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Russie

Vol MH17: Poutine ne veut pas d'un procès devant un tribunal spécial

Vladimir Poutine s'oppose à la création d'un tribunal spécial de l'ONU pour juger les responsables de l'accident du vol MH 17.
Vladimir Poutine s'oppose à la création d'un tribunal spécial de l'ONU pour juger les responsables de l'accident du vol MH 17. Reuters

Vladimir Poutine s'est entretenu au téléphone avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, à propos du crash du Boeing malaisien abattu il y a un an dans l'est de l'Ukraine. Les deux hommes ont évoqué la possible création d'un tribunal spécial mandaté par l'ONU pour juger les responsables mais le président russe s’y oppose.

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Avec notre correspondante à MoscouMuriel Pomponne

Moscou est totalement opposé à l'idée de créer un tribunal international, sur le modèle de ce qui avait été fait pour juger l'attentat contre le Premier ministre libanais Rafik Hariri. Le Kremlin se retranche derrière des arguments techniques et financiers. Un tribunal international risque d'être partial. Et puis cela ne s'est jamais fait encore pour un crash aérien, même quand les Etats Unis ont abattu par erreur un avion civil iranien en 1988. Les tribunaux internationaux coûtent très chers. Enfin l'enquête n'est pas encore terminée.

« La création d'un tribunal spécial est prématurée dans l’état actuel de l’enquête », a déclaré le président russe. Ce dernier estime qu’une telle initiative serait contre-productive. Un point de vue qu'ont déjà exprimé certains autres responsables russes, parlant de spectacle politique, destiné à désigner des coupables. « Pour prendre une décision sur un mécanisme de justice, il faut d’abord qu’une enquête objective, minutieuse, détaillée et indépendante ait abouti », dit-on à Moscou.

A ce sujet, Vladimir Poutine juge inacceptable qu’une partie du rapport d’enquête mené par les Pays-Bas ait été publié dans la presse. Ce rapport met en effet en cause les séparatistes russes.

Les autorités russes prennent leurs précautions

A Moscou, le chef adjoint de l’aviation civile s’est plaint devant les médias, que les experts russes n’aient pas été plus sollicités par les enquêteurs. Il a exposé les résultats des expertises russes, qui, sans désigner les coupables, exonèrent la Russie. Ces conclusions ont été transmises à la commission d’enquête néerlandaise. Mais ce responsable de l’aviation civile s’est refusé à tout commentaire, expliquant qu’il n’en avait pas le droit tant que le rapport d’enquête des Pays-Bas n’avait pas été officiellement publié.

Il se contente de citer le rapport établi après l’étude balistique de la société Amaz Antey, fabricant du missile sol air Buk : « Le lancement n’a pu se faire que du village de Zarochenskiye. S’il avait été lancé de n’importe quelle autre endroit, l’avion aurait été touché sous un autre angle. »

« La Russie n'a rien à cacher »

Or le village en question était alors en zone contrôlée par les forces ukrainiennes. Mais le responsable russe affirme que toutes les hypothèses restent ouvertes. Ainsi le MH17 aurait pu etre abattu par un missile air air. D’ailleurs la justice russe a des témoignages sur la présence de chasseurs ukrainiens dans les cieux ce jour-là.

Toujours selon le responsable russe de l'aviation civile, les Ukrainiens auraient dû fermer leur espace aérien : « Il est évident que la partie ukrainienne ne voulait pas perdre d’argent en fermant son espace aérien. » déclare-t-il. « Cette avidité, et cette négligence pour les normes de sécurité, ont couté la vie à 298 personnes. »

Oleg Stortchevoï note encore que la Russie est le seul pays concerné par le crash, à avoir publié toutes ses données. « La Russie n’a rien à cacher. » conclut-il.

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