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Ukraine

Massacre de Maïdan: triste anniversaire à Kiev

L’effervescence sur la place Maïdan. C’était le 20 février 2014, deux jours avant la fuite de Viktor Ianoukovitch.
L’effervescence sur la place Maïdan. C’était le 20 février 2014, deux jours avant la fuite de Viktor Ianoukovitch. Sébastien Gobert

Il y a un an jour pour jour, la capitale ukrainienne se réveillait dans une horreur jusque-là inégalée dans le pays. Une centaine de personnes avaient trouvé la mort  lors de ce qu’on a appelé « la révolution de la dignité ». Après des mois de blocage à Maïdan, les événements du 20 février 2014 avaient finalement précipité la démission du président de l'époque, Viktor Ianoukovitch. Ce vendredi, des commémorations se tiennent dans le centre de Kiev, alors que la guerre fait désormais rage dans l'est du pays.

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Avec notre correspondant à KievSébastien Gobert 

Sur la place de l’Indépendance, Maïdan Nezalejnosti, on ne trouve plus de barricades, plus de pneus enflammés ou de tas de pavés calcinés. Il y a tout juste un an, quelques minutes après le massacre de la rue Institutskaya, une atmosphère de mort y régnait pourtant. Les lignes des corps de révolutionnaires s’entassaient ici et là. La foule était disparate, plongée dans un état de choc extrême. 

Elle est aujourd’hui encombrée d’une scène, d’un écran géant et d’affiches. Mais c’est aussi l’émotion qui domine ce vendredi pour les commémorations officielles. Ces dernière devraient commencer vers 18h, heure locale. Rien de festif mais plutôt des discours et des chants à la mémoire des morts de la « Centurie Céleste », telle qu’on l’appelle ici.

Un pays en guerre, une économie en berne

Les commémorations vont se prolonger jusqu’à dimanche, avec une pièce de théâtre du Français Bernard-Henri Lévy samedi et une réunion de personnalités étrangères dimanche, marquant ainsi l’anniversaire de la destitution de l’autoritaire Viktor Ianoukovitch.

Un an après, l’Ukraine est dans un état bien plus instable qu’auparavant, avec la guerre à l’est, une crise économique, sociale, financière et énergétique aux conséquences dramatiques. Mais les Ukrainiens attendent toujours les réformes pour lesquelles ils se sont battus, ne serait-ce que la justice pour les victimes du massacre du 20 février dans le centre de Kiev.

L’attente de réels changements est palpable. Constantin se tient sur la place. Il s'efforce de faire le bilan de la révolution. « J'y étais, dit-il, parce que ce qui s'est alors passé sur Maïdan, ce n'était pas la réalisation de l'idée d'une seule personne, mais un objectif que nous voulions atteindre ensemble. Malheureusement, des gens ont dû donner leur vie pour cela. »

A Maïdan, c'est désormais l'incertitude qui domine

Il y a un an, personne ici ne pouvait imaginer qu'une lutte contre le régime autoritaire de Viktor Ianoukovitch pouvait déboucher sur l'annexion de la Crimée et la sanglante guerre du Donbass. Il n'empêche, Ruslana, ancienne volontaire de l'EuroMaïdan, ne regrette rien. « Je suis sûre que je recommencerais, car l'ancien régime, c'était une mafia. Ils ne pouvaient pas rester en place. Il fallait le faire. »

Ce qui domine sur Maïdan Nezalejnosti un an après, c'est l'incertitude. Maria est une jeune étudiante. « Je me rappelle d’une forte envie de changement et d’un choc. Maintenant tout paraît lointain à cause de cette guerre horrible. C’est pour ça qu'on se rassemble, tout le monde a peur de l’avenir. On espère que tout ira bien. » 

Alors que les nouvelles du Donbass sont toujours plus alarmantes, beaucoup d'Ukrainiens devraient participer aux commémorations à Kiev. Et tenter de renouer avec l'espoir de changement qui les avait porté pendant l'hiver dernier.

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