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Turquie / Vatican

Génocide arménien: la Turquie rappelle son ambassadeur au Vatican

Le pape François, entouré du catholicos Karekin II (d), du patriarche Nersès Bédros XIX Tarmouni (g) et du catholicos Aram I, le 12 avril au Vatican.
Le pape François, entouré du catholicos Karekin II (d), du patriarche Nersès Bédros XIX Tarmouni (g) et du catholicos Aram I, le 12 avril au Vatican. REUTERS/Tony Gentile

La réponse d’Ankara ne s’est pas fait attendre. Après que le pape François a évoqué ce dimanche 12 avril le « génocide » arménien, la Turquie a rappelé son ambassadeur au Vatican pour consultations.

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Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Comme il fallait s'y attendre, Ankara n'a guère apprécié la sortie, pourtant prévisible, du pape François en compagnie du patriarche arménien Karénine II. « Les propos du pape sont inacceptables, a commenté le chef de la diplomatie turque Mevlüt Çavusoglu, parce que relevant d'une interprétation biaisée, éloignée de toute réalité historique et sans aucune base juridique ou légale ». Le ministre des Affaires étrangères a également exprimé, dans ce tweet posté depuis la Mongolie où il se trouve en visite, sa perplexité et sa déception, alors que le pape François avait été reçu en grande pompe à l'automne dernier, comme si cet accueil devait exonérer la Turquie de critiques ultérieures.

En tout cas, pour le ministre, la confiance est rompue avec le Vatican, et les déclarations de ce dimanche appelleront une « réponse adéquate » qui n'a pas été précisée. Dans un premier temps, le nonce apostolique, autrement dit l'ambassadeur du Vatican en Turquie, a été convoqué au ministère pour une demande d'explications. Elle devrait donner lieu à la remise d'une note de protestation diplomatique. Puis, en fin d’après-midi, la Turquie a annoncé dans un communiqué qu’elle rappelait son ambassadeur au Vatican pour consultations.

Le pape récidive

Le pape François avait déjà, à peine élu il y a moins de deux ans, mentionné le génocide lors d'une rencontre certes moins médiatique avec des dignitaires arméniens. A l'époque déjà, le nonce apostolique avait aussi été convoqué pour des explications et une note de protestation diplomatique lui avait été remise. Mais cette fois Ankara a en plus décidé de rappeler son ambassadeur au Vatican, signe que les choses sont plus graves.

Le chef du gouvernement Ahmet Davutoglu a lui aussi joint ses critiques à l'indignation de la diplomatie turque. Pour le Premier ministre, le Vatican n'a de leçons à donner à personne, alors que l'Occident devrait avoir honte de l'Inquisition. Et de rappeler, en escamotant la problématique des massacres de 1915 et les excuses attendues par le peuple arménien, que le rôle des leaders religieux comme le pape est de lutter contre l'islamophobie dans le monde.

Certes, l'an dernier, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait adressé ses condoléances au peuple arménien pour les pertes subies durant la Première Guerre mondiale, mais il parlait d'une douleur commune à celle du peuple turc. La Turquie n'a jamais reconnu sa responsabilité dans les massacres systématiques de cette minorité, ni même le nombre des victimes, qu'Ankara estime à moins de 500 000.

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