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Turquie

La Turquie tente d’expliquer sa «guerre contre le terrorisme»

Des soldats turcs positionnent un système de défense antimissile, le 27 juillet 2015, à la base militaire de Incirlik, à une centaine de kilomètres de la frontière syrienne.
Des soldats turcs positionnent un système de défense antimissile, le 27 juillet 2015, à la base militaire de Incirlik, à une centaine de kilomètres de la frontière syrienne. REUTERS/Murad Sezer

Le président turc promet de poursuivre « avec détermination » les opérations lancées contre les rebelles kurdes fin-juillet. La Turquie assure qu’elle mène une guerre contre toutes les formes de terrorisme, ce qui inclut le groupe Etat islamique (EI). Selon des témoignages recueillis par RFI, des militaires turcs auraient pénétré secrètement en territoire syrien ces derniers jours.

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Qui est l’ennemi numéro un de la Turquie : la rébellion kurde du PKK ou les jihadistes du groupe Etat islamique ? La question se pose depuis qu’Ankara a lancé le 24 juillet dernier des opérations visant les bases du PKK (notamment en Irak) d’une part, et contre le groupe Etat Islamique d’autre part. Il est avéré que les raids aériens frappent davantage la rébellion kurde, ce qui relance les interrogations sur les intentions réelles de la Turquie.

« C’est injuste, c’est faux et c’est sans fondement », lance Cemaltettin Hasimi, porte-parole du gouvernement turc, lorsqu’on lui demande si son pays mène d’abord une guerre contre le PKK sous couvert de la lutte anti-EI. « Daech et le PKK sont deux menaces pour la sécurité nationale de la Turquie, poursuit Cemalettin Hasimi, de passage à Paris ce mercredi 12 août. Nous ne faisons aucune distinction entre les organisations terroristes  ». Le porte-parole ajoute toutefois que « le PKK attaque des civils et des soldats turcs tous les jours… Donc il n’est normal que notre réponse soit différente ».

Zone sécurisée

La Turquie demande toujours l’établissement d’une « zone sécurisée » en territoire syrien, le long de la frontière turque. Ankara dit vouloir empêcher que les jihadistes du groupe Etat islamique et les combattants kurdes ne s’y installent. Cette zone de sécurité serait défendue par des rebelles syriens soutenus par la Turquie et Ankara envisage aussi d’y installer une partie des 2 millions de réfugiés syriens qui se sont installés sur son territoire depuis le début de la guerre en Syrie.

Mais lorsqu’on regarde la carte de la région, on constate aussi que cette « zone sécurisée » empêcherait les Kurdes syriens du Parti de l'union démocratique (PYD) de faire la jonction entre plusieurs régions qu’ils contrôlent à la frontière turque. La Turquie a annoncé cette semaine être parvenue à un accord avec les Etats-Unis pour la création de cette « zone sécurisée », mais Washington a démenti.

Des soldats turcs en territoire syrien

C’est dans ce contexte que RFI a révélé que des soldats turcs avaient déjà pénétré en territoire syrien, justement dans cette zone du nord de la Syrie que la Turquie veut « sécuriser ». Selon des témoignages recueillis par notre correspondant à Istanbul Jérôme Bastion, c'est une brigade syrienne issue de l'ethnie turkmène qui est entrée en début de semaine en territoire syrien. Un groupe soutenu et armé par la Turquie, à tel point que des militaires ou des membres des services de renseignements turcs ont également passé la frontière, toujours selon ces témoignages.

Une information que dément Cemalettin Hasimi, porte-parole du gouvernement turc : « Je peux vous assurer qu'il n'y pas un seul soldat turc du côté syrien... Ce sont des spéculations, il n'y en a pas un seul ».

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