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Belgique

Belgique: Molenbeek part en guerre contre la radicalisation

La municipalité de Molenbeek annonce un plan d'action contre le terrorisme.
La municipalité de Molenbeek annonce un plan d'action contre le terrorisme. AFP/AFP

Alors que les perquisitions en lien avec les attentats de Paris se sont poursuivies lundi à Bruxelles, les autorités s’organisent pour lutter contre la radicalisation. La commune de Molenbeek-Saint-Jean, sous le feu des critiques depuis le 13 novembre, accusée d’être le « terreau du terrorisme », prend les devants et propose un plan d’action. Le gouvernement doit quant à lui annoncer courant janvier un arsenal de mesures pour différents quartiers bruxellois. Objectif : réduire drastiquement les départs de jeunes Belges vers la Syrie.

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De notre correspondante à Bruxelles

Ce plan d'action comporte d'abord un volet préventif. Les fonctionnaires spécialisés veulent proposer un accompagnement psycho-social pour « déradicaliser » les jeunes de retour de Syrie et leur offrir un travail - alors que 40% des 18 à 25 ans qui vivent à Molenbeek sont au chômage.

Attentats à Paris: Molenbeek, foyer de jihadistes malgré lui

L’autre volet est répressif. Les autorités veulent passer au crible l’ensemble des espaces où l’on fait l’apologie du terrorisme. Première cible : les lieux de prière, et pour cause : sur les 24 mosquées présentes dans la commune, 16 fonctionnent en dehors de tout cadre officiel, selon la cartographie qui vient d’être établie. Ceci signifie que l’identité des imams, leurs prêches, et le financement venant de l’étranger sont bien plus difficiles à contrôler. Coût de ce plan d’action : un million d’euros, selon la municipalité.

Le gouvernement affiche une volonté forte

Le gouvernement belge dévoilera, en janvier, les nouveaux moyens qu’il compte allouer aux autorités municipales. Mais l’on connaît déjà la volonté du ministre de l’Intérieur d’agir avec vigueur, tout particulièrement à Molenbeek. Il l’avait dit, quelques jours après les attentats de Paris : il s’occupera personnellement de « nettoyer maison par maison » la cité paupérisée.

Molenbeek, la commune devenue symbole de la radicalisation en Belgique

S’agissant des lieux de culte musulman, le gouvernement veut lui aussi avoir une vision plus claire de ce qui se passe sur son territoire. Il évoque notamment la possibilité d’imposer une formation aux imams dans l’enseignement supérieur. Mais la position de la Belgique est délicate. La Grande Mosquée, située à quelques dizaines de mètres des institutions européennes est, par exemple, gérée par l’Arabie saoudite. Plusieurs parlementaires appellent à mettre fin à ce contrôle saoudien, car il représenterait, selon eux, « un terreau fertile pour l’islam extrémiste à Bruxelles ». Le hic, c’est que Riyad vient de signer un chèque pour le port d’Anvers et d’acheter des armes à la Wallonie - bref, un client précieux pour l'économie belge.

La Sûreté de l'Etat devrait se réformer

En outre, les vives critiques à l'endroit des services de renseignement belges sont balayées du revers de la main. Selon certains chiffres, la Sûreté de l’État (le service de renseignement civil belge) entretient des relations avec 93 services dans 69 pays. Mais il y a comme un malaise : budgets en baisse, manque de personnel (surtout arabophone), parc informatique inadapté.

Cependant, la Sûreté de l’État promet une véritable révolution, avec des priorités opérationnelles réduites, une superstructure informatique opérationnelle dans quatre ans maximum et le recrutement de quelques 120 nouveaux inspecteurs d’ici 2017.

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