté d'application » de l'accord de Minsk, qui a permis malgré tout des progrès. La discussion entre les présidents russe, ukrainien, français et la chancelière allemande s'annonce délicate. L'attaque de Debaltseve a montré au monde, selon M. Porochenko, « le véritable visage des bandits et séparatistes qui sont soutenus par la Russie ». « Ces actions confondent la Russie, qui a demandé hier aux soldats ukrainiens de déposer les armes et se rendre », argumente-t-il.

La thèse selon laquelle les séparatistes souhaitaient prendre Debaltseve avant d'observer une trêve n'en est plus vraiment une. En dehors de cette localité, les rebelles disent avoir commencé à retirer leur artillerie des zones qu'ils tiennent et où les combats ont cessé, comme initialement prévu mardi 17 février. Et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov de déclarer ce mercredi dans la matinée : « Le cessez-le-feu est observé le long de pratiquement toute la ligne de front et, dans quelques secteurs, on est prêt - c'est au moins ce que les milices ont annoncé publiquement - à retirer les armes lourdes. L'exception est le " chaudron " de Debaltseve. »

→ À relire : Le Conseil de sécurité de l'ONU adopte une résolution sur l’Ukraine

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