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Royaume-Uni / Russie

Qui a tué Litvinenko? L’enquête britannique rend ses conclusions

Alexandre Litvinenko sur son lit d'hôpital en novembre 2006. L'ancien espion russe était mort trois semaines après son empoisonnement à Londres.
Alexandre Litvinenko sur son lit d'hôpital en novembre 2006. L'ancien espion russe était mort trois semaines après son empoisonnement à Londres. AFP

La commission dirigée par le juge Owen doit rendre publiques ce jeudi 21 janvier devant le Parlement britannique les conclusions des travaux qu'elle mène depuis un an sur les circonstances de la mort de l’ancien espion russe Alexandre Litvinenko, empoisonné au polonium en 2006, à Londres.

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« La piste du polonium ne mène pas juste de Londres à Moscou, mais directement à la porte du bureau de Vladimir Poutine ». La phrase est de l’avocat de la veuve d’Alexandre Litvinenko, prononcée à l’ouverture de l’enquête publique il y a un an. Le magistrat instructeur Robert Owen avait alors affirmé que l’implication de l’Etat russe serait d’une importance centrale dans son investigation.

Les deux principaux suspects de l’assassinat sont deux ex-agents russes, Andreï Lougovoï et l'homme d'affaires Dmitri Kovtoun. C’est avec eux qu’Alexandre Litvinenko a pris un thé à l’hôtel Millennium le 1er novembre 2006. Le soir même, il s’était senti mal et avait succombé trois semaines plus tard, empoisonné au polonium 210, provenant d'une installation nucléaire de Sarov dans l’Oural.

De nombreuses traces de cette substance radioactive avaient été retrouvées dans l’hôtel, de la théière aux toilettes pour hommes, en passant par la chambre occupée par Dmitri Kovtoun. Selon sa veuve, Litvinenko enquêtait sur les liens éventuels entre Vladimir Poutine et le crime organisé. Peu avant sa mort, il avait d'ailleurs été convoqué à Madrid par un procureur chargé du dossier de la mafia russe, un groupe criminel qui serait lié à d’importants hommes politiques russes.

Mépris de Moscou

« Les résultats de cette enquête publique sur la mort d'un ex-officier du FSB à Londres ne font pas partie de la sphère d'intérêt du Kremlin. » Par cette seule déclaration lapidaire du porte-parole du Kremlin, la présidence russe indique une nouvelle fois son dédain à l'égard de l'enquête menée par les Britanniques, rapporte notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne.

Moscou a toujours refusé d'extrader les deux suspects Andreï Lougovoï et Dimitri Kovtoun, soupçonnés d'avoir versé du polonium dans la tasse de thé d’Alexandre Litvinenko. En novembre 2011, le comité d'enquête russe a même ouvert une enquête pour tentative d'assassinat sur la personne de Lougovoï, au prétexte que des traces de polonium auraient été retrouvées chez sa femme et ses enfants.

Depuis, Andrei Lougovoï est devenu député d'un parti nationaliste, vice-président de la commission pour la sécurité et la lutte contre la corruption. Dimitri Kovtoun, lui, s'était dit prêt en mars dernier à témoigner par vidéo-conférence avec les enquêteurs britanniques pour prouver son innocence.

Mais la Russie s'y serait opposée. Pour les autorités russes, « la sélectivité des enquêteurs et leur refus obstiné de prendre en compte les avis des services russes compétents constituent une preuve supplémentaire que la Grande-Bretagne n'entend pas abandonner la politisation de ce processus ». Si l’enquête britannique confirme la thèse d'un assassinat commandité par le Kremlin, les relations entre Moscou et Londres pourraient sérieusement se rafraîchir.

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L’imbroglio Litvinenko
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