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Kosovo / Allemagne

La désillusion des Kosovars face au mirage allemand

Une famille venant du Kosovo à la frontière serbo-hongroise.
Une famille venant du Kosovo à la frontière serbo-hongroise. REUTERS/Laszlo Balogh/Files

Il y a un peu moins d’un an, à l’automne 2014 et au début de l’année 2015, 100 000 à 150 000 Kosovars ont quitté leur pays, prenant massivement la route de l’Allemagne, où aucun n’a obtenu l’asile tant désiré. Depuis quelques semaines, les rapatriements ont commencé.

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De notre correspondant dans la région,

En quelques mois, 5 à 10% de la population du Kosovo a pris la route de l’exil. La rumeur prétendait que l’Allemagne aurait été prête à octroyer l’asile, une rumeur qui s’est répandue en quelques semaines. Les migrants ont également profité d’une « aubaine », l’ouverture des frontières de la Serbie pour les ressortissants du Kosovo. Ils ont donc traversé ce pays en autocar, avant de franchir clandestinement la frontière hongroise - qui est restée peu surveillée jusqu’au 13 février.

L’arrivée, à cette date, de policiers allemands sur cette frontière, a rapidement tari cet exode. La plupart des migrants se sont dirigés vers l’Allemagne, d’autres vers la France, la Belgique ou la Suède. Les rapatriements ont commencé à la fin de l’été, quand l’Allemagne a commencé à accueillir massivement des réfugiés syriens. Pour Berlin, les ressortissants des Balkans n’ont aucun titre à faire valoir pour demander l’asile.

Les pauvres s'exilent

Ce sont souvent les plus pauvres qui sont partis, en vendant leurs derniers biens, ou bien en empruntant de quoi payer les frais de route. RFI a rencontré une famille de quatre personnes, le père, la mère et deux enfants en bas âge, originaire de Vushtrri, une commune située entre Pristina et Mitrovica, qui a dû emprunter 2 000 euros - la moitié de cette somme étant destinée aux passeurs faisant franchir la frontière hongroise.

Cette famille est partie le 20 janvier du Kosovo et a été rapatriée le 15 septembre. Durant six mois, elle a été logée dans un foyer pour demandeurs d’asile de Munich, touchant un petit pécule destiné à couvrir les dépenses quotidiennes. A son retour au Kosovo, la famille n’avait plus que 100 euros en poche, et une dette qui semble désormais impossible à rembourser.

Le père travaillait autrefois dans un supermarché de Pristina, pour un salaire mensuel de 200 euros mais il a perdu son travail il y a quelques années, à la suite de problème de santé. Durant le séjour en Allemagne, la vieille maison où logeait la famille s’est effondrée, et les déboutés du droit d’asile logent désormais chez un frère du mari. Ils ont perdu leurs papiers d’identité durant le voyage, et ne touchent aucune aide sociale. Pour eux, le défi est désormais celui de la survie quotidienne.

Budget dérisoire

Or, le gouvernement du Kosovo n’apporte quasiment pas d’aide à ces rapatriés. En théorie, il existe un programme de réinsertion des ressortissants du Kosovo déboutés du droit d’asile et rapatriés dans leur pays. Ce programme, géré par le ministère de l’Intérieur et financé par l’Union européenne, dispose d’un budget annuel de 3,2 millions d’euros, une somme dérisoire, quand l’Allemagne envisage, à elle seule, de rapatrier 75 000 Kosovars dans les prochaines semaines.

A leur arrivée à l’aéroport de Pristina, les rapatriés sont accueillis par une cellule spéciale, qui se contente de vérifier leur identité et leur casier judiciaire. Un taxi leur est également payé pour revenir chez eux. S’ils n’ont pas de maison, ils peuvent, au maximum, résider sept jours dans un Centre d’accueil de Pristina, mais celui-ci ne dispose que de 25 places. Les autorités du Kosovo expliquent que c’est aux communes d’origine des demandeurs d’asile de leur apporter une éventuelle aide sociale, mais ces dernières ne disposent d’aucun budget particulier pour cette mission.

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